Le non de la rose (Sébastien Capelle)

J’avais découvert Sébastien Capelle il y a un an et demi environ en lisant son roman « La Pierre de la Victoire », une uchronie très sympathique se déroulant sous la Commune de Paris, avec un Clémenceau réinventé en super-héros : j'avais beaucoup aimé le mélange des genres entre fiction historique, uchronie et fantasy. J’avais ensuite enchaîné avec son autre roman uchronique, « Napoléon en Amérique », que j’avais trouvé un peu moins réussi à cause d’un rythme moins bien géré dans la seconde partie, tout en restant une lecture très plaisante. Surtout, je m’étais demandé où cet auteur décidément plein d’imagination allait pouvoir nous inventer dans son prochain roman !

J’ai eu la réponse tout récemment lorsqu’il m’a contacté directement pour découvrir son nouveau roman Le non de la rose (non, pas de faute d’orthographe à « non », c’est voulu). Je tiens tout d’abord à signaler deux points : 1. J’ai reçu un exemplaire gratuit de ce roman de la part de l’auteur en échange de cette chronique, que j’écris toutefois de la façon la plus honnête possible 2. Ce roman fait l’objet d’un financement participatif sur Ulule : il me semble que la campagne est ouverte jusqu'au 7 mai, vous pouvez en savoir plus ici: https://fr.ulule.com/le-non-de-la-rose/

Revenons au roman lui-même, qui part d’une idée presque simple : et si les Anglais avaient gagné la Guerre de Cent Ans ? Le roi Henri d’Angleterre réunit les couronnes de France et d’Angleterre et installe sa cour à Paris, au cœur du royaume le plus peuplé. Vingt ans plus tard, alors que le roi est à l’agonie, l’Angleterre est devenue une province délaissée et rebelle, et les prétendants à la couronne préparent leurs armes pour une succession qui s’annonce difficile.

Le roman nous propose de suivre cette lutte pour la succession à travers le point de vue de plusieurs personnages, tous impliqués de près ou de loin dans la succession du roi Henri. Après quelques chapitres qui posent le décor et introduisent les principaux protagonistes, le récit est très rythmé et se lit très facilement, avec un plaisir non dissimulé. L’auteur revendique Les Rois Maudits et Game of Thrones parmi ses inspirations, et on sent effectivement cette ambiance médiévale avec les intrigues de cour et la violence des relations humaines, basées sur l’intérêt, la manipulation et l’ambition. Il y a également une touche de fantastique, même si elle m’a semblé anecdotique et à vrai dire plutôt dispensable dans le récit.

Le livre s’achève par une interview fictive, censée se dérouler en 2025, au cours de laquelle un auteur raconte une uchronie de cet univers uchronique, dans laquelle cette fois les Français ont remporté la Guerre de de Cent Ans et où la dynastie des Valois a conservé le trône de France, c’est-à-dire notre histoire réelle. C’est un clin d’œil sympathique qui permet à l’auteur (réel, cette fois) d’expliquer les choix qu’il a fait pour son uchronie, notamment sur le point de divergence. J’avoue tout de même avoir été un peu perdu dans certaines explications sur le rôle et le destin de certains personnages historiques ou de leur version fictive. De la même façon, n’étant pas très familier avec l’histoire de la Guerre de Cent Ans, je suis sans doute passé à côté de certaines références historiques dans ce roman. Mais l’essentiel reste que j’ai passé un bon moment de lecture avec ce récit court et bien mené.

#lecture #uchronie

Zéro Janvier@zerojanvier@mamot.fr