Zéro Janvier

Chroniques d'un terrien en détresse – Le blog personnel de Zéro Janvier

“The State of the Art” est le quatrième tome du cycle de la Culture de Iain M. Banks. Il a une particularité : c'est un recueil de nouvelles, le seul parmi les neuf romans qui composent le cycle.

L'ouvrage doit son titre à la nouvelle la plus longue du recueil, et peut-être la meilleure à mes yeux. Les autres nouvelles oscillent entre le bon et l'anecdotique, mais c'est vraiment “The State of the Art” qui donne au recueil tout son intérêt, avec peut-être “Descent” qui sort elle aussi du lot.

L'exercice de “noter” un recueil de nouvelles est toujours délicat, faut-il tenir compte du meilleur, du pire, ou d'une sorte de moyenne des nouvelles qui le composent ? Ici, j'ai choisi de rester sur la forte impression laissée par la nouvelle éponyme du recueil, même si dans l'ensemble le recueil est moins bon que les trois premiers romans du cycle.

Zéro Janvier@zerojanvier@mamot.fr

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“Use of Weapons” est le troisième roman du cycle de la Culture de Iain M. Banks. Je viens de le terminer et à chaud, je ne saurais pas dire s'il est aussi réussi que “The Player of Games”, son prédécesseur dans le cycle, ou juste en-deça. Dans tous les cas, c'est un excellent roman de science-fiction, qui fait preuve d'une intelligence rare.

La structure narrative, avec ses deux lignes temporelles, l'une chronologique, l'autre antichronologique, n'est pas toujours simple à suivre, et je ne suis d'ailleurs pas certain d'être capable de résumer toute l'histoire complète du début à la fin et de la fin au début, mais quoi qu'il en soit c'est passionnant du début à la fin.

J'avais lu beaucoup de bien de ce cycle romanesque de Iain M. Banks et je dois dire qu'après avoir lu les trois premiers romans, c'est aussi bon que je l'espérais. De quoi me rendre encore plus impatient de lire la suite, ce que je vais m'empresser de faire !

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Le premier roman du cycle nous proposait de découvrir la Culture de loin, à travers le regard d'un de ses ennemis. Cette fois, nous découvrons cette civilisation à travers l'un de ses citoyens, d'abord dans sa vie quotidienne puis par contraste avec une autre civilisation qu'il va découvrir tout au long du roman.

Avant tout, ce roman est le récit d'une rencontre entre deux civilisations, deux cultures que tout oppose. D'un côté, la Culture et son modèle utopique très inspiré des idées anarchistes. De l'autre, l'Empire d'Azad, impérialiste, colonialiste, antisocial et belliqueux. Le protagoniste, issu de la Culture, découvre un Empire autoritaire où les rapports sociaux sont fixés par les règles strictes de ce qui est littéralement un jeu de pouvoir. Il nous offre ainsi un regard sur notre propre société contemporaine et une critique acerbe de celle-ci.

J'ai trouvé ce deuxième roman du cycle encore meilleur que le premier : son récit est captivant du début à la fin, et c'est à mon avis une meilleure porte d'entrée dans l'univers de la Culture, que nous découvrons ici de l'intérieur, par les yeux d'un de siens.

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Cela faisait un moment que je voulais lire le cycle de la Culture de Iain M. Banks et je me suis enfin décidé à m'y mettre. Je ne sais pas si je dois me réjouir d'avoir autant attendu ou regretter de ne pas l'avoir fait plus tôt, tout est-il que le premier roman du cycle m'a beaucoup plu.

Le récit est rythmé et finalement assez classique. On s'attache énormément aux personnages et on suit avec plaisir leurs aventures et mésaventures. Surtout, l'univers est original, on pressent une grande richesse à explorer dans la suite du cycle. C'est de la science-fiction inventive et intelligente, tout ce que j'aime.

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J'aurais beaucoup de mal à résumer cet ouvrage, tant il est dense et riche. Ariel Kyrou y propose d'explorer nos imaginaires du futur sous un angle à la fois technologique, écologique et politique.

La lecture m'a semblé un peu ardue mais diablement intéressante. L'auteur y multiplie les références littéraires, il a d'ailleurs fallu que je me retienne de toutes les noter, au risque de faire exploser ma pile à lire. Cependant, ce n'est pas un catalogue de références, car chaque oeuvre n'est citée que pour illustrer le propos de l'auteur.

Que ce soit pour parler de technologie, d'écologie, d'apocalypse, d'exploration spatiale, de vie extraterrestre ou d'utopies et de dystopies, Ariel Kyrou déroule un discours cohérent, engagé et richement documenté. Il ne cache pas ses sympathies libertaires et assume sa volonté de ne pas faire un choix binaire entre technologie et écologie, au profit d'un appel à la rupture avec le système dominant, à la réinvention d'un monde terrestre et humaniste.

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Fully Automated Luxury Communism est un essai du journaliste anglais Aaron Bastani, dans lequel il expose sa vision d'un futur technologique libéré du capitalisme.

Dans un premier temps, l'auteur fait le constat de l'échec patent du capitalisme à tenir sa promesse d'une prospérité perpétuelle et à faire face aux enjeux du XXIe siècle, aux premiers rangs desquels figure la crise écologique : changement climatique mais aussi épuisement des ressources non renouvelables, et leurs conséquences sociales et migratoires. Il estime également que nous sommes actuellement au cœur d'une révolution technologique de grande ampleur, dont l'impact sera similaire à deux révolutions majeures dans notre histoire : l'apparition de l'agriculture et la sédentarisation de l'humanité lors de la révolution néolithique ; l'exploitation de nouvelles sources d'énergie (la vapeur, le charbon puis l'électricité) et l'industrialisation de la production lors de la révolution industrielle au XVIIIe et XIXe siècle.

Partant de ce constat, il dessine ensuite un futur possible où cette révolution technologique aura permis de répondre aux enjeux du XXIe siècle. Il propose ainsi des scénarios basés sur les “nouvelles technologies” pour cinq thématiques principales : le travail, l'énergie, les ressources, la santé, et l'alimentation. Pour chacun des thèmes, il s'appuie sur des technologies existantes ou émergentes en extrapolant leur potentiel : réduction des coûts, amélioration des performances, démocratisation. Ce dernier aspect, la démocratisation, est importante dans le propos d'Aaron Bastani : contrairement à de nombreux ouvrages de prospective technologique, il aborde cette révolution sous l'angle politique autant que technologique. Pour lui, il ne suffit pas que la technologie résolve un problème pour quelques uns (les plus fortunés) mais qu'elle contribue au bien-être de tous.

L'aspect politique est d'ailleurs au cœur de la troisième et dernière partie du livre, où l'auteur présente les moyens qu'il propose pour aboutir à la vision présentée dans la deuxième partie. Si la deuxième partie peut être vue comme la description d'une utopie technologique (en tout cas du point de vue de l'auteur), la troisième est l'ébauche d'un chemin pour y parvenir. Il s'agit avant tout de remettre en cause les principes du capitalisme et du néolibéralisme et de proposer des alternatives concrètes.

Il y a quelques années, quand j'avais une approche purement positive, voire positiviste, de la technologie, j'aurais certainement été totalement emballé par cet essai. Désormais, après avoir été sensibilité aux arguments technocritiques, je suis un peu plus mesuré. Le propos d'Aaron Bastani est très technosolutionniste, je n'ai pas été totalement convaincu par l'approche et par certains arguments, je le trouve notamment trop optimiste sur les usages de la technologie. L'ouvrage est toutefois très intéressant présente l'avantage d'imaginer un futur alternatif plus ou moins désirable où la technologie pourrait être mise au service de tous.

Un point sur lequel l'auteur revient à plusieurs reprises est sa conviction que Karl Marx a eu, en quelque sorte, raison trop tôt : la société communiste qu'il avait imaginé ne pouvait pas advenir sans la révolution technologique que nous sommes en train de vivre. Dans les conditions historiques et technologiques dans lesquelles il s'est réalisé, le “communisme réel” du XXe siècle ne pouvait qu''échouer. Désormais, la révolution technologique permet d'imaginer une société de l'abondance : comme dirait l'autre, “les conditions objectives sont réunies”. Je serais presque tenté d'y croire. Est-ce illusoire ou prémonitoire ?

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Je sors un peu déçu de cette lecture ; non pas déçu du livre lui-même, mais déçu de moi-même. J'ai eu du mal à en profiter pleinement, principalement car j'ai eu du mal à me concentrer sur son contenu.

Pourtant, je suis convaincu que c'est un livre enrichissant et absolument essentiel quand on s'intéresse aux luttes et aux oppressions. L'autrice s'attache à montrer comment les organisations militantes doivent à la fois lutter contre les oppressions à la fois en dehors et en leur sein, à travers des pratiques de reconnaissance des privilèges et des oppressions, de leur nécessaire transformation, et de réelles solidarités entre les luttes. Elle s'appuie pour cela sur des entretiens avec des militants directement concernés par les luttes et les oppressions.

Le propos m'a semblé clair et très pertinent, mais j'ai eu parfois du mal à rester concentré sur ma lecture et j'ai survolé très vite certains passages. Je pense que c'est plus lié à mon état d'esprit actuel qu'à des défauts du texte. Je regrette d'ailleurs de ne pas avoir su le lire plus attentivement. Peut-être devrais-je le relire plus tard, dans d'autres circonstances plus favorables ?

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Starhawk est une activiste écoféministe et une figure du néo-paganisme sur lequel elle écrit plusieurs livres. Dans ce livre publié il y a plus de dix ans et traduit seulement en 2018 en français, elle propose un guide pratique pour s'organiser, pour faire des communautés et des organisations non hiérarchiques, basées sur des structures fluides et collectives qui mettent le consensus au centre des prises de décision.

J'ai un drôle de ressenti au moment de terminer ce livre. J'ai d'abord été emballé par l'introduction et le premier chapitre qui posent le cadre, avant d'être un peu troublé par la suite. Il y a des passages très intéressants, mais d'autres auxquels je n'ai pas été sensible. Je n’ai notamment pas été convaincu par les rituels ni par certains outils et grilles d’analyse proposés par l’autrice. J’ai également été perturbé par l’aspect spirituel de certains propos. Par contre, les considérations sur la gestion des conflits et des personnalités difficiles m’ont semblé pertinentes.

Globalement, je sors tout de même un peu déçu de cette lecture, peut-être parce que j’en attendais beaucoup ou que je m’en étais fait une idée différente. Je pense que c’est un guide qui pourrait être très utile à des communautés tentées par des organisations horizontales, et nous en avons grand besoin pour faire face aux défis de ce siècle, mais je ne suis pas certain de pouvoir l’appliquer moi-même dans ma vie quotidienne.

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J’ai découvert les éditions Oneiroi grâce à leurs excellentes anthologies de nouvelles steampunk que j’avais dévorées il y a quelques mois. Quand j’avais entendu parler du dernier roman publié dans leur catalogue, j’avais été intrigué. Pas de steampunk cette fois-ci, mais de la fantasy dans une ambiance de western : suffisamment original pour attirer mon intérêt et me laisser tenter.

Je ne le regrette pas, car je viens de passer plusieurs jours de lecture plaisante et enivrante. Dès les premiers pages, nous sommes plongés dans un décor et à la fois original et connu. Le mélange de fantasy et de western fonctionne parfaitement : on retrouve des stéréotypes des westerns, mais avec un décalage qui produit son effet. L’univers imaginé par l’auteur tient parfaitement la route et il parvient à le mettre en scène dans un récit haletant qui nous permet de l’explorer avec ses personnages.

Les personnages, parlons-en justement. Ils sont nombreux, certains sont sympathiques, d’autres moins, mais tous sont attachants ou en tout cas plaisants à suivre. Contrairement à certains romans choraux, je n’ai pas eu la tentation de lire très vite certains chapitres consacrés à des personnages moins intéressants pour retrouver ceux qui me plaisent le plus : ici, j’ai pris plaisir à retrouver des personnages et des lignes narratives différents à chaque nouveau chapitre.

Le récit, rythmé et captivant, tourne principalement autour de la guerre menée par l’une des neuf baronnies du continent pour assujettir les huit autres. Le roman permet de montrer les dégâts produits par la guerre, tout évoquant le thème du racisme et de l’esclavage à travers le sort des Tallaïms, des adeptes du chamanisme traités comme des sauvages par les conquérants venus d’outre-mer.

Arnaud Cazelles propose ici un excellent roman qui mêle habilement fantasy et western. Il joue parfaitement sur les deux tableaux, avec un univers crédible auquel il donne vie avec beaucoup de talent. La galerie de personnages qu’il met en scène est passionnante, tout comme les aventures qu’ils vivent à travers sa plume. Le seul bémol, c’est que le récit n’est pas tout à fait bouclé à la fin du dernier chapitre. Si certains événements trouvent leur conclusion, d’autres appellent une suite. J’espère que ce premier volume trouvera son lectorat et sera bientôt suivi d’un deuxième pour retrouver les personnages dans ce décor mémorable.

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Technologies partout, démocratie nulle part est un livre co-écrit par Yaël Benayoun et Irénée Régnauld, les fondateurs du Mouton numérique, une association qui “met en lumière les enjeux sociaux, politiques et environnementaux du numérique et des nouvelles technologies”, telle qu'elle est présentée en quatrième de couverture. Ce sont ces enjeux qui sont l'objet de ce livre.

Les deux auteurs partent d'un constat : la technologie et le numérique ont envahi nos vies, mais cela n'a donné lieu et ne donne lieu à aucun débat véritablement démocratique pour valider collectivement les choix qui sont faits. Le livre analyse les ressorts de cette numérisation à marche forcée.

Le propos des deux auteurs s'articule autour de 7 chapitres pour autant de thématiques :

  1. L'irréristible idélogie du progrès
  2. L'âge des technoluttes
  3. L'insuffisance réponse éthique
  4. La démocratie à l'épreuve de la smart et de la safe-city
  5. Le progrès technique à marche forcée dans l'entreprise
  6. Reprendre en main notre avenir technologique
  7. Cinq inspirations pour changer le progrès

Le propos du livre est limpide, sourcé, documenté, et illustré par des exemples choquants (quand ils montrent les dérives) ou inspirants (quand il s'agit de présenter des initiatives alternatives).

Malgré le ton résolument positif et la présence des deux derniers chapitres qui tentent de montrer que l'on peut encore changer les choses, y compris avec des exemples concrets, je n'ai pas pu m'empêcher de me sentir assez pessimiste à la fin de ma lecture, tant le mur à franchir me parait haut et épais.

Quoi qu'il en soit, ce livre constitue une excellente synthèse sur le sujet et un appel vibrant à la mobilisation individuelle et collective.

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