essicolo

Serge-Étienne Parent, ingénieur écologue | ecological engineer. @essicolo@mastodon.online - @essicolo@pixelfed.social

English version

Bien que chaque écolo a ses propres appréhensions sur les problèmes écologiques, celles-ci peuvent être agglomérées entre quelques philosophies.


Écotraditionalisme. (C) essicolo

L’écotraditionalisme. Les humains devraient revenir au mode de vie de leurs ancêtres, qui leur permettait de vivre en harmonie avec la nature. Dans cette perspective, il faut renoncer à l’industrialisation, les technologies, la société de consommation, etc. Les solutions aux problèmes écologiques se trouvent dans l’histoire. Voir Jean-Martin Fortier, Roméo Bouchard, Paul Ariès, Vandana Shiva, Piotr Kropotkine, l'Union paysanne.

Écosocialisme. (C) essicolo

L’écosocialisme. C’est un mouvement proche de l’écotraditionalisme, mais anticapitaliste. “On ne peut pas croître infiniment dans une monde aux dimensions finies”, y entend-on souvent. Ces limites à la croissance mènerait à l’effondrement de la nature, et du même coup des humains. Ce mouvement suggère de mettre fin aux stratégies de croissance économique et de se tourner vers des solutions à l’échelle humaine. Pour les populationnistes d’entre les écosocialistes, cette échelle demande également de réduire les effectifs humains. Les solutions aux problèmes écologiques sont politiques. Voir Laure Waridel, Naomi Klein, E.F. Schumacher, Thanos, Équiterre.

Écomodernisme. (C) essicolo

L’écomodernisme. Les écomodernistes croient aux bénéfices apportés par l’industrialisation et les nouvelles technologies, qui permettent de diminuer les impacts écologiques par personne. La diminution des impacts totaux sera favorisée par la stabilisation des effectifs humains, phénomène lié à la qualité de vie procurée par l’industrialisation. Les écomodernistes défendent l’énergie nucléaire et l’agriculture moderne pour intensifier les activités humaines et laisser plus d’espace à la nature. Les problèmes écologiques ont des solutions technologiques. Voir Steven Pinker, Mark Lynas, Pamela Ronald, Ironman, Breakthrough Institute.

Écocapitalisme. (C) essicolo

Le capitalisme vert. La nature est une richesse économique, et l’abîmer est une dette pour les générations futures. Le libre marché, orienté par des politiques économiques adéquates, fera en sorte que la consommation s’orientera naturellement vers des solutions durables. Les solutions écologiques passeront par des incitatifs économiques. Voir Paul Hawken, Al Gore, Bjorn Lomborg, Human Progress, PERC.

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#fr

version française

Although each ecologist approach ecological problems uniquely, most seem to cluster toward different philosophies.


Eco-traditionalism. (C) essicolo

Eco-traditionalism. Humans should return to the way of life of their ancestors, which allowed them to live in harmony with nature. In this perspective, we must renounce industrialization, technologies, the consumer society, etc. The solutions to ecological problems lie in history. See Jean-Martin Fortier, Roméo Bouchard, Paul Ariès, Vandana Shiva, Piotr Kropotkine, the Peasant union (Union paysanne).

Eco-socialism. (C) essicolo

Eco-socialism. It is a movement close to eco-traditionalism, but anti-capitalist. “We cannot grow infinitely in a world of finite dimensions”, as often heared in eco-socialist circles. These limits on growth would lead to the collapse of nature, and at the same time humans. This movement suggests putting an end to economic growth strategies and turning to human scale solutions. For populationists among eco-socialists, this human scale also requires reducing human population. The solutions to ecological problems are political. See Laure Waridel, Naomi Klein, E.F. Schumacher, Thanos, Équiterre.

Eco-modernism. (C) essicolo

Eco-modernism. Eco-modernists believe in the benefits of industrialization and new technologies, which reduce the ecological impacts per person. The reduction in total impacts will be favored by the stabilization of human population, a phenomenon linked to the improvement of life quality provided by industrialization. Eco-modernists defend nuclear energy and modern agriculture to intensify human activity and leave more space for nature. Ecological problems have technological solutions. See Steven Pinker, Mark Lynas, Pamela Ronald, Ironman, Breakthrough Institute.

Eco-capitalism. (C) essicolo

Green capitalism. Nature is an economic wealth, and to damage it is a debt for future generations. The free market, guided by adequate economic policies, will ensure that consumption will naturally orient towards sustainable solutions. Green solutions will emerge from economic incentives. See Paul Hawken, Al Gore, Bjorn Lomborg, Human Progress, PERC.

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#en

Capture d'écran de l'article L’agriculture locale et bio est-elle vraiment meilleure pour l’environnement ?

S'il y a une ligne directrice dans ma perception du monde, c'est que le progrès, technique ou social, permet de libérer le monde de contraintes malheureuses. Parmi ces contraintes, on retrouve l'oppression, la maladie et la faim. Je suis un progressiste.

À l'inverse, le conservatisme consiste à préserver l'inertie du courant, souvent pour des raisons qui ont auparavant permis de traverser l'adversité.

Lorsque l'on aborde les enjeux agroalimentaires, les courants qui pourtant défendent le progrès social adoptent trop souvent des idéologies dont le conservatisme tombe dans la démesure: agriculture paysanne, biologique, naturelle, centrée sur la communauté.

Ce retour aux sources pour cultiver “comme le faisaient nos grands-parents” rêve d'un passé qui n'a jamais vraiment existé. En d'autres mots: Make agriculture great again.

Une option progressiste consiste plutôt à supporter une agriculture industrielle, mondialisée et intensive.

Pourquoi?

Industrielle, parce que l'industrialisation permet, dans des conditions adéquates, de démocratiser les leviers économiques pour accéder aux meilleures technologies.

Mondialisée, parce qu'affecter les cultures sur les terres où elles foisonnent tout en protégeant la biodiversité et en partageant les denrées entre les peuples est préférable à l'autonomie alimentaire, qui consiste à du chacun pour soi en contraignant la production dans des environnements où elle n'est pas nécessairement adaptée.

Intensive, parce que concentrer la production d'aliments sur le plus petit territoire possible permet de libérer de l'espace pour la nature sauvage.

J'ai écrit cet article dans cette perspective. Un gros merci à l'équipe de La Conversation, qui m'a aidé à bonifier (et à raccourcir) le texte. Bonne lecture!

L’agriculture locale et bio est-elle vraiment meilleure pour l’environnement ?

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#fr #agriculture

La COVID-19 suscite bien des inquiétudes liées à l'alimentation. Plusieurs interventions dans les médias proposent, en réaction, une autonomie alimentaire accrue. Au menu, on met l'alimentation locale, le chauvinisme alimentaire et le survivalisme, et ce, sans même démontrer quel problème on entend régler.

Bien que les enjeux se trouvent hors de nos frontières, la pandémie a de quoi susciter de graves inquiétudes. Depuis qu'elles existent, les organisations internationales interpellent les gouvernements pour éliminer les famines. Les gouvernements interviennent typiquement trop peu, trop tard. En ce moment, le Programme alimentaire mondial supporte de nombreux États sous urgence alimentaire. La COVID-19 vient empirer la situation.

Avant de mettre en place de fausses solutions à de faux problèmes (e.g. cultiver chez nous pour le monde de chez nous), les gouvernements soucieux de la sécurité alimentaire doivent intervenir massivement pour, au moins, diminuer la gravité de la catastrophe humanitaire qui s'installe.

« Il est essentiel que les échanges commerciaux soient maintenus, indépendamment de tout ce qui se passe autour d’eux », avertit Arfi Husain. « Si cela s’arrête, le travail humanitaire ne pourra pas se faire. Tout simplement, la vie de millions de personnes dépend du flux des échanges commerciaux et l’impact des perturbations sur la sécurité alimentaire des populations est extrêmement préoccupant. » [...] « Affamer son voisin n’est pas une bonne politique. » – Communiqué du PAM

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#fr

🌱 Alors que des mouvements conservateurs (pourtant bien en vue chez les écologistes) nous souhaitent une agriculture paysanne et extensive, en ce jour de la Terre je nous souhaite plutôt une agriculture moderne, intensive et industrielle.

Wheat Field“Wheat Field” by Sean MacEntee is licensed under CC BY 2.0

Le projet Half-Earth propose de réserver la moitié de la surface terrestre pour la nature sauvage. L'agriculture est l'activité humaine qui occupe la plus grande part de ce territoire.

Or, l'insécurité alimentaire mène des peuples à dépendre de la nature sauvage pour leur survie. Dans plusieurs régions, les rendements sont largement en dessous de leurs potentiels. Bien que les conflits politiques ont une importance considérable, la disponibilité des intrants (fertilisants, semences et pesticides), de la machinerie et des infrastructures permettra de passer de l'agriculture de subsistance à une prometteuse industrialisation.

En effet, les technologies offertes par l'agriculture moderne permettent d'intensifier les cultures, c'est-à-dire de produire davantage sur le plus petit territoire possible. Donc, éventuellement, de réduire les surfaces cultivées. Mais les limites de la biologie font qu'on ne peut pas intensifier infiniment. Le potentiel d'intensification le plus important se trouve dans les diètes : moins nous consommerons de produits provenant des animaux, mieux nous prendrons soin de notre environnement.

Alors que des mouvements conservateurs (pourtant bien en vue chez les écologistes) nous souhaitent une agriculture paysanne et extensive, en ce jour de la Terre je nous souhaite plutôt une agriculture moderne, intensive et industrielle.

#fr #agriculture

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L'abeille à miel (ou abeille domestique) est une espèce européenne importée au Canada pour la production de miel et son talent pour la pollinisation. Elle vit parmi ~730 autres espèces d'abeilles indigènes au Canada, qui pour la plupart comme les bourdons sont solitaires, vivent dans le sol ou dans des cavités et ne produisent pas de miel.

Source de l'image: Dmitry Grigoriev

La mortalité hivernale des abeilles à miel, entres autres liée aux pesticides mais aussi à une panoplie de facteurs, est un enjeu légitime mais lié à l'apiculture, pas à l'écologie. D'ailleurs, les populations d'abeilles domestiques sont en croissance au Canada [^1].

Or, plusieurs travaux de recherche ont montré que l'occupation des niches écologiques par l'abeille à miel se fait au détriment des abeilles indigènes [^2].

On ne lutte pas contre le déclin des oiseaux en installant des poulaillers, alors pourquoi installer des ruches pour sauver les abeilles?

L'installation de ruches dans les municipalités, les parcs, sur les campus et chez des particuliers pourrait ainsi s'avérer néfaste pour le maintien des populations d'abeilles indigènes [^3]. Ma collègue Valérie Fournier s'est intéressée à la question en menant une étude sur l'Île de Montréal publiée dans Urban Ecology [^4]. Or, contrairement à la littérature sur le sujet, l'étude montréalaise dénombrait davantage d'abeilles indigènes là où elle dénombrait aussi davantage d'abeilles domestiques, et ce, peu importait l'abondance de fleurs dans les secteurs étudiés. Mais n'imaginez pas que les abeilles de Montréal aient développé une solidarité interspécifique.

Selon les auteurs de l'étude, il y a eu lors de leur expérience suffisamment de fleurs pour nourrir tout ce beau monde. Une diversité et une abondance florale ainsi qu'une présence limitée de ruches permet la cohabitation entre abeilles indigènes et domestiques.

Les populations d'insectes, dont les abeilles indigènes, étant en déclin un peu partout dans le monde [^5], mon avis est néanmoins de laisser autant de fleurs possibles aux espèces indigènes. Je ne dis pas de bannir le miel, loin de là. Juste de ne pas penser qu'au Canada, installer des ruches est un geste écologique. Pensez plutôt à fleurir et laisser fleurir votre environnement !

[^1]: Statistique Canada. Tableau 32-10-0353-01 Production et valeur du miel. [^2]: Geldmann, J., & González-Varo, J. P. (2018). Conserving honey bees does not help wildlife. Science, 359(6374), 392–393. doi:10.1126/science.aar2269. [^3]: RoparsL, DajozI, FontaineC, MuratetA,GeslinB (2019)Wild pollinatoractivitynegativelyrelatedto honeybee colonydensitiesin urbancontext.PLoSONE 14(9):e0222316. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0222316 [^4]: McCune, F., Normandin, É., Mazerolle, M. J., & Fournier, V. (2019). Response of wild bee communities to beekeeping, urbanization, and flower availability. Urban Ecosystems. doi:10.1007/s11252-019-00909-y. [^5]: Cliche, Jean-François, 2020-01-21. Le déclin des insectes «sur le radar» (littéralement).

#bee #fr

C'est dans une perspective de reconnaissance des faits que pour les élections québécoises de 2018, Le Pharmachien et moi avions invité les partis à répondre à 10 questions de sciences. Je m'étais commis en entrevue à répéter l'expérience pour les fédérales. Mais...

Avec des agendas trop chargés et sans organisme pan-canadien pour nous appuyer, notre petite équipe a décidé de tirer la plug.

Pour-cette-fois.

Les personnes soucieuses des enjeux scientifiques ne sont pas totalement dépourvues de ressources pour effectuer un choix électoral éclairé (y compris celui de ne pas voter, notez bien). D'abord, l'ACFAS a organisé un intéressant bar des sciences.

Puis, l'organisme Evidence for Democracy, sous le mot-clic #votescience, intervient dans la campagne en plaidant pour un financement accru de la recherche. Sans être fondamentalement scientifique, ça reste lié à la vigueur scientifique dont on a tellement besoin.

Quoi qu'il en soit, l'enjeu scientifique le plus criant est de faire en sorte que les politiques publiques soient appuyées sur des évidences, ce qui demande non seulement un financement adéquat, mais également

(1) une science ouverte (accès libre et facile aux articles et aux données), (2) une grande liberté d'expression chez les scientifiques de l'État et surtout (3) une culture politique où l'on préfère la vérité à ce qu'il nous convient de croire.

#science #fr

When a colleague told me he assigned an undergrad student full-time to copy-paste historical weather data from Environment Canada, I searched into my files and found some code which I could format and share. The weathercan package, a gem written by Steffi LaZerte, allowed me to automate fetching tasks and save countless hours. All I had to provide was the spatial coordinates of my sites and, since my work was about agricultural data, time periods expressed as beginning of the season to harvest.

library("tidyverse")
library("weathercan")

My csv table contained coordinates and dates.

weather <- read_csv("data/sites.csv")

## Parsed with column specification: ## cols( ## siteid = coldouble(), ## latitude = coldouble(), ## longitude = coldouble(), ## start = coldate(format = “”), ## end = coldate(format = “”) ## )

weather %>%
  sample_n(6)
site_id latitude longitude start end
5 45.80300 -74.96984 2016-06-01 2016-09-26
19 45.22333 -73.53528 2017-05-18 2017-09-01
26 45.24454 -73.48610 2014-06-03 2014-09-08
27 46.09112 -72.34862 2014-05-30 2014-09-30
24 45.24550 -73.48829 2015-05-13 2015-09-15
3 46.73023 -72.26801 2016-05-21 2016-09-13

The first thing to do is to look for the closest stations to each site, which I did within a loop. For each row of my weather table, I ran the stations_search() function from the weathercan package. stations_search() takes the coordinates, a maximum distance and an interval on which weather data are archived (hourly, daily, weekly, etc.). If I wanted hourly data, stations with a daily resolution would have been discarded.

I store each output of stations_search() in a list, which is a very useful object type where each element can be anything, from strings to machine learning models.

stations <- list()
for (i in 1:nrow(weather)) {
  stations[[i]] <- stations_search(coords = c(weather$latitude[i], weather$longitude[i]),
                                   dist = 50, interval = "day")
}

I verified each element of the list and wrote down the station identifier I wanted. This process could have been done with if statements within a loop, but since I had not so many sites, this was done quickly by hand. For example, the third site:

stations[[3]]
prov station_name station_id climate_id WMO_id TC_id lat lon elev tz interval start end distance
QC ST UBALD 5288 7017767 NA NA 46.68 -72.32 NA Etc/GMT+5 day 1963 1964 6.854702
QC ST ALBAN 5255 7016800 NA NA 46.72 -72.08 76.2 Etc/GMT+5 day 1949 2018 14.417353
QC STE ANNE DE LA PERADE 5257 7016840 NA NA 46.58 -72.23 16.0 Etc/GMT+5 day 1949 2018 16.951883
QC LAC AUX SABLES 5203 701LEEH NA NA 46.87 -72.40 160.0 Etc/GMT+5 day 1964 2018 18.518982
QC HERVEY JONCTION 5226 7013102 NA NA 46.85 -72.47 177.4 Etc/GMT+5 day 1926 1978 20.374795
QC ST TITE 5287 7017760 NA NA 46.73 -72.57 141.7 Etc/GMT+5 day 1920 1985 23.083509
QC DESCHAMBAULT 27325 7011983 71389 WHQ 46.69 -71.97 61.0 Etc/GMT+5 day 1997 2018 23.222388
QC ST NARCISSE 5281 7017585 NA NA 46.53 -72.43 46.0 Etc/GMT+5 day 1973 2018 25.481852
QC HEROUXVILLE 5225 7013100 NA NA 46.67 -72.60 145.0 Etc/GMT+5 day 1966 2018 26.258655
QC DESCHAMBAULT 5220 7011982 NA NA 46.67 -71.92 15.2 Etc/GMT+5 day 1971 2018 27.445147
QC STE CHRISTINE 5266 7017000 NA NA 46.82 -71.92 152.1 Etc/GMT+5 day 1950 2018 28.390738
QC CHAMPLAIN 5211 7011290 NA NA 46.47 -72.33 12.0 Etc/GMT+5 day 1980 2011 29.315576
QC RIVIERE A PIERRE 5253 7016560 NA NA 47.00 -72.17 221.0 Etc/GMT+5 day 1949 1994 30.907166
QC FORTIERVILLE 5362 7022494 NA NA 46.48 -72.05 53.3 Etc/GMT+5 day 1973 2018 32.445967
QC CHUTE PANET 5214 7011600 NA NA 46.87 -71.87 152.4 Etc/GMT+5 day 1949 1982 34.126112
QC GENTILLY 5367 7022700 NA NA 46.40 -72.37 6.1 Etc/GMT+5 day 1973 1975 37.533097
QC ST JOSEPH DE MEKINAC 5276 7017422 NA NA 46.92 -72.68 121.9 Etc/GMT+5 day 1973 1994 37.858884
QC STE FRANCOISE ROMAINE 5482 7027267 NA NA 46.48 -71.93 91.4 Etc/GMT+5 day 1963 1985 38.005007
QC STE CROIX 5459 7027088 NA NA 46.62 -71.78 70.0 Etc/GMT+5 day 1973 1993 39.299534
QC SHAWINIGAN 27646 7018001 71370 XSH 46.56 -72.73 110.0 Etc/GMT+5 day 1998 2018 40.113102
QC DONNACONA 5221 7012070 NA NA 46.67 -71.75 10.7 Etc/GMT+5 day 1918 1964 40.179312
QC SHAWINIGAN 5290 7018000 NA NA 46.57 -72.75 121.9 Etc/GMT+5 day 1902 2004 40.971074
QC DONNACONA 2 5222 7012071 NA NA 46.68 -71.73 45.7 Etc/GMT+5 day 1952 2008 41.520499
QC RIVIERE VERTE OUEST 5254 7016675 NA NA 46.98 -71.83 213.4 Etc/GMT+5 day 1966 2018 43.436700
QC CAP DE LA MADELEINE 5209 7011045 NA NA 46.37 -72.53 17.1 Etc/GMT+5 day 1920 1932 44.802297
QC BECANCOUR 5316 7020570 NA NA 46.33 -72.43 14.9 Etc/GMT+5 day 1966 1994 46.193809
QC TROIS-RIVIERES 10764 7018562 71724 WTY 46.35 -72.52 6.0 Etc/GMT+5 day 1993 2018 46.477383
QC LAC MINOGAMI 5235 7013678 NA NA 46.67 -72.87 259.1 Etc/GMT+5 day 1964 1978 46.524598
QC TROIS RIVIERES AQUEDUC 5201 701HE63 NA NA 46.38 -72.62 54.9 Etc/GMT+5 day 1974 2009 47.374297
QC TROIS RIVIERES 5292 7018564 NA NA 46.37 -72.60 53.3 Etc/GMT+5 day 1934 1986 47.453040
QC CLUB TOURILLI 5216 7011800 NA NA 47.08 -71.90 249.9 Etc/GMT+5 day 1949 1953 47.938720
QC DUCHESNAY 5224 7012240 NA NA 46.87 -71.65 166.1 Etc/GMT+5 day 1963 1994 49.670924
QC MANSEAU 5402 7024615 NA NA 46.33 -71.98 96.0 Etc/GMT+5 day 1978 1994 49.675412

I wrote down each station_id in a vector merged to my original table, so that each site has its station identifier.

weather$station_ids <- c(5266, 5255, 5255, 5619, 5619, 5619, 5257, 5255, 5203, 5619,
                         5619, 8321, 8321, 5266, 5393, 10872, 5940, 10869, 10762, 5237,
                         10843, 5522, 5522, 10843, 5237, 10843, 5522, 5237, 5532)

Now let's fetch our weather data. This is done with the weather_dl() function. Within a loop for each site (each row of the weather data table), I used the station_id, the start time and the end time to fetch daily weather data from Environment Canada and store the extracted data in a list. Of course, you must be connected to the web to do this (and expect some warnings).

weather_tables <- list()
for (i in 1:nrow(weather)) {
  weather_tables[[i]] <- weather_dl(station_ids = weather$station_ids[i],
                                    start = weather$start[i], end = weather$end[i],
                                    interval="day")
}

Daily weather data are stored in each element of the list. For example, the first site with selected columns.

weather_tables[[1]] %>% 
  select(year, month, day, mean_temp, total_precip) %>% 
  head(10)
year month day mean_temp total_precip
2016 05 09 NA 0.8
2016 05 10 9.5 0.0
2016 05 11 NA 0.0
2016 05 12 NA 0.0
2016 05 13 14.8 6.2
2016 05 14 NA NA
2016 05 15 NA NA
2016 05 16 2.3 1.4
2016 05 17 NA 0.0
2016 05 18 NA 0.0

You will likely inspect your data tables further. For my part, I’ll jump right away to the computation of weather indices: I need daily precipitations, mean temperature, a Shannon diversity index on precipitations (SDI, 0 means all precipitations occurred the same day, and 1 means it fell uniformly through the season) and growing degree days (GDD, the sum of Celsius degrees higher than a threshold). Total precipitations and mean temperature can be computed with sum and a mean. SDI and GDD will need custom functions.

SDI_f <- function(x) {
  p <- x/sum(x, na.rm = TRUE)
  SDI <- -sum(p * log(p), na.rm = TRUE) / log(length(x))
  return(SDI)
}

GDD_f <- function(x, delim = 5) {
  sum(x[x >= delim], na.rm = TRUE)
}

Since I want to store these indices in my original table, I create empty columns.

weather$total_precip <- NA
weather$mean_temp <- NA
weather$SDI <- NA
weather$GDD <- NA

I compute each index in this final loop, where total precipitation is the sum of daily total precipitations and mean temperature is the mean of daily temperatures. SDI and GDD are computed with the functions I defined earlier.

for (i in 1:nrow(weather)) {
  # cumulated prcipitations
  weather$total_precip[i] <- sum(weather_tables[[i]]$total_precip, na.rm = TRUE)
  
  # mean temperature
  weather$mean_temp[i] <- mean(weather_tables[[i]]$mean_temp, na.rm = TRUE)
  
  # Shannon diversity index of precipitations
  weather$SDI[i] <- SDI_f(weather_tables[[i]]$total_precip)
  
  # Growing degree days
  weather$GDD[i] <- GDD_f(weather_tables[[i]]$mean_temp, delim = 5)
}

That' it, our weather table is done!

weather %>%
  sample_n(6)
site_id latitude longitude start end station_ids total_precip mean_temp SDI GDD
20 45.93424 -73.32026 2016-05-11 2016-09-19 5237 471.0 19.16308 0.5665234 2486.9
7 46.53156 -72.23351 2017-05-21 2017-10-03 5257 324.5 17.63529 0.7089004 2398.4
21 45.24248 -73.51408 2016-05-20 2016-09-06 10843 314.2 19.86542 0.6048280 2125.6
3 46.73023 -72.26801 2016-05-21 2016-09-13 5255 405.6 18.53846 0.7054556 1687.0
12 46.43994 -72.66337 2017-05-27 2017-09-28 8321 421.4 17.30579 0.7033883 2094.0
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#rstats #en

Source: @essicolo

Je préfère garder en prémisse que la biodiversité a une valeur intrinsèque, qu’elle n’a pas besoin d’être justifiée par quoi que ce soit d’autre. La chute de la biodiversité chez les insectes est grave, d’autant plus que les réseaux trophiques pourraient être affectés en cascade. L’article Worldwide decline of the entomofauna: A review of its drivers (Sánchez-Bayo et Wyckhuys, 2019) sonne l’alarme: 40% des espèces d’insectes risquent l’extinction d’ici “quelques décennies”. Mais 40%, dans quelques décennies, vraiment?

Voyons voir.

Pas tous les insectes

La recherche compile des résultats de plusieurs articles scientifiques. Pour la cueillette d’articles, les chercheurs ont utilisé les mots-clé [insect*] AND [declin*] AND [survey]. D'abord, le terme insect est une classe taxonomique qui n'est pas nécessairement citée dans des articles scientifiques voués à l'analyse spécifique d'une espèce – un biais susceptible d'écarter des études importantes. Puis, en ne retenant que les articles scientifiques à propos du déclin, la conclusion est implicite. Les articles considérés sont issus de recherches menées presque exclusivement en Europe et aux États-Unis, dans des biomes forêts feuillues et de prairies (figure 1 de Sánchez-Bayo et Wyckhuys, 2019, ci-dessous), dont les tendances sont projetées sur des biomes hôtes de populations d'insectes très différents (forêts tropicales, boréales, savanes, etc.).

Sánchez-Bayo, F., & Wyckhuys, K. A. G. (2019). Worldwide decline of the entomofauna: A review of its drivers. Biological Conservation, 232, 8–27. doi:10.1016/j.biocon.2019.01.020, Figure 1.

La proportion de 40% en déclin provient ainsi de la compilation de certaines espèces étudiées reconnues pour être en déclin, et ce, dans les biomes d'Europe et du centre des USA. Et le d'ici quelques décennies provient d'autres articles, qui sont eux-mêmes des revues de d'autres articles, et qui semblent ne prétendre rien de tel... Le grand titre suscite l'inquiétude, mais n'est pas tiré d'une simulation en bonne et due forme. Un 40% à prendre avec des pincettes, des gants blancs et de la parcimonie.

L’expansion… de l’intensification

Les auteurs identifient l’expansion de l’agriculture intensive comme facteur principal du déclin. Nuance ici. L’intensification, qui consiste à produire davantage par surface cultivée, permet surtout (mais pas toujours) de produire plus, non pas de réduire les surface cultivées pour retransformer en écosystèmes des territoires, des bandes ou des îlots. L’augmentation de la production est essentielle pour libérer le monde de la faim. Malheureusement, les progrès techniques sont largement utilisés pour augmenter la marge de manœuvre de l’inefficacité des systèmes agroalimentaires en vouant toujours davantage de place à l’alimentation animale.

Repenser les pratiques

Les auteurs proposent de “repenser les pratiques agricoles actuelles”, en particulier l’utilisation “implacable des pesticides synthétiques”. Les pesticides (naturels ou synthétiques, la distinction est factice) sont nécessaires pour protéger les cultures, mais ils sont largement surutilisés. Bien que la lutte intégrée soit sur toutes les lèvres, trop peu est fait en réalité pour réduire les impacts écologiques des pesticides. Pourtant, en ne s’arrêtant que sur la production agricole, les auteurs négligent que le levier le plus important n’est pas celui des changements de pratiques, mais celui du changements de régime alimentaire. Ainsi le fardeau écologique est d’abord sur les épaules des consommateurs, dont les habitudes sont trop souvent considérées comme des états de fait dans les initiatives de transition écologique.

Et alors?

L’article en question est un très bon travail de synthèse sur les espèces et les zones répertoriées. La synthèse porte sur les lépidoptères (papillons), hyménoptères (abeilles, guêpes, fourmis), diptères (mouches), coléoptères, hémiptères (cigales, pucerons, etc.), orthoptères (sauterelles) et odonates (libellules, demoiselles). Les causes de leur déclin sont nombreuses et souvent liée à l'utilisation du territoire. Dans l’Anthropocène, il faudra concevoir des milieux ruraux et urbains comme des moteurs de biodiversité plutôt que des zones qui la menacent. S’inquiéter? oui. Agir? absolument, en utilisant les leviers les plus importants à notre disposition.

#biodiversity #fr