Un certain goût de plomb #1 : Balles perdues (Arnaud Cazelles)

J’ai découvert les éditions Oneiroi grâce à leurs excellentes anthologies de nouvelles steampunk que j’avais dévorées il y a quelques mois. Quand j’avais entendu parler du dernier roman publié dans leur catalogue, j’avais été intrigué. Pas de steampunk cette fois-ci, mais de la fantasy dans une ambiance de western : suffisamment original pour attirer mon intérêt et me laisser tenter.

Je ne le regrette pas, car je viens de passer plusieurs jours de lecture plaisante et enivrante. Dès les premiers pages, nous sommes plongés dans un décor et à la fois original et connu. Le mélange de fantasy et de western fonctionne parfaitement : on retrouve des stéréotypes des westerns, mais avec un décalage qui produit son effet. L’univers imaginé par l’auteur tient parfaitement la route et il parvient à le mettre en scène dans un récit haletant qui nous permet de l’explorer avec ses personnages.

Les personnages, parlons-en justement. Ils sont nombreux, certains sont sympathiques, d’autres moins, mais tous sont attachants ou en tout cas plaisants à suivre. Contrairement à certains romans choraux, je n’ai pas eu la tentation de lire très vite certains chapitres consacrés à des personnages moins intéressants pour retrouver ceux qui me plaisent le plus : ici, j’ai pris plaisir à retrouver des personnages et des lignes narratives différents à chaque nouveau chapitre.

Le récit, rythmé et captivant, tourne principalement autour de la guerre menée par l’une des neuf baronnies du continent pour assujettir les huit autres. Le roman permet de montrer les dégâts produits par la guerre, tout évoquant le thème du racisme et de l’esclavage à travers le sort des Tallaïms, des adeptes du chamanisme traités comme des sauvages par les conquérants venus d’outre-mer.

Arnaud Cazelles propose ici un excellent roman qui mêle habilement fantasy et western. Il joue parfaitement sur les deux tableaux, avec un univers crédible auquel il donne vie avec beaucoup de talent. La galerie de personnages qu’il met en scène est passionnante, tout comme les aventures qu’ils vivent à travers sa plume. Le seul bémol, c’est que le récit n’est pas tout à fait bouclé à la fin du dernier chapitre. Si certains événements trouvent leur conclusion, d’autres appellent une suite. J’espère que ce premier volume trouvera son lectorat et sera bientôt suivi d’un deuxième pour retrouver les personnages dans ce décor mémorable.

Zéro Janvier@zerojanvier@mamot.fr

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