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J'ai quitté Twitter à cause de Musk et des communautés tech

đŸ‡«đŸ‡· – jeudi 27 juillet 2023

Mots clés : #Twitter, #tech, #dev, #Musk, #communautés

Mardi 25 juillet 2023, j'ai décidé de laisser tomber Twitter, et finalement on s'en fout. Mais je trouve que c'est pertinent d'expliquer pourquoi, et je n'ai plus envie de me répéter car au delà des lubies idiotes d'Elon Musk il y a aussi une autre variable à prendre en compte : les communautés.

Musk, ou le saccage accéléré de l'outil

Elon Musk, de mon modeste point de vue, a flinguĂ© Twitter, mĂȘme s'il n'a pas eu l'exclusivitĂ© de le faire. Depuis un moment la publicitĂ© occupait une place non nĂ©gligeable, tout comme les trolls ou les comptes de robots. Mais en soit, on y Ă©tait dĂ©jĂ  habituĂ©, ici ou ailleurs. En quelques mois, ce libertarien d'extrĂȘme droite nĂ©o-fachiste de Musk aura pourri Twitter aprĂšs le running gag de l'achat de la plateforme.

DĂ©jĂ , les clients tiers ont Ă©tĂ© chassĂ©s sans sommation. Et c'est dommage. Dommageable car on avait grĂące Ă  ces apps open source une diversitĂ© d'usage, de UI et de UX permettant de profiter de Twitter mais diffĂ©remment. À l'Ă©poque j'aimais bien Tweetline et Twidere. Chasser ces apps est un coup dur pour les dĂ©veloppeurs et les utilisateurs, et permet d'imposer l'app officielle gavĂ©e de traceurs, de permissions Ă  demander et de publicitĂ© (comme le montre ce rapport de Δxodus).

Ensuite les API ont été partiellement fermées ou sont devenues payantes, avec des tarifs exorbitants. Des services intéressants se sont donc retrouvés obligés de fermer boutique car financiÚrement ils n'étaient plus viables.

L'autre coup de massue fut la refonte des comptes certifiĂ©s. DorĂ©navant, il suffit de remplir quelques rĂšgles et de payer, alors qu'avant un simulacre d'enquĂȘte Ă©tait fait et des Ă©lĂ©ments attestant de la notoriĂ©tĂ© de l’utilisateur devaient ĂȘtre fournis. Sauf qu'avoir le badge bleu est indĂ©cent : leurs tweets sont mis en avant (sans critĂšre de qualitĂ© quelconque) et la limite des 250 caractĂšres saute, faisant qu'un compte “badge bleu” pouvait bien plus s'exprimer sur le rĂ©seau, et de façon totalement inĂ©quitable par rapport aux autres usagers.

On pourrait s'arrĂȘter lĂ , mais non. Musk veut doper le court du memecoin Dogecoin car il en possĂ©derait une grande quantitĂ© ? Il crĂ©Ă© de la hype autours et change le logo de la plateforme. Niveau de maturitĂ© ? ZĂ©ro.

Lorsque l'algorithme de recommandation a Ă©tĂ© rendu open source (soyons sĂ©rieux, par soucis de transparence totalement intĂ©ressĂ© plus que rĂ©elle motivation Ă  rejoindre ce mouvement), surprise (ou non) : les comptes certifiĂ©s sont mis en avant, et les tweets de Musk aussi. Quand on sait que le premier Ă©cran que l'on voit sur les apps Android et iOS est l'Ă©cran de contenu “recommandĂ©â€, ça en dit long : Ă©coutez l'appel de l'argent et de Saint Elon, et ensuite allez voir ce qui vous plait.

Des comptes sont menacĂ©s de voir leurs pseudos rĂ©attribuĂ©s, des mĂ©dias qui refusaient le racket de Musk ont vu disparaitre leur badge, et la censure est mise en place. Mais pas une censure “juste”, non.
Les rĂ©fĂ©rences Ă  Mastodon Ă©taient interdites entrainant des blocages, il en serait de mĂȘme pour Bluesky. Quand Ă  tout ce qui touche de prĂšs ou de loin Ă  l'univers LGBTQIA+, mĂȘme des termes naĂŻfs comme “cisgenre”, les rĂ©actions arrivent. Par contre des États voyous, eux, pouvaient demander de censurer du contenu important, sans problĂšme. Musk prĂŽnait la libertĂ© d'expression Ă  l'amĂ©ricaine, le business et les idĂ©ologies personnelles priment.

On aurait pu s'arrĂȘter lĂ , mais c'est sans compter sur la pingrerie de Musk qui refusait de payer ses factures chez GCP. RĂ©sultat ? Un rate limit trĂšs faible (surtout quand on n'a pas payĂ© pour le badge bleu), et une app qui se sabote elle-mĂȘme : les limites Ă©tant basses, quelques scrolls et c'Ă©tait fini. Remarque c'Ă©tait rigolo de polluer les fils de chacun avec des tweets inutiles. Le pire dans tout ça, c'est que Musk n’assumait pas, ou plutĂŽt arguait que c'Ă©tait normal et qu'il fallait ça pour aller prendre l'air dehors. Un imbĂ©cile.

Et pendant ce temps, les comptes suspendus reviennent (comme celui de Trump), et les robots qui spamment et inondent d'arnaques prolifĂšrent plus que jamais. LĂ  oĂč on pouvait avant voir sans connexion un profil Twitter, maintenant il faut se connecter au service. On pourrait parler aussi des Ă©quipes qui ont Ă©tĂ© virĂ©es par Musk, ou du fait qu'il a dĂ©cidĂ© de rebaptiser Twitter en X. Maintenant on aura “x.com” au lieu de “twitter.com”. Donc en plus de ruiner le produit, il ruine l'identitĂ© sans mĂȘme se rendre compte qu'il risque d'ĂȘtre davantage censurĂ© par des proxys. Pourquoi pas pr0n.com tant qu'Ă  faire ?

Bref, sur le cÎté produit, Musk a saccagé une bonne partie, rendant plus difficile l'accÚs à de l'information potable. Musk est imprévisible, gamin, mégalomane et dangereux. Et en plus de ça chipe les pseudonymes des autres car il le veut et il le peut.

La toxicité des communautés et des influenceurs tech

Mais ce n'est pas tout, car il y a aussi Ă  prendre en compte les ✹communautĂ©s✹. Et suite aux derniers problĂšmes / dramas / polĂ©miques / coups d'Ă©clat d'imbĂ©ciles, j'ose partager et relayer un constat qui en dĂ©range plus d'un : la communautĂ© tech / dĂ©v est une pĂ©tasse đŸ€Ș, ravagĂ©e par des dindons 🩃 de la tech et des paons 🩚 du web. Oui, comme certains l'affirmaient avant de recevoir une volĂ©e de bois vert, cette communautĂ© est consanguine et toxique (Ă©videment il y a des membres qui sortent positivement du lot, heureusement).

En quelques mois, on a enchainĂ© merde sur merde, et Ă  chaque esclandre, tout partait en vrille et prenait des proportions Ă©normes. Pourquoi ? Parce qu'une partie de ces gens sont gonflĂ©s Ă  l'Ă©go. Leur orgueil est consacrĂ©. Leur vanitĂ© est un privilĂšge. Certain sont cons comme des balais et laisseront faire leurs chiens de la casse s'acharner sur des personnes. Tout le monde n'est pas comme ça ; et mĂȘme si j'ai pu me prendre le tĂȘte avec certains, avec mon style au napalm, on finissait toujours par discuter en off aprĂšs, et ça restait adulte et courtois. On peut ne pas ĂȘtre d'accord, mais on se respecte, et on prendra une mousse un jour.

Sauf qu'en 2023, et depuis des annĂ©es, ĂȘtre adulte ça ne fait pas de reach. Il faut entretenir le fame. Et si par des pics assassins on peut ratio un compte, c'est encore mieux. Et quand on ne veut pas laisser de chance Ă  une personne de s'expliquer, ou autrement dit si on veut entretenir le harcĂšlement, on quote tweet ou on fait une capture d'Ă©cran des messages. C'est malsain, puĂ©ril, toxique et au raz des pĂąquerettes. Sauf que ces façons de faire ne sont pas appliquĂ©es par tout le monde : elles sont appliquĂ©es par des gros comptes qui justifient leur rĂ©alitĂ© et leur vĂ©ritĂ© par le nombre de followers qu'ils ont. Et tous les moutons de Panurge exĂ©crables les suivent joyeusement en disant amen. Et c'est leur fond de commerce Ă  ces idiots. Faire un thread avec plein de hot takes, de fausses vĂ©ritĂ©s et de raccourcis grossiers passe trĂšs bien vu que la communautĂ© derriĂšre va liker, retweeter et mettre en avant gratuitement. Et si on a le malheur de dĂ©monter un Ă  un des arguments, on se fait insulter et bloquer. En soi, que l'on raconte sa routine matinale en commençant par des priĂšres, qu'on compare des pays sur le dĂ©veloppement de features bidons (aprĂšs avoir allumĂ© des dĂ©veloppeurs dĂ©butants), que l'on raconte sa vie de junior (en ventant des tutos bĂąclĂ©s et surfaits sur Git), qu'on fasse des vidĂ©os survolĂ©es et imprĂ©cises avec Jammy ou qu'on cherche Ă  vendre des formations alors que ça fait 2 ans qu'on est sur le terrain, d'accord. C'est un choix, un droit, j'accroche pas, ce n'est pas ma came, mais pourquoi pas, ça plaira Ă  des gens j'imagine. Mais quand j'explique Ă  quelqu'un point par point que chacun de ces tweets est faux, grossier ou inexact (surtout quand c'est Ă©vident), j'apprĂ©cie qu'on dise merci plutĂŽt que de me faire insulter et bloquer. Des paons.

Sauf qu'Ă  cĂŽtĂ© de ça, on assiste encore et toujours Ă  des guerres de factions : un groupe VS un autre. Des fortes tĂȘtes VS d'autres. Des groupes fermĂ©s quasi sectaires avec des relents patriarcaux et condescendants VS des gens qui font le job et osent ouvrir leur gueule en public pour des causes justes. Des clichĂ©s sur pattes hypocrites, faux et mielleux VS des gens plus humbles et qui essayent de faire bouger les choses. Du gate-keeping VS des personnes authentiques. Des conservateurs VS des wokistes. Des dev influenceurs avocado seniors VS des gens qui semblent ĂȘtre les seuls sur le terrain. Des personnes qui passent leur vie sur Twitch, Discord, Instagram et Twitter VS des dĂ©veloppeurs... qui codent, eux. Avec ce niveau, on pourrait croire que la mĂ©diocritĂ© est devenue tendance, et que le nivellement par le bas est une norme.

Bref, Twitter n'est plus fiable pour aller chercher de l'info devenue difficile à traiter. Twitter n'est déjà plus fiable et stable en tant que logiciel. Et la qualité du contenu est reléguée trÚs loin pour favoriser ce qui va faire de l'audience. Peu surprenant.

Twitter comme d'autres réseaux sociaux est devenu la caricature du Web 2.0 : un poulailler, une basse-cours et une fosse à purin.

Je n'adhÚre plus, donc vais me recentrer sur Mastodon. Et pour celles et ceux qui veulent papoter, il y a Telegram et Keybase. Et je m'en tiens à mes sujets favoris clairement affichés pour ne pas polluer les fils des autres. Désolé les copains si je vous ai déçu, choqué ou surpris, mais je préfÚre laisser tomber et papoter avec vous IRL ou en privé, que ça reste sympa.

J'aurais tenu longtemps pour attendre que mes comptes préférés arrivent dans le fediverse, maintenant tanpis. Quelle tristesse.

Ciao Twitter, c'était sympa pendant presque 10 ans. Ton boss t'a coulé, les communautés t'ont achevé.

— DerniĂšre mise Ă  jour : mardi 8 aoĂ»t 2023 —

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A story of people, tech watch and koalas

đŸ‡ș🇾 – Tuesday June, 11th 2019

Keywords: #tech, #readings, #news, #learnings, #watch

Did you meet this moment where you were looking for a blog post you read about a topic but can’t find the hyperlink pointing to it? Did you ever ear about a new killer framework for your project but during a meeting were not able to get back its name? I did. From my point of view, developers should make technical watch (tech watch), share and save things they found, to avoid such situations. Let me explain why.

🌍 1 — Make tech watch to DISCOVER

People who have technical or creative positions (developers, architects, whatever you want) and also I think non-tech / non-creative people (project manager, team manager, etc.) should care about watch so as to discover things.

We are human (I hope) and by definition are curious: read articles or listen podcasts enables us to be more open-minded and to get rid of prism we have on some themas. By always crawling the same blogs we might be more narrow-minded or see problems and topics only with the same single point of view and horse blinders. For example “why should I parse, as a developer, an RSS stream about ecology? My job is not related to this theme because I work on backends, not with koalas, no need!” That’s a first way to react. However if I spend some time to consume ecology-related contents, I may get a new point of view about some subjects I know. “Koalas may die because of the global warming due to too much greenhouse gases made by the coal-powered plants built to feed our datacenter using my not-enough-optimized backend. Oh crap, how should I make my code greener?”

Discover new things is cool. Read content from unusual providers to remain curious is cooler. Look for RSS feeder, tech-related or not web sites, or blogs of people outside your scope. You may find interesting things you can directly or not use afterwards. A good exercise is to talk to colleagues with a job far-away from yours.

Some examples of websites about laws, regulations, hardware, games, scientific subjects: Ars Technica, NextInpact, Numerama or The Verge. You can also go to events like Pas sage en Seine and listen podcasts like these in Artisan DĂ©veloppeur.

🎓 2 — Make take watch to LEARN

Tech watch is not hopefully a story of RSS streams, publications or other things to crawl with a cup of coffee. Tech watch is also about practicing.

We have the chance with the job of developer to have a massive bunch of communities all around the world. These groups e.g. like Android User Groups, Google Developers Groups, Java User Groups, and communities built about frameworks or programming languages provide a lot of meetups, keynotes, codelabs, or coding dojo. Going to one of these events allows you to try new tools you might use, and also meet people. By gathering people around a topic for a noon or an afterwork, these communities make the ecosystem more dynamic and living. They can also set up big events attending hundreds or thousands of men and women who want to discover new subjects with keynotes, or satisfy their curiosity with noon’s quickies, or try a new framework during workshops.

Making tech watch by talking to people and practicing with colleagues is a good opportunity to be aware of the power or the efficiency of this or that tool. Companies who do not let their collaborators go to these kinds of events, or who do not set up internally such events, are blinded and out of the game. And they might kill koalas for sure. By acting like this they refuse to make their workers more skilled or efficient. Ask to your chief if you may find a slot in the agenda to make a workshop. If the answer starts by “useless”, “waste of money, not profitable”, “not enough time” or “it’s not your job”, it may be the time to go somewhere else. Sometime you can see those kinds of companies complaining about the lack of talents or workforce. Hey, software / doers / makers culture or not?

Have a look on DevFests (powered by Google without chains or gags) or Devoxx for example. You should also keep an eye on Code d’Armor (no koalas but incredible seagulls), Codeurs en Seine, DevFest du Bout du Monde, DevFest Nantes, FOSDEM or Libre en FĂȘte en TrĂ©gor
 Yup I make my own advertisement, but it’s my blog ;–) Communities may use social networks like Twitter and also Meetup to register their events. You can find here a Google Developers Group near you! You can also keep an eye on worldwide events like Apple WWDC, Google I/O or Microsoft Build.

🚹 3 — Make tech watch to GUARD

The last reason you should really make tech watch, and this argument should make your chief interested, is guarding. Guarding? Yep, guarding. Guarding from all crappy things which may come to burn your company, eat koalas or waste so much money. To my point of view developers are in the frontline of the tech ecosystem.

Thus if a critical flaw appears on, randomly, almost 100% of the sold CPU in the world, developers may be able to understand the huge quantity of problems which will fall. Other example, if a web giant is angry with another giant and removes its certificats from the store due to a misuse of user agreement, developers may be the most aware people and can warn their colleagues and chiefs about this problem which can be spread to all users. A last example, if a flaw has been found and perhaps with exploits on a library or a tool all projects of the company use, developers should be ready to evaluate the risk, to apply the patches and to warn. So let them enough time to read, check and react! These examples above are not invented, they were true facts (from Ars Technica, The Verge, and Tech Crunch). Thus if your chiefs do not understand the gain to make tech watch, talk to them including money. And with koalas.

Worried about to miss something? Have a look on CERT-FR, CVE, Google Project Zero or US-CERT.

đŸ“€ 4 — But how to deal with such amount of data?

Good question and I do not know the perfect solution. Bookmarks of your web browser are cool, but with too much references it will be a pain. Some tools like Pocket can be efficient but never tried with a large amount of documents. Using social networks to share content is a good idea, but choose the good tool. Some companies used places within Google+ to share data
 woops, Google+ closed. Sharing a spreadsheet? Ok but too much 90'.

Personally on my week-ends I implemented my own solution. A spreadsheet with its sheets exported to CSV, then parsed to HTML and JSON contents feeding my PWA with a Ruby web service. And a terminal so as to deal with the logic of my program without using a GUI. I had a lot of time to kill and it worked. Why not uploading the project on a server? Good idea.

As a developer you should make tech watch. It is the only thing you should remember here. You have to do it. Your boss must provide you resources to make it. But a good tech watch is not done behind your own desk. You should share things you found with your colleagues. Go to meetups, attend to events, talk with people outside your scope. By essence we work on a fucking living world where each day new tools to discover and new rules to learn appear.

So think ahead, discover, learn and guard. And save koalas ʕ â€ąáŽ„â€ąÊ”

— Last update: Tuesday, June, 11th 2019 Previously on Medium and paper.wf —

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Et si on parlait de l’hypocrisie vis à vis des GAFAM et du libre ?

đŸ‡«đŸ‡· – jeudi 16 aoĂ»t 2018

Mots clés : #GAFAM, #libre, #opensource, #FLOSS, #tech

Cet article est Ă  considĂ©rer comme un billet d’humeur, et Ă  ce titre les opinions exprimĂ©es ici ne sont que les miennes. Mais je trouve pertinent de prĂ©ciser pour la suite plusieurs choses. Tout d’abord, oui je me considĂšre comme libriste, et partisan de l’open source. Oui, la vie privĂ©e, le partage et l’ouverture sont des sujets qui me prĂ©occupent. Oui, je suis aussi cette annĂ©e prĂ©sident d’un Google Developers Group (GDG). Si vous faites un blocage lĂ -dessus me considĂ©rant comme un dĂ©vot, inutile de continuer Ă  lire vous risqueriez d’avoir un avis nuancĂ© :) Sinon sachez qu’ĂȘtre dans un GDG n’engage Ă  rien, n’impose rien, ne contraint rien, et ne permet que d’avoir accĂšs Ă  beaucoup de contenus, et dans le cadre d’une p’tite association de dĂ©veloppeurs de Lannion comme Code d’Armor, ce n’est pas nĂ©gligeable. Ce billet d’humeur fait suite Ă  ces vagues d’hypocrisie institutionnalisĂ©es et un brin dĂ©magos qui concernent aussi bien les gĂ©ants du web que les solutions alternatives


\( ‱_‱)_† Vade retro GAFAM

Ne nous voilons pas la face, il y a des bons et des mauvais cĂŽtĂ©s chez les gĂ©ants du web, et c’est un fait. Dit autrement, les avis butĂ©s et non nuancĂ©s hurlant au “diable Google” et au “cancer Facebook” sont assez risibles et tristes. Bim, c’est dit.

Que leur devons-nous, Ă  ces grosses entreprises AmĂ©ricaines ? Beaucoup de choses, mais pas tout non plus. Prenons l’exemple d’Apple. Ce membre de GAFAM propose des produits onĂ©reux, mais gĂ©nĂ©ralement efficaces, et faisant partie d’un Ă©cosystĂšme riche et cohĂ©rent pour l’utilisateur. Qui a dĂ©mocratisĂ© (sans inventer) les tablettes numĂ©riques proposant (enfin !) des bons produits ? Apple. Qui Ă©vite de tomber dans la facilitĂ© en limitant son catalogue de smartphones pour ne pas avoir Ă  proposer des appareils bas de gamme bons au rebus au bout de 2 ans ? Apple (pas seulement). Qui met en avant la protection de la vie privĂ©e de ses utilisateurs quitte Ă  avoir des dĂ©boires avec le gouvernement AmĂ©ricain ? Vous avez compris. Il y a certes une prison dorĂ©e et verrouillĂ©e pour les usagers, saupoudrĂ©e d’un peu de marketing bullshit, mais la marque de Cupertino a su rĂ©pondre efficacement Ă  des besoins. Passons du cĂŽtĂ© G des GAFAM. Sans chercher pour autant Ă  faire un catalogue des services de Google/Alphabet, il y a des Ă©lĂ©ments qui se dĂ©marquent dont des projets de X. Le projet Loon pour dĂ©livrer un accĂšs Ă  l’Internet dans des endroits reculĂ©s, le projet Wing pour d’autres modes de transport ou le projet AI, sobrement baptisĂ© pour l’intelligence artificielle. Alors oui, il ne s’agit pas ici de pure philanthropie. Google et Alphabet restent des entreprises, et les revenus de la firme de Moutain View sont essentiellement publicitaires. Mais il y a des efforts pour creuser diffĂ©rents sujets et faire avancer les dĂ©bats sur des thĂšmes qui finiront tĂŽt ou tard par s’imposer.

Je ne vais pas m’amuser Ă  faire une liste des contributions de tous ces gĂ©ants, ni de leurs dĂ©rives vis Ă  vis des donnĂ©es, de la vie privĂ©e ou de la coopĂ©ration avec des États, mais voici quelques Ă©lĂ©ments posĂ©s en vrac qui me font me poser la question suivante : Si nous devons bannir ces entreprises de nos vies, serions-nous prĂȘt Ă  jeter ces produits, ou ceux sur lesquels ils sont basĂ©s, ou encore les outils auxquels des contributions ont Ă©tĂ© apportĂ©es ? Je cite en vrac entre autres les librairies et frameworks Flutter, Angular, Polymer et React, le systĂšme d’exploitation Android, le navigateur Chromium, les langages informatiques GraphQL, Dart, Go et TypeScript, l’outil Kubernetes, TensorFlow et PyTorch pour l’intelligence artificielle, l’Open Handset Alliance, et Google Project Zero pour la sĂ©curitĂ© informatique.

On peut ainsi constater deux choses : nous devons beaucoup d’outils et de produits Ă  ces sociĂ©tĂ©s, certains vraiment formidables d’ailleurs, mais justement, ne nous leur en devons pas trop ? La question reste ouverte.

(╯°□°)╯ Serment d’hypocrite

La raison qui me fait Ă©crire ce billet, est de voir l’augmentation de cas de comportements schizophrĂšnes, ou de syndromes de Stockholm, vis Ă  vis des GAFAM. Comment peut-on rester stoĂŻque quand des Ă©lus torpillant les GAFAM vis Ă  vis de leur ingĂ©rence dans la vie privĂ©e et la collecte de donnĂ©es laissent leurs Ă©coles ou ateliers numĂ©riques s’installer sur le territoire ? Comment ne peut-on pas ĂȘtre affligĂ© quand on voit des personnalitĂ©s politiques scandalisĂ©es par le monopole de ces gĂ©ants, quand on leur laisse des villes, l’Éducation Nationale et le MinistĂšre des ArmĂ©es ? Comment peut-on Ă  la fois critiquer l’omniprĂ©sence des entreprises AmĂ©ricaines dans nos vies quotidiennes, sans pour autant Ă©duquer les citoyens au numĂ©rique et favoriser les solutions alternatives ? Car oui, il y en a ! En cherchant un peu, on peut voir que dans une multitude de situations, des solutions non intrusives, respectueuses et vertueuses existent, et rendent dispensable l’utilisation des produits de GAFAM.

Nombreuses sont les critiques vis Ă  vis de l’hĂ©gĂ©monie d’Android dans le monde des appareils mobiles. Si sa prĂ©sence (indirectement celle de Google) gĂšne autant, quand arriveront les soutiens officiels et concrets Ă  des projets comme eelo ou LineageOS ? Lorsque des villes ont besoin de services en ligne Ă  des fins de gain de productivitĂ© ou de partage, pourquoi ne voit-on pas ou peu de communication sur des solutions comme celles proposĂ©es par Cozy Cloud ou Framasoft ? Quand des personnalitĂ©s politiques tirent sur WhatsApp et Telegram, applications n’ayant pas leur confiance, pourquoi voit-on des travaux sur une app française de messagerie sĂ©curisĂ©e alors que d’autres existent comme Signal ? Devrions-nous nous attendre Ă  des fiascos comme Louvois et SAIP ?

(ლâ•č◡â•čლ ) La route est longue...

Il ne faut cependant pas voir le verre Ă  moitiĂ© vide. Des progrĂšs peuvent ĂȘtre citĂ©s, notamment avec GendBuntu dans la Gendarmerie (systĂšme d’exploitation basĂ© sur Ubuntu) (chacun sa paroisse hein), ou encore la montĂ©e en puissance de Qwant. Des associations et partis continuent de taper du poing sur la table et de dĂ©battre, comme l’April, la Quadrature du Net ou le Parti Pirate. Des projets ont mĂȘme donnĂ© des fruits pas dĂ©gueus comme CHATONS, et DĂ©googlisons Internet.

Le problĂšme est que, au jour d’aujourd’hui, les projets et entitĂ©s qui se soucient de la vie privĂ©e, du numĂ©rique, de la dĂ©centralisation et du partage sont gĂ©nĂ©ralement catĂ©gorisĂ©s dans un coin comme une sorte de militantisme paranoĂŻaque Ă  voir le mal partout, un peu comme ce tonton rĂ©ac’ qu’on invite aux repas de famille mais qu’on Ă©vite de trop laisser parler. Mais ne serait-il pas tant d’essayer ou de promouvoir de nouveaux modĂšles ?

Prenons par exemple la plateforme Patreon. Si des artistes arrivent Ă  ĂȘtre financĂ©s via cette plateforme, pourquoi pas des membres de projets libre et open source ? En France, le mouvement (relativement louable) de la #StartupNation s’installe pour favoriser la crĂ©ation d’entreprises. Et si on avait un mouvement similaire type #FreeNation ? Le nom claque un peu quand mĂȘme. DerniĂšre idĂ©e, les cryptomonnaies. En supposant que l’on place les efforts et dĂ©bats ailleurs que sur la spĂ©culation, la rĂ©gulation ou l’interdiction des cryptomonnaies et des ICO, ne pourrait-on pas par exemple imaginer des tokens permettant de financer des entitĂ©s dĂ©vouĂ©es Ă  l’open source ? Quitte Ă  ĂȘtre disruptif avec ces monnaies alternatives, pourquoi pas l’ĂȘtre Ă  fond et repenser la rĂ©munĂ©ration ?

M’enfin bon. A force de rĂ©flexions de ce genre, et puisque tous ces Ă©lĂ©ments sont gĂ©nĂ©ralement inconnus du public, et que les discours concernant les GAFAM sont systĂ©matiquement binairisĂ©s pro/anti, je me demande s’il n’y a pas finalement un refus de la classe politique et d’une partie de la population de se poser des questions, de soutenir des solutions meilleures pour tous, et de remettre en cause ses habitudes. Personnellement je me dis qu’un jour le message finira par passer. Pas Ă  grands coups d’articles putaclicks, mais plutĂŽt Ă  force d’éditions de Libre en FĂȘte comme Ă  Lannion ou de CafĂ©s Vie PrivĂ©e, ça finirait peut-ĂȘtre par changer
 mais les prises de conscience tardent.

Je terminerai par une belle phrase de Framasoft qui résume tout ça : La route est longue mais la voie est libre...

Entre temps, faütes un tour sur la page du projet Contributopia ;–)

— DerniĂšre mise Ă  jour : mercredi 9 fĂ©vrier 2022 PrĂ©cĂ©demment sur Medium et paper.wf —

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