5 phrases de passe
mon sommeil outrAge les !1001? nuits
le 100tier des souvenir$ est trop &3 pour ma mémoire
7 bONnes raisONs de prendre la F8 vers l'horizON
mais quel est le chemin @ prendre % aller + loin ?
espiègle cerise acerbe traverse verbe attendu
ouvrir les mots perforer leur blindage
au chalumeau au laser à la scie circulaire
arracher à leur noyau radioactif
un immense essaim de sens bourdonnants
rien à choisir rien à trier
tout jeter à poignées vers le monde
pas si simple
pas si simple le passé simple
pour raconter sans se rater
ce qui fut mais a fui
ce qui s'est accompli
sans qu'on ait bien compris
le passé passager
on s'en souvient pas souvent
ce que la vie voila
le voici perdu
mais le passé pas sage
qui nous donna l'élan
nourrit encore en nous
le cœur de vivre un peu
un matin d'été
simple jupe et cœur léger
d'un bond s'envoler
un saut de l'ange
par-dessus les soucis
au passé un pied-de-nez
embrasser la journée
et d'un regard confiant
ouvrir d'autres demains
un lambeau clair flotte
et demeure incertain
s'enfoncer dans la nuit ou bien
au soleil rasant
s'abandonner bientôt
le petit matin hésite
moi aussi

de l'arc tendu du coude
elle décoche une flèche d'ombre
qui trace dans le noir
une fragile lumière
autour de son corps
Photo par Gilles Le Corre – By courtesy © Gilles Le Corre & ADAGP 2021
#photo #poésie

tentation du matin
enjamber d'un bond les frondaisons
franchir l'espace
et plonger lentement
au creux le plus doux de la brume accueillante
effacer les limites
d'une vie en pointillés
et se dissoudre dans une nappe d'oubli
Photo par Gilles Le Corre – “A foggy saturday morning from the window of the library” – 2021 September 4th – By courtesy © Gilles Le Corre & ADAGP 2021
j'entends
j'entends la rivière hésitante
le sursaut nerveux de la petite cascade
et le remous qui revient vers l'amont
j'entends le chemin terreux
aux ornières creusées de pneus de tracteurs
j'entends la maigre clairière
aux arbres abattus racines vers le ciel
et les nouveaux buissons vifs qui profitent de l'espace
j'entends le puissant souffle du vent
la colère de l'orage qui vient
sur les branches tourmentées
j'entends le combat la ruade et le naufrage
le sourire la nuit blême
la lumière le chagrin
le sommeil dépecé
le matin nu et froid
lancées par le soleil
dans le sombre torrent d'herbe verte
les fleurs flèches enflammées
j'envie leur grâce insoucieuse
et l'audace de leur lumière
je voudrais comme elles
plantées droit sur la nuit confuse
des tiges trompeuses
oser poser la lueur qui dissipe un instant
les ombres mauvaises qui voilent nos cœurs
Photo par Gilles Le Corre “By the forests in the mountains surrounding the village”
By courtesy © Gilles Le Corre & ADAGP 2021
#Photo #poésie
de nos corps dévastés
où ne demeure pas un gramme de nos chairs
nous avons fait peau neuve
nous nous dressons nus et fiers face au monde
nous lançons nos bras aigus comme autant de missiles
nous jetons nos cris là-haut vers la nuit
nous hurlons au ciel jusqu'à quitter la terre
face à nous la foudre même reste impuissante
car nous sommes la rage et la vengeance
la colère infinie des damnés de la vie
Photo par Gilles Le Corre “By the mountains surrounding the village”
By courtesy © Gilles Le Corre & ADAGP 2021
#poésie #photo #noussommes