Zéro Janvier

Chroniques d'un terrien en détresse

Je ne sais plus exactement où j’ai entendu parler de ce roman, mais il était présenté comme le digne représentant d’une fantasy française renouvelée et de grande qualité. Je me suis laissé tenter et je ne le regrette pas : ce livre est exactement tel qu’il m’a été présenté.

Camille Leboulanger nous propose une ré-interprétation d’un mythe en nous racontant la vie et les aventures de Cuchulainn, un héros légendaire celtique. Je dois avouer que même si son nom me disait vaguement quelque chose, je ne savais rien de lui avant de lire ce roman, j’ai donc découvert ce héros comme un novice à travers ce roman.

L’auteur enchaine les épisodes majeurs de la vie du héros : les circonstances de sa naissance, son enfance, l’événement qui le vaudra le surnom de Chien du forgeron, sa place à part à la cour royale de oncle, jusqu’à sa mort.

Le récit lui-même est bien mené et intéressant, mais ce n’est pas forcément l’essentiel ici, ni ce qui fait de ce roman un grand livre de fantasy. Là où l’auteur est fort, c’est sur deux aspects :

D’une part, il propose une ré-interprétation du mythe sur le thème de la virilité, avec un héros qui en représente tous les excès, tous les abus, toute la force d’une domination violente et injuste.

D’une part, il montre comment nait et se perpétue un mythe, comment les récits mettent en avant certains éléments et en occultent d’autres. Dans ce récit, le narrateur est fondamental : il est à la fois « notre » narrateur, celui qui prend la parole à travers le livre, mais aussi le narrateur interne de son public dans le livre. C’est un narrateur et un conteur, qui relate les aventures du Chien à la fois pour son audience et pour nous. Il interpelle le public, il commente le récit, il explique comment il a obtenu certaines informations, il justifie pourquoi il parle de tel aspect et laisse une part d’ombre sur telle autre.

Ce roman nous permet ainsi d’assister à la fois au récit des aventures de Cuchulainn et à la construction d’un mythe, celui du Chien du forgeron, tout en nous interrogeant sur la virilité et sa place dans nos imaginaires. C’est très bien fait et cela place ce livre très haut dans les oeuvres récentes de fantasy française. Cela m’a clairement donné envie de découvrir d’autres oeuvres de Camille Leboulanger. Ne soyez donc pas étonnés si je vous reparle prochainement d’autres romans de cet auteur.

Zéro Janvier@zerojanvier@mamot.fr

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Benoît Coquard est sociologue, son terrain d'analyse est constitué des campagnes en déclin, en particulier les cantons ruraux de la région Grand Est, dont il est lui-même originaire.

Dans ce livre qui poursuit les travaux de sa thèse de doctorat, il nous propose de plonger dans le quotidien de jeunes vingtenaires et trentenaires vivant dans ces campagnes en déclin. C'est un travail au long cours de sociologue, voire d'ethnographe.

Le titre du livre montre, en creux, l'opposition entre ceux qui restent vivre et travailler dans ces cantons ruraux et ceux qui partent, pour étudier puis travailler, vers la grande ville la plus proche ou plus loin encore. L'auteur fait partie de cette seconde catégorie, tout comme moi, c'est l'une des raisons ce qui m'a attiré vers ce livre.

L'auteur montre parfaitement l'articulation entre le déclin économique de ces campagnes et la sociabilité qui s'y exprime autour de “clans”, de “bandes de potes” au sens desquelles la solidarité est forte mais s'arrête aux frontières du clan. La concurrence pour les rares emplois stables alimente non pas un repli sur soi, souvent décrit à tort dans les médias, mais un repli sur un clan solidaire en son sein mais en rivalité avec le reste du village, du canton, et du monde. La réputation est également une “monnaie” essentielle dans ce cadre social, puisqu'elle permet d'accéder à des emplois où la recommandation (ou le piston) est indispensable.

Politiquement, ce mode de vie et de pensée se traduit par une forte abstention ou par un vote qui tend très fortement à droite et à l'extrême-droite. L'enquête de Benoît Coquart s'est déroulée pendant de longues années et s'est achevée au moment où le mouvement des Gilets Jaunes commençait à éclore. Il a pu en observer les prémisses mais surtout en comprendre les ressorts dans ce cadre social d'habitude très rétif aux grands mouvements collectifs.

J'ai beaucoup aimé ce livre qui m'a plongé dans un milieu que je connais très mal ou que je ne connais plus vraiment. Je fais partie de ceux qui sont partis, je ne le regrette pas, mais après cette lecture je comprendrai sans doute mieux ceux qui sont restés.

Zéro Janvier@zerojanvier@mamot.fr

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La saga de Clément Bouhélier dans son univers d’Olangar s’achève avec ce troisième roman de près de 600 pages.

Le décor reste le même mais l’ambiance a quelque chose changé suite aux événements qui se déroulaient à la fin du précédent volume. La cité d’Olangar est occupée, un régime collaborationniste pourchasse et torture ses opposants, et la résistance a bien du mal à survivre. Le seul espoir pourrait venir du Sud, où le chancelier est parvenu à s’exiler avec l’armée royale.

On retrouve, probablement pour la dernière fois, les personnages que l’on a pris plaisir à suivre dans les premiers romans. L’aristocrate humaine Evyna d’Enguerrand et l’elfe banni Torgend Aersellson s’organisent dans le Sud pour venir en aide à la cité d’Olangar, où le nain Baldek Istömin tente de maintenir organisée la Résistance tiraillée entre l’espoir d’une aide extérieure et la soif d’en découdre avec l’oppresseur.

Le récit est rythmé, bien mené et, hormis quelques rares baisses de rythme au milieu du roman, m’a globalement captivé du début à la fin. L’ambiance est d’abord lourde, oppressante, avant que l’action ne s’emballe au point de basculer quasiment dans un récit épique.

La conclusion, que je révélerai évidemment pas ici, est douce-amère et m’a totalement séduit. C’est une très jolie façon de quitter les personnages que l’on a aimé suivre tout au long de la saga. On sent bien l’émotion de l’auteur à leur dire au revoir, et c’est contagieux pour le lecteur.

Je garderai un excellent souvenir de cette saga, à la fois pour l’intérêt et l’originalité de son univers, pour les thématiques sociales et politiques abordées, pour la fine construction des récits de chaque roman et de la trame d’ensemble, et pour la qualité de ses personnages. C’est vraiment de la très bonne fantasy, un parfait exemple de que peut offrir de mieux ce genre souvent décrié.

Zéro Janvier@zerojanvier@mamot.fr

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Après les deux volumes qui formaient un long et très bon roman sous le titre de “Bans et Barricades”, Clément Bouhélier nous propose de poursuivre les aventures de ses personnages dans son univers d'Olangar avec ce roman de près de 700 pages.

Le décor reste le même, avec cette fantasy en apparence très classique, avec ses humains, ses nains, ses elfes et ses orcs, mais en réalité fortement inspirée par notre XIXe siècle et son lot de révolutions industrielles, politiques et sociales. J'avais beaucoup aimé ce décor dans le premier roman en deux volumes, je l'ai donc retrouve avec grand plaisir ici.

Le récit est peut-être un peu lent à se lancer, le temps de mettre en place l'intrigue et de replacer les personnages principaux dans leur nouveau cadre, cinq ans après les événements du premier roman. Ensuite, cela s'enchaine vite et bien, avec un récit haletant, plein de scènes d'action spectaculaires, sans oublier d'explorer la psychologie des personnages. C'est efficace et plutôt prenant.

Dans l'ensemble, je dirais que c'est peut-être un cran en-dessous des deux premiers volumes, dont j'avais apprécié l'aspect très politique, mais que cela reste de l'excellente fantasy, qui sait jouer sur les clichés pour nous surprendre avec un récit captivant et bien écrit.

Le troisième roman, inévitable compte-tenu de la fin de celui-ci, m'attend déjà, je vous en parlerai sans doute très prochainement.

Zéro Janvier@zerojanvier@mamot.fr

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J'avais entendu beaucoup de bien d'Olangar dans un podcast que j'écoutais récemment, je m'étais renseigné et je dois dire que le résumé m'avait alléché. Je n'ai pas été déçu : Clément Bouhélier propose de la fantasy comme je l'aime, avec des thématiques sociales et politiques.

Pourtant, le tout début rassemble tous les clichés de la fantasy, avec des nains ouvriers et le récit d'une grande bataille entre l'alliance des humains et des elfes face aux envahisseurs orcs. Heureuseument, après avoir installé ces clichés, l'auteur s'en éloigne habilement en révélant progressivement le cadre de son récit : un univers de fantasy qui semble classique, avec des nains, des elfes et des orcs, mais un univers de fantasy inspiré de notre XIXe siècle.

On y retrouve des marqueurs du contexte industriel, social et politique de ce siècle fondateur de notre histoire contemporaire : une monarchie constitutionnelle instaurée après une révolution, une bourgeoisie qui conteste de plus en plus le pouvoir de l'aristocratie, l'essor des grandes compagnies privées, la naissance des partis politiques en tant que forces électorales, l'éveil de la classe ouvrière et le rôle des syndicats dans les luttes populaires. Tout cela ne pouvait que plaire à l'amateur du XIXe siècle que je suis.

Autour de ce décor que j'ai beaucoup apprécié, le récit est plaisant et rythmé. Nous suivons principalement trois personnages : une jeune noble humaine qui vient à la capitale pour enquêter sur la mort de son frère, un soldat tué dans ces circonstances troubles ; un elfe, vétéran de la grande guerre contre les orcs, banni par son peuple pour des raisons qui restent mystérieuses pour le lecteur ; un nain, leader syndical aux chantiers navals, qui s'intéresse de près aux agissements troubles de la compagnie qui emploie ses camarades. Autour de ce trio gravitent quelques personnages secondaires que l'auteur nous propose de suivre dans quelques chapitres plus rares.

J'ai beaucoup aimé ce roman, même s'il ne constitue finalement que la moitié d'un roman complet. Si le récit s'achève sur de grandes scènes spectaculaires, il n'offre pas vraiment de conclusion aux enjeux ouverts au début du roman, et on sent bien que le roman a été découpé en deux livres qui ne peuvent pas se lire indépendamment. Je vais donc poursuivre ma lecture avec le second volume, en espérant qu'il soit aussi passionnant que celui-ci.

Zéro Janvier@zerojanvier@mamot.fr

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Jay Castelletti nous propose un premier roman très plaisant à lire.

Nous sommes au tout début des années 1990 et nous suivons Dillon, quinze ans au début du récit, qui fuit sa famille très religieuse qui n'accepte pas son attirance pour les garçons. Il débarque à Sydney et commence à se prostituer pour payer son loyer. Au même moment, un serial-killer commence à s'attaquer aux prostitués gays du quartier.

Les personnages sont globalement attachants, le récit est intéressant, même si j'ai regretté le suspense un peu systématique à la fin de presque chaque chapitre. Bien sûr, cela donne envie de lire la suite, mais j'ai trouvé cela un peu artificiel. Un page-turner devrait à mon avis s'appuyer sur le récit lui-même, pas sur des rebondissements, des surprises ou des cliffhangers à la fin de chaque chapitre.

Malgré tout, j'ai bien aimé ce premier roman, dont l'auteur admet lui-même qu'il s'inspire en partie de sa propre expérience dans les années 1990.

Zéro Janvier@zerojanvier@mamot.fr

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J'avais ce livre dans ma pile à lire numérique depuis plusieurs mois et je suis content de l'avoir gardé pour une période de congés où j'ai eu le temps de le lire tranquillement, à tête reposée.

Le propos est dense, parfois ardu, toujours très riche. Le sous-titre, plus que le titre, décrit parfaitement l'ambition de l'auteur : décrire, en s'appuyant sur des sources, la naissance et l'avènement du libéralisme autoritaire.

Je ne vais pas raconter ici tout le livre, mais je vais essayer d'en résumer les grandes lignes en décrivant les thèmes abordés.

L'auteur part du constat fait par les penseurs libéraux dans les années 1970 : après les Trente Glorieuses et le triomphe de l'Etat-providence, les mouvements civiques, écologiques et sociaux montrent que la démocratie devient un danger pour le capitalisme. Grégoire Chamayou va alors décrire dans six chapitres thématiques la riposte idéologique et pratique opérée par les néolibéraux :

  1. Les travailleurs indociles : indisciplines ouvrières, ressources humaines, insécurité sociale, guerre aux syndicats

  2. Révolution managériale : une crise théologique, managérialisme éthique, discipliner les managers, catallarchie

  3. Attaque sur la libre entreprise : le siège du gouvernement privé, la bataille des idées, comment réagir, l’entreprise n’existe pas, théories policières de la firme

  4. Un monde de contestataires : contre-activisme d’entreprise, production de l’idéologie dominante, management des problèmes, parties prenantes

  5. Nouvelles régulations : soft law, coûts/bénéfices, critique de l’écologie politique, responsabiliser

  6. L’Etat ingouvernable : crise de gouvernabilité des démocraties, Hayek au Chili, aux sources du libéralisme autoritaire, détrôner la politique, micropolitique de la privatisation

Dans la conclusion, l’auteur achève sa démonstration en montrant comment l'expression libéralisme autoritaire n'est pas un oxymore mais au contraire un pléonasme : pour s’imposer à la société, le libéralisme économique doit s’appuyer sur un Etat autoritaire dont le rôle dans l’économie doit se limiter à donner au marché les moyens de fonctionner, un Etat qui doit ainsi être fort avec les faibles mais rester faible avec les forts.

Je l’ai dit, c’est un livre très dense, les citations sont nombreuses, mais le propos de Grégoire Chamayou reste toujours limpide. La démonstration est terriblement efficace, même si, c’est l’écueil de ce genre d’essai, je me doute qu’il ne convaincra que des convaincus. J’en sors à la fois conforté dans mes idées, enrichi par une réflexion parfaitement ciselée, et je l’avoue, un peu déprimé par la situation décrite. Même si la conclusion essaye d’ouvrir des perspectives de contre-lutte, autour de l’autogestion.

Zéro Janvier@zerojanvier@mamot.fr

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J'avais lu deux romans de Metin Arditi il y a quelques années, sans en garder de souvenir marquant. Son nom me disait tout de même quelque chose quand j'ai vu son nouveau roman sur la table d'une librairie indépendante qui vient d'ouvrir dans ma commune. La quatrième de couverture m'a attiré et je me suis laissé tenter. Je ne le regrette pas, car c'est un magnifique roman.

Le récit commence à l'été 1978. Renato, le personnage principal, a sept ans quand son père qu'il adore, patron d'une entreprise florissante de glaces italiennes, est enlevé par les Brigades Rouges. Il est libéré quelques semaines plus tard mais, traumatisé par son expérience en captivité, il finit par se suicider. Sa veuve, son fils Renato et la gouvernante Rosa, qui élève les fils de la famille depuis deux générations, partent s'installer en Suisse pour fuir le théâtre de cette tragédie.

Dix ans plus tard, la mère de Renato repart en Italie pour épouser l'avocat de la famille, laissant son fils dans un pensionnat prestigieux. Il y rencontre Paolo, un professeur italien qui anime les séances de théâtre, un art que Renato pratique avec passion depuis plusieurs années. L'homme et l'adolescent tissent une relation de confiance et d'admiration mutuelle, jusqu'à ce que le passé ne surgisse et ouvre une fissure entre eux.

Le récit couvre une période de près de vingt ans, même si l'essentiel du roman, au moins en nombre de pages, se déroule dans les années 1989-1990, au coeur de la relation entre Renato et Paolo dans le cadre de pensionnant suisse qui attire les enfants de la haute bourgeoisie européenne voire mondiale.

C'est un roman au style sobre mais qui vise juste, au service d'un récit aussi captivant qu'émouvant. Je l'ai lu entre hier après-midi et ce matin et j'ai eu chaque fois du mal à m'arrêter quand mon agenda me contraignait à interrompre ma lecture. Chaque court chapitre donne envie de lire la suite, sans que cela soit construit avec un suspense artificiel. C'est simplement le récit lui-même qui se déroule naturellement et que l'on a envie de suivre jusqu'au bout, d'une seule traite.

Il me semble que tout le roman tourne autour de la question de la parentalité. Dans une moindre mesure de la maternité, même si le sujet est présent avec les figures contrastées voire antagonistes de Rosa, la gouvernante, et de la mère de Renato. C'est surtout le thème de la paternité qui parcourt tout le récit, de la mort du père jusqu'à la relation de Renato avec Paolo, ce père de substitution qui suscite l'admiration et l'affectation avant de décevoir.

J'ai passé un très beau moment de lecture avec ce roman. J'ai été franchement ému en lisant certains passages, à la fois par les thématiques abordées et par la délicate pudeur avec laquelle l'auteur transmet les émotions de ses personnages. Une très belle surprise.

Zéro Janvier@zerojanvier@mamot.fr

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Young Mungo est le second roman de Douglas Stuart, après Shuggie Bain que j'ai lu juste avant celui-ci.

On y retrouve les motifs, que l'on devine autobiographiques, du premier roman : l'enfant différent qui grandit pendant les années 1980 dans un quartier défavorisé de Glasgow, entre une mère alcoolique, un père absent du paysage, un grand frère et une grande soeur qui tentent de vivre leur vie chacun à leur façon. Au tout début du roman, j'ai d'ailleurs eu peur de relire un peu le même roman que le précédent : même si les prénoms ne sont plus les mêmes, on retrouve le même cadre, le même personnage principal, et le même environnement social et familial. Heureusement, Douglas Stuart apporte quelque chose de plus dans ce cadre connu. Là où Shuggie Bain racontait principalement l'enfance de Shuggie, l'auteur nous propose cette fois de suivre un épisode de l'adolescence de son personnage principal, ici renommé Mungo.

Mungo a 15 ans et rencontre James, un catholique de seize ans qui vit dans le quartier en face du sien. Dans ce milieu où des bagarres éclatent régulièrement entre gangs protestants et catholiques, cette relation doit rester secrète. Entre homophobie, tensions religieuses et territoriales, et pression familiale de part et d'autre, tout concoure à séparer les deux jeunes garçons.

Le roman nous permet de suivre deux récits parallèles, en léger décalé.

D'une part, à partir du mois de janvier, nous assistons à la vie quotidienne de Mungo dans son environnement familial et social, à sa rencontre avec James, et aux débuts de leur relation secrète. Mungo est entrainé contre son gré dans les exactions de son frère aîné, chef du gang protestant du quartier qui s'attaque aux voisins et ennemis catholiques, dont James fait partie.

D'autre part, nous suivons un week-end du mois de mai, quand Mungo est emmené en camping par deux hommes que sa mère a rencontré aux Alcooliques Anonymes et auxquels elle a confié son fils pour lui apprendre à pêcher et en faire un homme.

Il n'y a pas vraiment d'énorme surprise dans le récit, tout se passe plus ou moins comme on peut s'y attendre dès les premières pages, mais ce n'est pas là l'essentiel. Le récit est sans surprise mais parfaitement déroulé, avec des personnages parfaitement écrits et une atmosphère tragiquement réaliste.

Comme je le disais, j'avais peur au début de ma lecture de relire le même roman que le précédent, mais j'ai finalement trouvé celui-ci encore meilleur. Ils s'appuie sur les fondations du premier tout en allant plus loin. Ainsi, l'homosexualité et l'homophobie, qui n'étaient qu'abordées de façon sous-jacente dans le premier roman, sont ici au premier plan. C'est comme si l'auteur avait posé un décor dans Shuggie Bain et qu'il pouvait maintenant l'utiliser pour ajouter une couche supplémentaire à son récit.

Vous l'aurez compris, j'ai beaucoup aimé ce roman. C'est une lecture exigeante, parfois déprimante, mais passionnante et absolument utile.

Zéro Janvier@zerojanvier@mamot.fr

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Un très beau roman qui nous plonge à Glasgow dans les années 1980, à la rencontre de Shuggie, un jeune garçon différent issu d'un milieu défavorisé, entre sa mère alcoolique, un père plus souvent absent que présent, et son frère et sa soeur aînés qui n'attendent qu'une seule chose : pouvoir fuir le domicile familial.

C'est tragique, parfois glauque, mais aussi plein d'amour. Pas de l'amour façon bons sentiments qui dégoulinent de guimauve, de l'amour triste mais sincère, profond. Celui d'un fils pour sa mère qu'il essaye de sauver de ses démons et qu'il aime malgré tout. Celui d'un grand frère frustré de ne pas pouvoir l'aider à fuir à son tour cette situation infernale.

C'est vraiment un très beau premier roman pour Douglas Stuart, dont je me suis empressé de lire son deuxième roman, probablement autant autobiographique que celui-ci.

Zéro Janvier@zerojanvier@mamot.fr

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