Revue de presse de la semaine du 12 au 18 octobre

Découvrez le Reader's Digest de la surveillance : une sélection d'articles et de contenus à voir ou écouter en lien avec la surveillance, la vie privée, les libertés numériques et les données personnelles qui ont marqué la semaine.

Littérature

Dictature 2.0, quand la Chine surveille son peuple (et demain le monde)

Sur InternetActu, Hubert Guillaud publie une chronique du livre

Dictature 2.0, quand la Chine surveille son peuple (et demain le monde) de Kai STRITTMATTER. Ce journaliste spécialiste de la Chine s'est intéressée à la politique de surveillance de la Chine et des différents dispositifs mis en oeuvre par l'Etat afin de contrôler la population, assurer un développement économique et rendre amnésique en effaçant la mémoire et les luttes passées dirigées contre le pouvoir. Si la Chine s'affuble encore du qualificatif communiste, c'est plus par tradition. L'économie chinoise est effectivement calquée sur les modèles de croissance d'une économie capitaliste au même titre que les Etats-Unis ou l'Europe. L'essor d'un capitalisme a garanti au pouvoir une certaine forme de stabilité sociale :

Le consumérisme l’a emporté. La croissance a apporté la stabilité. Lors du Single’s Day du 11 novembre, grande fête commerciale chinoise, Alibaba gagne plus d’argent qu’Amazon pour le Black Friday

Source : Chine : l’intelligence artificielle, porte d’entrée de la dictature de surveillance ?


Affaires privées : aux sources du capitalisme de surveillance

Alors que le livre The age of surveillance capitalism de Soshana Zuboff vient d'être traduit et publié par les éditions Zulma, la maison C&F Editions n'a pas attendu la traduction française pour faire parler de son livre Affaires privées de Christophe Masutti qui explique les origines du capitalisme de surveillance. L'analyse de C.Masutti est plus profonde et inscrit le capitalisme de surveillance dans une dimension historique, économique et bien évidemment politique. Le développement de cette frange du capitalisme est un incontestablement lié à un besoin d’accroissement de la productivité et de rationalisation.

Parler du capitalisme de surveillance, c'est montrer comment la logique d'accumulation de l'info dans l'économie est une pratique capitaliste qui vise à générer du profit et qui inclut la marchandisation des données personnelles.

Pour vous donner envie de lire ce livre, C&F Editions a publié une série de vidéos dans lesquelles Christophe Masutti parle de son livre et résume rapidement le développement du capitalisme de surveillance.


Santé

Tous Anti-Covid

Cette semaine le président Macron a annoncé une nouvelle application de contact tracing en prenant soin de précisé que ce n'est pas un échec mais simplement que ça n'a pas marché. En attendant Tous Anti-Covid et ses nouvelles fonctionnalités, ce qui se passe actuellement au Portugal est particulièrement inquiétant. En effet, le gouvernement a pris la décision de rendre leur application de contact tracing obligatoire. Cette décision fait évidemment grincer des dents les associations locales de défense des libertés numériques. C'est peut-être ce qui nous pend au nez avec la v2 de StopCovid... Image

Source :Coronavirus : le traçage obligatoire provoque un tollé au Portugal

Virus partout, liberté nulle part

La pandémie de coronavirus a porté atteinte à nos libertés numériques. C'est ce que révèle l'étude de l'ONG Freedom House. L'épidémie de Covid a été l'occasion de montrer un exemple concret de l'effet cliquet et la fuite en avant vers la technologie au mépris des libertés. Drone, caméras thermiques, applications de contact tracing, bracelets, la plupart des Etats ont utilisé des dispositifs plus moins attentatoires à nos libertés qui risquent de laisser quelques stigmates. En effet, ces longs moins de solutionnisme technologie contribue à nous rendre plus tolérants vis-à-vis des dispositifs de contrôle.

Source : Le coronavirus a porté atteinte à la liberté sur Internet dans le monde entier


Cinéma

Sécurité intérieure : surveiller pour protéger ?

Arte diffuse en ce moment un documentaire sur la surveillance et ses limites en Allemagne. Le documentaire s'attache à montrer le travail des agents de l'Office fédéral allemand de la protection de la Constitution qui est chargé d'anticiper les crimes terroristes et en particulier ceux de l'extrême-droite allemande. Les derniers massacres commis par des membres appartenant à l'extrême-droite démontrent les lacunes des services de renseignements. Les auteurs de ces crimes n’étaient pas passés dans les radars de la surveillance. L'Allemagne a été frappée à de nombreuses reprises ces 20 dernières années en particulier à Cologne. Des groupes identifiés comme dangereux ont réussi à passer à l'acte alors qu'ils faisaient l'objet d'une surveillance active. D'après le documentaire, ce n'est par manque de budget que les agents du renseignement n'ont pas réussi à intervenir avant que le crime ne soit réalisé. Depuis 50 ans, des moyens humains et financiers sont accordés à l'office. Les effectifs de l'office fédéral ont doublé en 20 ans. Un responsable explique notamment qu'il n'y a pas de barrière technique. Ils ont même identifié des failles 0-day qu'ils se gardent bien de révéler afin de conserver un temps d'avance sur les groupes qu'ils suivent. De même, ils sont en capacité d'écouter des appels ou lire des messages WhatsApp. (ce qui permet de remettre en question la façon dont le chiffrement de bout-en-bout est déployé dans cette appli).
“Je peux écouter une conversation WhatsApp ou Telegram au moment même où elle a lieu.  En revanche écouter une conversation sur les trois dernières semaines du même canal WhatsApp s’apparenterait à une perquisition judiciaire en ligne.”

Deux grandes difficultés expliquent peut-être le fait que des individus parviennent à passer à l'acte malgré la surveillance dont ils font l'objet. D'une part, les services déplorent un problème de coordination des différentes agences fédérales en matière d’écoute et de renseignements. Et d'autre part, des difficultés de de coordination entre les services de police et de renseignements qui conduit à un relâchement de la surveillance. Enfin, on pourrait peut-être en ajouter une troisième. On apprend dans ce documentaire qu'un ex-responsable de l'Office fédéral est suspecté d'avoir des accointances avec l'extrême-droite.

D'une manière générale ce qu'on peut retenir de ce documentaire, c'est qu'une politique de surveillance massive qui nuit aux libertés individuelles montre ses limites. La surveillance ciblée et l'infiltration des groupes identifiés comme dangereux semblent plus efficaces sans bafouer les principes de la démocratie.

Source : Sécurité intérieure : surveiller pour protéger ?


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