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    <title>100daysToOffload &amp;mdash; selmakovich</title>
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    <description>je ne travaille plus et écris le reste du temps</description>
    <pubDate>Sun, 16 Aug 2026 18:47:56 +0000</pubDate>
    <item>
      <title>un hôtel et des heures</title>
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      <description>&lt;![CDATA[Je ne voudrais pas compter les heures. Idéalement elles s&#39;enchaîneraient dans un ordre aléatoire, dans des antitheses sympathiques. Dans un livre pour enfant, un hôtel où chaque chambre représente une heure. Une grande horloge commande ces fuseaux fixe, où dans la 117 il est toujours 9h14. Quelle heure choisissent les insomniaques ? Ceux qui de toutes façons ne fermeront pas l&#39;œil, ou alors par fragments brusques, éclats de plénitude vite retirés. Quelle heure choisissent les romantiques ? Un coucher de soleil qui ne tombe jamais, une frustration éternelle d&#39;une couleur inchangée. Quelle heure pour ma peine ? Celle qui s&#39;étale le long des cartes et du temps, est-ce que je pourrai enfin l&#39;absoudre parmi les aiguilles ? &#xA;&#xA;poetry&#xA;poesie&#xA;100daystooffload]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>Je ne voudrais pas compter les heures. Idéalement elles s&#39;enchaîneraient dans un ordre aléatoire, dans des antitheses sympathiques. Dans un livre pour enfant, un hôtel où chaque chambre représente une heure. Une grande horloge commande ces fuseaux fixe, où dans la 117 il est toujours 9h14. Quelle heure choisissent les insomniaques ? Ceux qui de toutes façons ne fermeront pas l&#39;œil, ou alors par fragments brusques, éclats de plénitude vite retirés. Quelle heure choisissent les romantiques ? Un coucher de soleil qui ne tombe jamais, une frustration éternelle d&#39;une couleur inchangée. Quelle heure pour ma peine ? Celle qui s&#39;étale le long des cartes et du temps, est-ce que je pourrai enfin l&#39;absoudre parmi les aiguilles ?</p>

<p><a href="https://write.as/selmakovich/tag:poetry" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">poetry</span></a>
<a href="https://write.as/selmakovich/tag:poesie" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">poesie</span></a>
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      <guid>https://write.as/selmakovich/un-hotel-et-des-heures</guid>
      <pubDate>Tue, 01 Nov 2022 18:58:10 +0000</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Les cloches</title>
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      <description>&lt;![CDATA[dessin de cloches au feutre&#xA;&#xA;Ce texte est écoutable en version podcast ici &#xA;&#xA;L&#39;été dernier, j&#39;ai entendu des cloches. J&#39;étais dans le village de mes parents, dans les Corbières. Je courrais sur un chemin. Et alors j&#39;ai entendu un son, scintillant et si spécial. Des cloches. Elle ne marquaient pas l&#39;heure, ou une fêtes particulières. Elles étaient juste là, au coin de mon oreille. Le vent battait la mesure dans les chênes verts. Mes pieds roulaient sur les pierres sèches. Entre deux bourrasques, leur chant me faisait tourner la tête.&#xA;!--more--&#xA;De retour dans le village, je me suis arrêté au pied du clocher, un peu délabré il paraissait fonctionnel mais immobile : &#xA;&#xA;Ces cloches ? Elles sonnent pour qui ?&#xA;&#xA;Quand j&#39;en parle à ma mère, le soir venu, elle me répond : &#xA;mais enfin, le clocher n&#39;est pas entretenu depuis plus de cinquante ans. &#xA;&#xA;Et pourtant, elles sonnent.&#xA;&#xA;Chaque matin, dans les monts, sur les sentiers et je les entendais. J&#39;avais envie de les suivre à travers la plaine, toujours plus loin, . Jusqu&#39;à les toucher dans le son. Un jour, j&#39;ai marché jusqu&#39;à m&#39;en blesser les pieds. &#xA;&#xA;Les cloches sont restées avec moi, bien après mon départ du village. Je les entendais partout, farandole aussi joyeuse qu&#39;oppressantes. Elles n&#39;obéissait à aucun ordre, aucune direction symphonique, elles prenaient le chemin de ronde de mon cerveau et fortifiaient leurs assises, sonnant une alarme qui n&#39;arrivait jamais. Je ne pouvais pas leur dire de se taire, on ne parle pas à une cloche sauf à être folle. &#xA;&#xA;Plusieurs médecins ont essayé et, à force, ils ont réussi. &#xA;&#xA;Aujourd&#39;hui, je suis de retour dans le village. Le clocher est silencieux. Alors, seul, je chante la mélodie des cloches. Sans le dire à personne j&#39;espère qu&#39;un jour elles reviendront. &#xA;&#xA;_____________________&#xA;poesie&#xA;poetry&#xA;100daystooffload&#xA;18]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://i.snap.as/kULeMzG3.png" alt="dessin de cloches au feutre"/></p>

<p>Ce texte est écoutable en version podcast <a href="https://audioblog.arteradio.com/blog/188050/podcast/189704/les-cloches" rel="nofollow">ici</a></p>

<p>L&#39;été dernier, j&#39;ai entendu des cloches. J&#39;étais dans le village de mes parents, dans les Corbières. Je courrais sur un chemin. Et alors j&#39;ai entendu un son, scintillant et si spécial. Des cloches. Elle ne marquaient pas l&#39;heure, ou une fêtes particulières. Elles étaient juste là, au coin de mon oreille. Le vent battait la mesure dans les chênes verts. Mes pieds roulaient sur les pierres sèches. Entre deux bourrasques, leur chant me faisait tourner la tête.

De retour dans le village, je me suis arrêté au pied du clocher, un peu délabré il paraissait fonctionnel mais immobile :</p>

<p>Ces cloches ? Elles sonnent pour qui ?</p>

<p>Quand j&#39;en parle à ma mère, le soir venu, elle me répond :
<em>mais enfin, le clocher n&#39;est pas entretenu depuis plus de cinquante ans.</em></p>

<p>Et pourtant, elles sonnent.</p>

<p>Chaque matin, dans les monts, sur les sentiers et je les entendais. J&#39;avais envie de les suivre à travers la plaine, toujours plus loin, . Jusqu&#39;à les toucher dans le son. Un jour, j&#39;ai marché jusqu&#39;à m&#39;en blesser les pieds.</p>

<p>Les cloches sont restées avec moi, bien après mon départ du village. Je les entendais partout, farandole aussi joyeuse qu&#39;oppressantes. Elles n&#39;obéissait à aucun ordre, aucune direction symphonique, elles prenaient le chemin de ronde de mon cerveau et fortifiaient leurs assises, sonnant une alarme qui n&#39;arrivait jamais. Je ne pouvais pas leur dire de se taire, on ne parle pas à une cloche sauf à être folle.</p>

<p>Plusieurs médecins ont essayé et, à force, ils ont réussi.</p>

<p>Aujourd&#39;hui, je suis de retour dans le village. Le clocher est silencieux. Alors, seul, je chante la mélodie des cloches. Sans le dire à personne j&#39;espère qu&#39;un jour elles reviendront.</p>

<p>_____________________
<a href="https://write.as/selmakovich/tag:poesie" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">poesie</span></a>
<a href="https://write.as/selmakovich/tag:poetry" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">poetry</span></a>
<a href="https://write.as/selmakovich/tag:100daystooffload" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">100daystooffload</span></a>
#18</p>
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      <guid>https://write.as/selmakovich/les-cloches</guid>
      <pubDate>Fri, 26 Aug 2022 10:26:44 +0000</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>La tomate [16/100]</title>
      <link>https://write.as/selmakovich/la-tomate-16-100?pk_campaign=rss-feed</link>
      <description>&lt;![CDATA[Je coupe la tomate en deux, puis en lamelles irrégulières. Mes mains ne parviennent pas à rester fermes, la découpe des tranches s&#39;en trouve un peu dentelée. Le couteau touche la peau lisse, perce puis traverse en un mouvement. Le métal tape contre l&#39;assiette. J&#39;aimerais que le bruit résonne dramatiquement, comme dans un film où les bruits du quotidien sont amplifiés et les bruits du corps, effacés. A la place, la rencontre du couteau et de l&#39;assiette ne dure qu&#39;un instant. Autour, le silence.&#xA;!--more--&#xA;Je me concentre alors. Tout mon esprit doit construire rapidement un syllogisme simple, mais pourtant périlleux. C&#39;est une pyramide aux fondations fragiles, qui nécessite toute mon attention pour rester en place. J&#39;inspire et je me répète :&#xA;&#xA;la tomate existe&#xA;je peux couper la tomate&#xA;c&#39;est donc que j&#39;existe.&#xA;&#xA;C&#39;est un haïku fragmentaire, trop long et trop court, qui n&#39;apporte aucune satisfaction. Au contraire, il ajoute au sentiment de trouble. Être là et n&#39;être pas là est un paradoxe que ne connaissent que les morts. Je ne suis pas mort, je coupe une tomate. Cela ne prouve rien.&#xA;&#xA;Plus tard, je marche dans ville, croulante de chaleur, mais moi je ne pèse rien. Tout le poids que j&#39;ai pris n&#39;existe pas, je n&#39;ai plus de tomates pour me le montrer. Je me force à boire un café. A la terrasse, un homme lit, je me fiche quoi. Des gens parlent, je ne les écoute pas. Je ne reste que le temps d&#39;un chapitre. &#xA;&#xA;Quand je retrouve le pont, je sais qu&#39;il est temps. Dans les eaux du fleuve, sur le pont qui tangue, je scelle ma promesse, comme on accroche un cadenas &#xA;avec son amour. Je ne mourrai pas aujourd&#39;hui, je le promets au fleuve. Je vais marcher avec mon trou au ventre et je vais couper des tomates. Peut-être lire un deuxième chapitre.  Attendre le prochain voyage.&#xA;&#xA;la vue sur le fleuve&#xA;une inspiration plus longue&#xA;ce n&#39;est que le vent. &#xA;&#xA;________________________&#xA;100daystooffload&#xA;100joursdecriture&#xA;16&#xA;#poetry #poesie&#xA;journal&#xA;]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>Je coupe la tomate en deux, puis en lamelles irrégulières. Mes mains ne parviennent pas à rester fermes, la découpe des tranches s&#39;en trouve un peu dentelée. Le couteau touche la peau lisse, perce puis traverse en un mouvement. Le métal tape contre l&#39;assiette. J&#39;aimerais que le bruit résonne dramatiquement, comme dans un film où les bruits du quotidien sont amplifiés et les bruits du corps, effacés. A la place, la rencontre du couteau et de l&#39;assiette ne dure qu&#39;un instant. Autour, le silence.

Je me concentre alors. Tout mon esprit doit construire rapidement un syllogisme simple, mais pourtant périlleux. C&#39;est une pyramide aux fondations fragiles, qui nécessite toute mon attention pour rester en place. J&#39;inspire et je me répète :</p>

<p>la tomate existe
je peux couper la tomate
c&#39;est donc que j&#39;existe.</p>

<p>C&#39;est un haïku fragmentaire, trop long et trop court, qui n&#39;apporte aucune satisfaction. Au contraire, il ajoute au sentiment de trouble. Être là et n&#39;être pas là est un paradoxe que ne connaissent que les morts. Je ne suis pas mort, je coupe une tomate. Cela ne prouve rien.</p>

<p>Plus tard, je marche dans ville, croulante de chaleur, mais moi je ne pèse rien. Tout le poids que j&#39;ai pris n&#39;existe pas, je n&#39;ai plus de tomates pour me le montrer. Je me force à boire un café. A la terrasse, un homme lit, je me fiche quoi. Des gens parlent, je ne les écoute pas. Je ne reste que le temps d&#39;un chapitre.</p>

<p>Quand je retrouve le pont, je sais qu&#39;il est temps. Dans les eaux du fleuve, sur le pont qui tangue, je scelle ma promesse, comme on accroche un cadenas
avec son amour. Je ne mourrai pas aujourd&#39;hui, je le promets au fleuve. Je vais marcher avec mon trou au ventre et je vais couper des tomates. Peut-être lire un deuxième chapitre.  Attendre le prochain voyage.</p>

<p>la vue sur le fleuve
une inspiration plus longue
ce n&#39;est que le vent.</p>

<p>________________________
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#16
<a href="https://write.as/selmakovich/tag:poetry" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">poetry</span></a> <a href="https://write.as/selmakovich/tag:poesie" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">poesie</span></a>
<a href="https://write.as/selmakovich/tag:journal" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">journal</span></a></p>
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      <guid>https://write.as/selmakovich/la-tomate-16-100</guid>
      <pubDate>Wed, 27 Jul 2022 15:31:22 +0000</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Les chemins [14/100]</title>
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      <description>&lt;![CDATA[les chemins 14/100 jours d&#39;écriture&#xA;Je recompose des chemins maille par maille / un carcan de sentiers qui arpentent la ville /plus près la ville, plus près, tes routes lassent / des mailles denses, je compte les rangs envers / mais je ne vois jamais les dessous de la ville / la surface des choses est bien suffisante / &#xA;&#xA;la circulation se lasse, le goudron coule / sous mes pas, c’est bien. Le béton brûle mes yeux, / c’est bien, les gens se battent à 19h, c’est bien / quelque chose de vivant, qui grouille quand je sens / que tout le reste de la carcasse se vide&#xA;!--more--&#xA;c&#39;est une sensation étrange à te décrire /  une sensation si simple, tu la connais / cette enveloppe de vide tôt le matin / rien autour, rien ni même la nuit ne me semble / pouvoir panser ces jours blêmes se profilant /  &#xA;&#xA;ainsi je cherche dans les rues dans le sable /  d’obscures directions qui me ramèneraient / nulle part, les destinations n’existent pas / il n’y a que des rêves qui nous attaquent / se changent en panneaux on tombe de notre lit /&#xA;puis il faut marcher marcher plus loin que les rêves.&#xA;___________________________________&#xA;100daystooffload&#xA;100joursdecriture&#xA;14&#xA;#poetry #poesie&#xA;journal&#xA;]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://i.snap.as/5Skd1jfj.png" alt="les chemins 14/100 jours d&#39;écriture"/>
Je recompose des chemins maille par maille / un carcan de sentiers qui arpentent la ville /plus près la ville, plus près, tes routes lassent / des mailles denses, je compte les rangs envers / mais je ne vois jamais les dessous de la ville / la surface des choses est bien suffisante /</p>

<p>la circulation se lasse, le goudron coule / sous mes pas, c’est bien. Le béton brûle mes yeux, / c’est bien, les gens se battent à 19h, c’est bien / quelque chose de vivant, qui grouille quand je sens / que tout le reste de la carcasse se vide

c&#39;est une sensation étrange à te décrire /  une sensation si simple, tu la connais / cette enveloppe de vide tôt le matin / rien autour, rien ni même la nuit ne me semble / pouvoir panser ces jours blêmes se profilant /</p>

<p>ainsi je cherche dans les rues dans le sable /  d’obscures directions qui me ramèneraient / nulle part, les destinations n’existent pas / il n’y a que des rêves qui nous attaquent / se changent en panneaux on tombe de notre lit /
puis il faut marcher marcher plus loin que les rêves.
___________________________________
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#14
<a href="https://write.as/selmakovich/tag:poetry" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">poetry</span></a> <a href="https://write.as/selmakovich/tag:poesie" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">poesie</span></a>
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      <guid>https://write.as/selmakovich/les-chemins-14-100</guid>
      <pubDate>Fri, 22 Jul 2022 10:08:42 +0000</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Nos défaites [13/100]</title>
      <link>https://write.as/selmakovich/nos-defaites-13-100?pk_campaign=rss-feed</link>
      <description>&lt;![CDATA[nos défaites 13/100 jours d&#39;écriture&#xA;Je peux lister tout ce qui est enfoui. Les armes cachées, si loin dans le sable que la marée ne les remonte pas. Autour de moi l&#39;embrun, le sable, mes pas lourds dans la terre mouillée s&#39;enfoncent un peu. Je continue la marche et liste les batailles, comme les chapelets de nos pères. Il n&#39;y a pas de croix, pas de tombes. Les idées tombent sans bruit, lavées par les vagues. On les perd, dans les flots. Elles émergent de nouveaux, des décennies, des siècles plus tard.&#xA;!--more--&#xA;Je les connais, ces corps sans nom, ces mains tendues vers un futur mort. C&#39;est qu&#39;il faut creuser, plus profond que l&#39;odeur nauséabondes. Accepter la charogne qui se délite sous nos mains. Creuser seul sur la plage, malgré l&#39;eau qui monte. Et trouver les défaites qui sont venues avant nous. Chérir leurs noms comme ceux de nos ancêtres. Leur faire des offrandes, en continuant la ronde. &#xA;&#xA;_________________________&#xA;100daystooffload &#xA;100joursdecriture&#xA;13&#xA;#poetry #poesie&#xA;journal&#xA;]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://i.snap.as/w261MVTa.png" alt="nos défaites 13/100 jours d&#39;écriture"/>
Je peux lister tout ce qui est enfoui. Les armes cachées, si loin dans le sable que la marée ne les remonte pas. Autour de moi l&#39;embrun, le sable, mes pas lourds dans la terre mouillée s&#39;enfoncent un peu. Je continue la marche et liste les batailles, comme les chapelets de nos pères. Il n&#39;y a pas de croix, pas de tombes. Les idées tombent sans bruit, lavées par les vagues. On les perd, dans les flots. Elles émergent de nouveaux, des décennies, des siècles plus tard.

Je les connais, ces corps sans nom, ces mains tendues vers un futur mort. C&#39;est qu&#39;il faut creuser, plus profond que l&#39;odeur nauséabondes. Accepter la charogne qui se délite sous nos mains. Creuser seul sur la plage, malgré l&#39;eau qui monte. Et trouver les défaites qui sont venues avant nous. Chérir leurs noms comme ceux de nos ancêtres. Leur faire des offrandes, en continuant la ronde.</p>

<p>_________________________
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#13
<a href="https://write.as/selmakovich/tag:poetry" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">poetry</span></a> <a href="https://write.as/selmakovich/tag:poesie" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">poesie</span></a>
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      <guid>https://write.as/selmakovich/nos-defaites-13-100</guid>
      <pubDate>Sun, 17 Jul 2022 11:51:19 +0000</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Bienvenue [12/100]</title>
      <link>https://write.as/selmakovich/bienvenue-12-100?pk_campaign=rss-feed</link>
      <description>&lt;![CDATA[bienvenue 12/100 jours d&#39;écriture&#xA;&#xA;Il parle beaucoup et vite. Il enchaîne les phrases comme des perles, puis les enfile en collier autour de son cou. Sa femme et sa fille sont à côté. La petite mange un petit pot goulûment. Elle aura les cheveux de métisse, il me dit, très bouclés, comme vous. Je souris. D&#39;habitude les gens ne savent pas. D&#39;ailleurs lui-même ne sait pas, ne se pose pas de question, ni sur mes cheveux ni sur ma race, et c&#39;est tant mieux. Il est là pour parler de lui et moi je l&#39;écoute.&#xA;&#xA;Il a trois autres filles, des métisses tout pareil, il précise. Des cheveux magnifiques. Il ne les voit plus, il ajoute rapidement, il n&#39;a plus la garde, depuis le divorce. Avant il était vigoureux, un athlète ! Regardez, il ne reste pas grand chose, à part les cuisses, de ce corps de sportif. C&#39;est un peu la rue, surtout la bière. Il désigne sa bouteille. Il est 10h du matin. &#xA;!--more--&#xA;De temps en temps, elle intervient, entre deux cuillères données à la petite. L&#39;enfant a un beau prénom. C&#39;est étrange, je pense, donner un prénom qui veut dire blanc à une métisse. Je chasse cette pensée, comme je chasse toutes celles qui interrogent le métissage. Je ne veux pas l&#39;interroger, jamais. Juste le constater. Elle m&#39;explique que sa famille n&#39;a pas vu la petite depuis sa naissance. Ses parents refusent son compagnon. Il commente : quand j&#39;ai appris que c&#39;était la première fois qu&#39;elle ramenait un black j&#39;ai compris que ça allait mal se passer. Elle sourit nerveusement en prenant la petite dans ses bras. C&#39;est vrai que ça s&#39;est mal passé. Il n&#39;y avait pas de Noirs dans le village.&#xA;&#xA;Après moi j&#39;ai l&#39;habitude, il me dit. Tant que c&#39;est pas la police, ça va. Une fois je suis allé cherché mes deux dernières à la crèche. J&#39;ai été contrôlé et je n&#39;avais pas mes papiers. Ils ne voulaient pas que je continue ma route. Ils ne voulaient pas que je prenne mon téléphone pour appeler mon ex pour la prévenir. Je suis devenu fou, j&#39;avais trop peur pour mes petites. Ils m&#39;ont passé les menottes. &#xA;&#xA;Ça fait 30 ans que je suis en France, j&#39;ai l&#39;impression qu&#39;on me souhaite la bienvenue deux fois par an. &#xA;&#xA;__________________________________&#xA;100daystooffload&#xA;100joursdecriture&#xA;12&#xA;#poetry #poesie&#xA;journal&#xA;villemorte]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://i.snap.as/0UA7L9ff.png" alt="bienvenue 12/100 jours d&#39;écriture"/></p>

<p>Il parle beaucoup et vite. Il enchaîne les phrases comme des perles, puis les enfile en collier autour de son cou. Sa femme et sa fille sont à côté. La petite mange un petit pot goulûment. Elle aura les cheveux de métisse, il me dit, très bouclés, comme vous. Je souris. D&#39;habitude les gens ne savent pas. D&#39;ailleurs lui-même ne sait pas, ne se pose pas de question, ni sur mes cheveux ni sur ma race, et c&#39;est tant mieux. Il est là pour parler de lui et moi je l&#39;écoute.</p>

<p>Il a trois autres filles, des métisses tout pareil, il précise. Des cheveux magnifiques. Il ne les voit plus, il ajoute rapidement, il n&#39;a plus la garde, depuis le divorce. Avant il était vigoureux, un athlète ! Regardez, il ne reste pas grand chose, à part les cuisses, de ce corps de sportif. C&#39;est un peu la rue, surtout la bière. Il désigne sa bouteille. Il est 10h du matin.

De temps en temps, elle intervient, entre deux cuillères données à la petite. L&#39;enfant a un beau prénom. <em>C&#39;est étrange, je pense, donner un prénom qui veut dire blanc à une métisse</em>. Je chasse cette pensée, comme je chasse toutes celles qui interrogent le métissage. Je ne veux pas l&#39;interroger, jamais. Juste le constater. Elle m&#39;explique que sa famille n&#39;a pas vu la petite depuis sa naissance. Ses parents refusent son compagnon. Il commente : quand j&#39;ai appris que c&#39;était la première fois qu&#39;elle ramenait un <em>black</em> j&#39;ai compris que ça allait mal se passer. Elle sourit nerveusement en prenant la petite dans ses bras. C&#39;est vrai que ça s&#39;est mal passé. Il n&#39;y avait pas de Noirs dans le village.</p>

<p>Après moi j&#39;ai l&#39;habitude, il me dit. Tant que c&#39;est pas la police, ça va. Une fois je suis allé cherché mes deux dernières à la crèche. J&#39;ai été contrôlé et je n&#39;avais pas mes papiers. Ils ne voulaient pas que je continue ma route. Ils ne voulaient pas que je prenne mon téléphone pour appeler mon ex pour la prévenir. Je suis devenu fou, j&#39;avais trop peur pour mes petites. Ils m&#39;ont passé les menottes.</p>

<p><em>Ça fait 30 ans que je suis en France, j&#39;ai l&#39;impression qu&#39;on me souhaite la bienvenue deux fois par an.</em></p>

<p>__________________________________
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#12
<a href="https://write.as/selmakovich/tag:poetry" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">poetry</span></a> <a href="https://write.as/selmakovich/tag:poesie" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">poesie</span></a>
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      <guid>https://write.as/selmakovich/bienvenue-12-100</guid>
      <pubDate>Wed, 13 Jul 2022 10:33:27 +0000</pubDate>
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      <title>Combien de fois [11/100]</title>
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      <description>&lt;![CDATA[combien de fois 11/10 écrit à la main&#xA;J&#39;arrête et puis je continue, je veux d&#39;avantage de continuité mais mes nuits taisent les comptines d&#39;été. Moins je dis plus j&#39;écris et en ce moment les vannes sont ouvertes alors mes doigts se crispent et j&#39;écris pour rien (existe-t-il une autre manière d&#39;écrire ?). Mes ami.e.s écrivent des choses qui ont du sens, dessinent des immeubles et des hébergements, moi j&#39;héberge des sentiments, mal, alors ils se cassent et je suis seul.e dans une maison vide. Je rêverai d&#39;avoir des rollers et un ballon de basket pour que cela résonne dans la bâtisse, mais à la place le vide et moi qui tisse, de bas en haut, pour mieux pouvoir défaire, tout à la fois.&#xA;!--more--&#xA;L&#39;écriture-n&#39;importe quoi est facile alors sans ciller je me discipline à l&#39;usure, cela marchera. Le miroir tendu par l&#39;ordinateur, l&#39;heure ordinaire où je m&#39;étend, mon dû m&#39;attend, la myrrhe la gloire, non. Ce sont des constructions chaotiques, châteaux de sable onirique, ça s&#39;effondre à la moindre pluie, on vogue. L&#39;orthographe déplorable, on avance sans plan, on se plante sans vent, bas les voile. La nage nous noiera, la plage nous séchera, combien de fois recommencer, sans cesse, bien sûr sans cesse.&#xA;&#xA;C&#39;est la distance qui me draine, je m&#39;épuise et n&#39;entertain que les gobelets dans la mare de sel. Alors je spirale, je demi-tour sans reste, je pivote et vexe mes propres ambitions. C&#39;est pas grave on me chuchote, la bougeotte à ça de bien qu&#39;elle nous fait voir du pays. Mais je n&#39;ai d&#39;autres pays que le mien, alors je tourne en rond, heureusement, j&#39;ai la mémoire courte.&#xA;_____________________________&#xA;&#xA;100daystooffload &#xA;100joursdecriture&#xA;11&#xA;#poetry #poesie&#xA;journal&#xA;]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://i.snap.as/S51ulIt3.png" alt="combien de fois 11/10 écrit à la main"/>
J&#39;arrête et puis je continue, je veux d&#39;avantage de continuité mais mes nuits taisent les comptines d&#39;été. Moins je dis plus j&#39;écris et en ce moment les vannes sont ouvertes alors mes doigts se crispent et j&#39;écris pour rien (existe-t-il une autre manière d&#39;écrire ?). Mes ami.e.s écrivent des choses qui ont du sens, dessinent des immeubles et des hébergements, moi j&#39;héberge des sentiments, mal, alors ils se cassent et je suis seul.e dans une maison vide. Je rêverai d&#39;avoir des rollers et un ballon de basket pour que cela résonne dans la bâtisse, mais à la place le vide et moi qui tisse, de bas en haut, pour mieux pouvoir défaire, tout à la fois.

L&#39;écriture-n&#39;importe quoi est facile alors sans ciller je me discipline à l&#39;usure, cela marchera. Le miroir tendu par l&#39;ordinateur, l&#39;heure ordinaire où je m&#39;étend, mon dû m&#39;attend, la myrrhe la gloire, non. Ce sont des constructions chaotiques, châteaux de sable onirique, ça s&#39;effondre à la moindre pluie, on vogue. L&#39;orthographe déplorable, on avance sans plan, on se plante sans vent, bas les voile. La nage nous noiera, la plage nous séchera, combien de fois recommencer, sans cesse, bien sûr sans cesse.</p>

<p>C&#39;est la distance qui me draine, je m&#39;épuise et n&#39;entertain que les gobelets dans la mare de sel. Alors je spirale, je demi-tour sans reste, je pivote et vexe mes propres ambitions. C&#39;est pas grave on me chuchote, la bougeotte à ça de bien qu&#39;elle nous fait voir du pays. Mais je n&#39;ai d&#39;autres pays que le mien, alors je tourne en rond, heureusement, j&#39;ai la mémoire courte.
_____________________________</p>

<p><a href="https://write.as/selmakovich/tag:100daystooffload" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">100daystooffload</span></a>
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#11
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      <guid>https://write.as/selmakovich/combien-de-fois-11-100</guid>
      <pubDate>Tue, 12 Jul 2022 11:06:34 +0000</pubDate>
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      <title>Solution [10/100]</title>
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      <description>&lt;![CDATA[Solution 10/100&#xA;&#xA;Je n&#39;ai pas de problèmes, je répète, pas de problèmes, rien que des solutions dans le sac, rien que du sucre dans l’œil, surface lisse, angle mort, la crasse glisse, encore.&#xA;&#xA;Je n&#39;ai pas de problèmes, juste des questions, des petits bouts de questions, rien de théorique, des petites choses graves comme les choses graves le sont toujours. Un jour j&#39;ai couru vers la Seine, ou peut-être était-ce la Saône et j&#39;ai rêvé d&#39;un fleuve sans histoire. Je voulais toucher les fonds translucides, ramasser des coquillages qui traduisent le présent. &#xA;Mets ton oreille et tu entendras la mer&#xA;!--more--&#xA;Bien sûr que j&#39;entends rien des vagues, j&#39;entends rien que le vent qui s&#39;engouffre et tourbillonne, j&#39;entends mes vagues, celles qui ne se voient pas derrière les dents serrées. C&#39;est moi qui me revient comme un ressac dont on convient que l&#39;heure est mal choisie.&#xA;&#xA;J&#39;ai plein de solutions dans mon sac et je ne sais pas quoi en faire, alors je les jette à la mer et j&#39;espère que quelqu&#39;un les entendra dans un coquillage de fond de fleuve, un de ceux qui n&#39;existent pas, mais qu&#39;on crée soi-même, de nacre et de chagrin. Souvent je pose le mien sur la table, à côté du café et je rigole à voir sa tronche de mollusque. Je pose ma tête sur la table et l&#39;escargot dessus et parfois quand je me concentre je n&#39;entends rien, ça me plaît ça, rien. Rien ça veut dire que ça va, que les cachets sont juste un peu trop forts et donc qu&#39;il sont bien dosés. Parfois j&#39;entends quelque chose, qui ressemble à un bruissement ou à une respiration, très lente. Je colle davantage ma tête contre la table, pour bloquer les autres bruits entièrement. C&#39;est comme un soupir, soufflé à la fin d&#39;une journée bien remplie, une journée où le temps a été plus dense, allongé sur le canapé le corps se relâche et l&#39;air se comprime. J&#39;écoute, en boucle, cette petite solution. &#xA;&#xA;___&#xA;&#xA;100daystooffload&#xA;100joursdecriture&#xA;10&#xA;#poetry #poesie&#xA;journal]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://i.snap.as/VyYkXDXU.png" alt="Solution 10/100"/></p>

<p>Je n&#39;ai pas de problèmes, je répète, pas de problèmes, rien que des solutions dans le sac, rien que du sucre dans l’œil, surface lisse, angle mort, la crasse glisse, encore.</p>

<p>Je n&#39;ai pas de problèmes, juste des questions, des petits bouts de questions, rien de théorique, des petites choses graves comme les choses graves le sont toujours. Un jour j&#39;ai couru vers la Seine, ou peut-être était-ce la Saône et j&#39;ai rêvé d&#39;un fleuve sans histoire. Je voulais toucher les fonds translucides, ramasser des coquillages qui traduisent le présent.
<em>Mets ton oreille et tu entendras la mer</em>

Bien sûr que j&#39;entends rien des vagues, j&#39;entends rien que le vent qui s&#39;engouffre et tourbillonne, j&#39;entends mes vagues, celles qui ne se voient pas derrière les dents serrées. C&#39;est moi qui me revient comme un ressac dont on convient que l&#39;heure est mal choisie.</p>

<p>J&#39;ai plein de solutions dans mon sac et je ne sais pas quoi en faire, alors je les jette à la mer et j&#39;espère que quelqu&#39;un les entendra dans un coquillage de fond de fleuve, un de ceux qui n&#39;existent pas, mais qu&#39;on crée soi-même, de nacre et de chagrin. Souvent je pose le mien sur la table, à côté du café et je rigole à voir sa tronche de mollusque. Je pose ma tête sur la table et l&#39;escargot dessus et parfois quand je me concentre je n&#39;entends rien, ça me plaît ça, rien. Rien ça veut dire que ça va, que les cachets sont juste un peu trop forts et donc qu&#39;il sont bien dosés. Parfois j&#39;entends quelque chose, qui ressemble à un bruissement ou à une respiration, très lente. Je colle davantage ma tête contre la table, pour bloquer les autres bruits entièrement. C&#39;est comme un soupir, soufflé à la fin d&#39;une journée bien remplie, une journée où le temps a été plus dense, allongé sur le canapé le corps se relâche et l&#39;air se comprime. J&#39;écoute, en boucle, cette petite solution.</p>

<p>___</p>

<p><a href="https://write.as/selmakovich/tag:100daystooffload" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">100daystooffload</span></a>
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#10
<a href="https://write.as/selmakovich/tag:poetry" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">poetry</span></a> <a href="https://write.as/selmakovich/tag:poesie" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">poesie</span></a>
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      <guid>https://write.as/selmakovich/solution-10-100</guid>
      <pubDate>Tue, 05 Jul 2022 09:26:17 +0000</pubDate>
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      <title>Quoi ? [9/100]</title>
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      <description>&lt;![CDATA[quoi ? 9/100 jours d&#39;écriture&#xA;&#xA;Je ne réponds pas et puis j&#39;esquive, comme j&#39;évite les gens dans le métro, c&#39;est à dire sans grâce ni assurance, juste un rappel que je ne vois que par fragments. Vos corps forment des interrogations et je ne sais rien vous dire à part que vous êtes si beaux et si étranges. Les bras secs et les jambes molles, les pas des parisiens sont toujours un peu tordus. C&#39;est une flexion supplémentaire qui arrive juste avant de toucher le sol, juste exprès pour ne pas le toucher. &#xA;!--more--&#xA;Moi le sol je le ramasse et j&#39;en fais des chemins, des milliers de chemins. On se regarde tous et on ne sait plus où aller alors la réponse c&#39;est partout, partout. Quand tu me dis : fais ce que tu veux, je réponds que je sais pas. je réponds : les gens hébergent des continents, des plaques qui se rencontrent et qui ne rendent compte, jamais. on critique pas la terre de gronder, on constate, chose simple, qu&#39;on n&#39;a pas prié les bons dieux.&#xA;&#xA;Mon père me dit : dans une forêt tu sens qu&#39;il y a autre chose que la forêt. je me dis : dans le métro je sens d&#39;autres choses que le métro, je sens des histoires, du sang et des rats -- quand je les croise je leur dit rien, nos vies se croisent, puis les nôtres aussi. tu n&#39;es pas un rat, tu ne touches pas le sol. et c&#39;est toi qui pose la question, toujours la même et moi je répète, perroquet sans la couleur, quoi ? tu veux faire quoi ?&#xA;&#xA;___&#xA;&#xA;100daystooffload &#xA;100joursdecriture&#xA;9&#xA;#poetry #poesie&#xA;journal&#xA;]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://i.snap.as/3iNIBHv5.png" alt="quoi ? 9/100 jours d&#39;écriture"/></p>

<p>Je ne réponds pas et puis j&#39;esquive, comme j&#39;évite les gens dans le métro, c&#39;est à dire sans grâce ni assurance, juste un rappel que je ne vois que par fragments. Vos corps forment des interrogations et je ne sais rien vous dire à part que vous êtes si beaux et si étranges. Les bras secs et les jambes molles, les pas des parisiens sont toujours un peu tordus. C&#39;est une flexion supplémentaire qui arrive juste avant de toucher le sol, juste exprès pour ne pas le toucher.

Moi le sol je le ramasse et j&#39;en fais des chemins, des milliers de chemins. On se regarde tous et on ne sait plus où aller alors la réponse c&#39;est partout, partout. Quand tu me dis : fais ce que tu veux, je réponds que je sais pas. je réponds : les gens hébergent des continents, des plaques qui se rencontrent et qui ne rendent compte, jamais. on critique pas la terre de gronder, on constate, chose simple, qu&#39;on n&#39;a pas prié les bons dieux.</p>

<p>Mon père me dit : dans une forêt tu sens qu&#39;il y a autre chose que la forêt. je me dis : dans le métro je sens d&#39;autres choses que le métro, je sens des histoires, du sang et des rats — quand je les croise je leur dit rien, nos vies se croisent, puis les nôtres aussi. tu n&#39;es pas un rat, tu ne touches pas le sol. et c&#39;est toi qui pose la question, toujours la même et moi je répète, perroquet sans la couleur, quoi ? tu veux faire quoi ?</p>

<p>___</p>

<p><a href="https://write.as/selmakovich/tag:100daystooffload" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">100daystooffload</span></a>
<a href="https://write.as/selmakovich/tag:100joursdecriture" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">100joursdecriture</span></a>
#9
<a href="https://write.as/selmakovich/tag:poetry" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">poetry</span></a> <a href="https://write.as/selmakovich/tag:poesie" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">poesie</span></a>
<a href="https://write.as/selmakovich/tag:journal" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">journal</span></a></p>
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      <guid>https://write.as/selmakovich/quoi</guid>
      <pubDate>Mon, 04 Jul 2022 15:05:33 +0000</pubDate>
    </item>
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      <title>Dormir [8/100]</title>
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      <description>&lt;![CDATA[dormir, 8/100 jours d&#39;écriture&#xA;&#xA;It was just too much, I had to shut down&#xA;&#xA;Plus tard on rendra compte de ces semaines, ces mois, disparus, entre le rêve et le sommeil. En face de nous les calendriers refusent toute tentative d&#39;éluder. Il y a un mois et puis il y a un autre, une saison pousse la suivante avec obstination. Il n&#39;y a de place ni pour le rêve ni pour l&#39;absence. il n&#39;y a jamais de place pour l&#39;absence.&#xA;&#xA;Les plus pragmatiques mentent : un voyage à l&#39;étranger, un souci familial (rien n&#39;est faux après tout.) Les plus lointains partent sans revenir (on parlera longuement d&#39;eux un temps et puis plus du tout). Leur dernier geste d’au revoir pour toujours fixés dans leurs yeux. &#xA;!--more--&#xA;Les autres vont à l&#39;entretien les mains vides. Ni feuille ni stylo pour se donner une contenance. Que dire de cet espace inaccessible ? Que confier de ces moments qui ont filé entre les doigts ? Rien pour décrire la peine. Alors, ils regarderont la chargée de gestion RH dans les yeux pour déclarer :&#xA;&#xA;Dormir, mourir, et par ce silence dire nous refusons toutes les peines du cœur.&#xA;&#xA;Deux pièces sur les paupières closes, ils sautent sur le bureau et pour mieux crier : &#xA;&#xA;Mourir dormir et par cette tirade dire : la mort n&#39;est qu&#39;une vague en creux&#xA;entre deux paumes la courbe devient plane, elle devient flaque. &#xA;Un peu salée.&#xA;&#xA;Leur poste a, de toutes façons, déjà été pourvu.&#xA;&#xA;___&#xA;&#xA;100daystooffload&#xA;100joursdecriture&#xA;8&#xA;#poetry #poesie&#xA;journal&#xA;&#xA;]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://i.snap.as/ZSZwhkAz.png" alt="dormir, 8/100 jours d&#39;écriture"/></p>

<p><em>It was just too much, I had to shut down</em></p>

<p>Plus tard on rendra compte de ces semaines, ces mois, disparus, entre le rêve et le sommeil. En face de nous les calendriers refusent toute tentative d&#39;éluder. Il y a un mois et puis il y a un autre, une saison pousse la suivante avec obstination. Il n&#39;y a de place ni pour le rêve ni pour l&#39;absence. il n&#39;y a jamais de place pour l&#39;absence.</p>

<p>Les plus pragmatiques mentent : un voyage à l&#39;étranger, un souci familial (rien n&#39;est faux après tout.) Les plus lointains partent sans revenir (on parlera longuement d&#39;eux un temps et puis plus du tout). Leur dernier geste d’au revoir pour toujours fixés dans leurs yeux.

Les autres vont à l&#39;entretien les mains vides. Ni feuille ni stylo pour se donner une contenance. Que dire de cet espace inaccessible ? Que confier de ces moments qui ont filé entre les doigts ? Rien pour décrire la peine. Alors, ils regarderont la chargée de gestion RH dans les yeux pour déclarer :</p>

<p><em>Dormir, mourir, et par ce silence dire nous refusons toutes les peines du cœur.</em></p>

<p>Deux pièces sur les paupières closes, ils sautent sur le bureau et pour mieux crier :</p>

<p><em>Mourir dormir et par cette tirade dire : la mort n&#39;est qu&#39;une vague en creux
entre deux paumes la courbe devient plane, elle devient flaque.
Un peu salée.</em></p>

<p>Leur poste a, de toutes façons, déjà été pourvu.</p>

<p>___</p>

<p><a href="https://write.as/selmakovich/tag:100daystooffload" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">100daystooffload</span></a>
<a href="https://write.as/selmakovich/tag:100joursdecriture" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">100joursdecriture</span></a>
#8
<a href="https://write.as/selmakovich/tag:poetry" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">poetry</span></a> <a href="https://write.as/selmakovich/tag:poesie" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">poesie</span></a>
<a href="https://write.as/selmakovich/tag:journal" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">journal</span></a></p>
]]></content:encoded>
      <guid>https://write.as/selmakovich/dormir-8-100</guid>
      <pubDate>Sat, 02 Jul 2022 18:25:12 +0000</pubDate>
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