paroles échangées et mots ralentissent leurs sons disparaissent
puis les pensées s'effacent aussi dans la nuit souveraine
esquisse de danse mouvements mesurés
à pas légers on peut entrer dans le sommeil
paroles échangées et mots ralentissent leurs sons disparaissent
puis les pensées s'effacent aussi dans la nuit souveraine
esquisse de danse mouvements mesurés
à pas légers on peut entrer dans le sommeil
à quoi s'attendre aujourd'hui tendredi ? ce soir s'étendre et attendre demain ce tendre demain espoir si longtemps caressé
ces jours et ces nuits où le désir n'a jamais cessé dans un cœur délaissé retrouveront deux mains en étreintes et baisers
folie furieuse de l'élan si longtemps retenu
demain retrouver le gué caché secret de l'amour jamais perdu

venue des collines accablées une pluie amère descend sur le village et peut-être sa maigre rivière
les maisons sont des spectres qui tiennent les arbres en respect
on entend parfois un chien et le chant de la débroussailleuse
dans le soir apaisé s'égouttera bientôt la nuit profonde nuit qui efface les traces en plein cœur d'un sommeil sans écueils
Photo par Gilles Le Corre « The neighbouring hamlet on its hillock » 2021-June D300S-0225BW By courtesy © Gilles Le Corre & ADAGP 2021
Que la langue
qui s’ankylose
maintenant ose
l’inouï l’infect
l’inavouable
et l’incongru
pas le sucrose mais la surprise
de courant
nu vif pointu
qui court-circuite
en paroles crues
les discours curare
Que viennent les flux sans fusibles !
Laisser râler sa colère
ajouter des plaintes aux pierres
et changer sa méduse en gelée
tremblante et morte
dans la flaque
Hoquets haut-le-cœur
vomir sa douleur et sa rage
sur tous les soleils trompeurs
et courir vers le soir
la pluie me plaît le vent me va et n’ai pas peur que le tonnerre me gronde viennent les nuits fracassées dans le noir déchiré de grands traits de lumière que les torrents débordés à gros bouillons écumeux emportent loin les branches des arbres qui s’ennuient vers la fin du dimanche et le morne lundi
tranquille dans le fracas de l'orage La ligne des collines hausse les épaules
les arbres ne se mettent pas en travers de notre chemin leurs troncs au contraire s'élancent pour nous guider vers le ciel
photo par Guillemette Silvand