Unvarnished diary of a lill Japanese mouse

Les notes du laptop, par NEKO

JOURNAL 15 janvier 2026

Je suis devant Tôdai, ma princesse, mon soleil va apparaître sous peu, éblouissant la nuit, chassant l’ombre autour d'elle. J’ai eu une grande consultation aujourd'hui, je ne reviendrai plus voir mes psy avant un mois, puis on verra disent-ils, mais peut-être plus du tout. J’ai cerné et éclairci mon dernier problème, le plus profond, ça s'est fait tout seul, tranquillement pendant les vacances et ces jours derniers, je suis capable de le voir maintenant clairement et calmement. J'en parlerai plus tard. C'est drôle j'avais totalement étouffé ce trauma-là, plus profondément blessant que tous les autres. Je développerai. On m'a fait des compliments insensés aujourd’hui, que je ne répéterai pas, en résumé je suis physiquement une “athlète discrète” et mon mental est celui d'un moine zen, je suis “désespérément saine”. J’ai réussi tous les tests, je n'ai aucun trouble psychologique, j'avais juste une accumulation de traumas empilés et se masquant les uns les autres. Les psys me disent que sans eux j'aurai certainement réussi à tout régler seule, mes mécanismes mentaux me le permettaient ça m'aurait juste demandé plus de temps et aussi de douleur.

* * *

Je suis en mesure maintenant d’en parler J’ai vu et compris quel était mon traumatisme majeur, celui qui a dépassé tous les autres et que j'ai refoulé au point de l'oublier totalement sous l'empilement des traumas successifs. je peux le regarder calmement maintenant de manière objective et dépassionnée. À partir de la mort de maman je me suis accrochée à mon frère aîné malgré sa dureté malgré les coups. Je suis devenue une enfant prodige du sabre pour lui plaire. Il était devenu ma référence, le point central de mon univers. J'avais pour lui un amour total. Ce jour que sortant d’une profonde dépression d'un an après le viol, je n'avais pas encore 16 ans, devant toute l'assemblée familiale les cadres de l'entreprise et autres réunis pour la cérémonie anniversaire du décès de mon grand-père, le criminel de guerre, soudain j'ai pris la parole pour dénoncer ce qu'on m'avait fait subir. Je m'attendais à être soutenue, consolée par mon modèle… au contraire répondant à la rage de mon père ce sont mes frères, l'aîné en tête qui m'ont fait taire, maîtrisée dans ma colère et enfermée dans le placard du garage. Là dans le noir et l´incertitude du sort qu'on me réservait, mon cœur s'est brisé, je me suis effondrée comme une poupée de chiffon. J'étais incapable de pleurer depuis ces jours où mon entraînement interdisait toute plainte toute larme. Le choc était si violent que mon esprit a créé un masque, fermé la porte de ce souvenir. Tout m'est revenu, tranquillement, comme un vieux film oublié petit à petit en douceur pendant nos vacances. J'ai aimé follement mon frère et il m'avait trahi froidement, mécaniquement, sur ordre de mon père probablement, lui ne m'avait jamais vraiment aimé d'ailleurs et certainement pas avec l'intensité que moi j'y avais mise. C’est sans doute la vraie raison qui m'a conduite à le provoquer et me battre avec lui il y a quelques années le bokken en main faute de tirer le sabre en vrai. Je pensais devoir lui en parler, et puis il m'apparaît clairement que non je n’en ai pas le droit. Il culpabilise déjà énormément à cause de ce qu'on m'a fait je ne veux pas rajouter ma peine, d’ailleurs évacuée, à la sienne. Je respire librement maintenant. Le passé ne pèse plus sur mon âme je n’ai plus de cauchemars, plus d´hallucinations éveillée, ma pensée est claire, il n’y a plus de recoins obscurs, je ne crains plus mes démons, la lumière dans mon cœur les a chassés. Je suis heureuse en compagnie de la femme que j’aime plus que tout au monde plus que moi-même et qui m'aime en retour sans limite. Je vois son sourire calme tandis qu’elle travaille sur son laptop. Je la regarde et mon amour explose dans mon cœur des larmes d’amour me viennent. Vous connaissez ça les larmes d'amour ?

#douleur

JOURNAL 3 février 2026

Ouf

Je suis dans ma chambre. 4 lits, mais je suis seule, on dirait que c’est réservé aux gradées, les filles sont en chambres de 8. On mange bien mais pas d’alcool. Il y a un bar qui ouvre à 20h. J’irai me taper une bière tout à l’heure j’en ai bien besoin.

Il y avait un minibus militaire à la gare pour moi toute seule. Une fille en uniforme sympa plus jeune que moi. On a bavardé, c’est comme ça j’ai su que j’étais invitée au centre de sélection n1 interarme, 20 minutes en dehors de la ville. J’arrive, je suis attendue par un mec, un capitaine j’ai appris après. Naturellement je commence à râler tout ce que j’ai à râler. Il écoute impassible derrière son bureau. Quand j’ai fini, il me sort : — Vous méritez votre réputation madame… — Qu’est-ce-que vous en savez de ma réputation ? Silence. Petit sourire. — Je peux vous appeler Kill bill si vous préférez. Là j’avoue il me scotche, un peu plus et je tombe de ma chaise. Et il commence mon pedigree : — Dans la nuit du tant au tant vous avez mis seule et sans arme hors de combat pour un moment un membre de la sécurité de l’ambassade US, ça a attiré leur attention, la nôtre aussi. Vous avez refusé d’entrer à leur service, ce que nous apprécions car bien que nos alliés il s’agit d’une puissance étrangère. Évidemment nous sommes allés plus loin. À 10 ans vice-championne du Japon, le champion en avait 13 (j’ignorais totalement, mon frère ne m’avait pas dit) Bons résultats scolaires. Une zone d’ombre de 15 à 18 ans d’où il ressort que vous avez un sens de la survie et une résistance physique exceptionnelle si l’on en juge avec les rapports de police et médicaux. À Nara vous vous faites remarquer dans une bagarre avec un photographe et une rixe avec deux Américains, encore, dont vous sortez vainqueure sur toute la ligne. Vous entrez dans une école de kenjutsu pourtant très fermée d’où vous sortez maître d’armes et récemment membre du directoire, chose unique pour une femme jeune de surcroît. Séjour en France. Vous en revenez accompagnant une jeune personne de grands talents qui les a mis au service du Japon ce dont nous lui sommes justement reconnaissants. Diplôme supérieur de français, de plus vous parlez couramment l’anglais. Vous êtes à présent enseignante de kenjutsu. Toutes ces qualités nous intéressent, et vous valent d’être ici après rescrit impérial c’est un honneur, vous vous en rendez compte, vous êtes d’une vieille famille. Je vous prie de collaborer aux évaluations que nous nous proposons de faire, vous comprendrez que c’est dans votre intérêt et celui de votre compagne …… — vous me surveillez ? — vous êtes brillante, vous vivez avec une personne brillante ce qui brille attire le regard c’est tout …… La suite je la raconterai plus tard.

PS A est allée chercher son certificat de résidente permanente, on lui a dit que c’était allé exceptionnellement vite. Bref elle ne risque plus d’expulsion. bref elle ne risque plus d’expulsion


J’ai trouvé le bar, il y a surtout des filles j’ai oublié dire que c’est un centre réservé au personnel féminin. C’est sympa ça rigole, je suis la seule en civil ça attire l'attention ☺️ Surtout que j'ai mis mon vieux sweat jaune poussin sur ma chemise bleue pâle.

JOURNAL 4 février 2026

Mon train arrive dans 10 minutes. La même fille m'a ramenée dans le même minibus pile à l’heure prévue. Je suis encore abasourdie par ce séjour et tout ce que j'ai appris.

Ce matin encore des tests encore plus bizarres, beaucoup de tests de mémoire visuelle c’est curieux. Puis un entretien avec un psychologue mâle qui a essayé de me faire dire ce que je ne voulais pas dire. Ces salauds en savent beaucoup plus sur moi que ce que j'aurais imaginé et notamment mes points faibles ou sensibles mais celui-là en a été pour ses frais.

Repas toujours très bon, rien à dire. J’ai dû paraître bizarre à me méfier de tout le monde. Cette nuit vers 2h quelqu'un est entré dans ma chambre sans faire plus de bruit qu'une petite souris, comme je lui demande si elle veut de l'aide « oh pardon » comme quelqu'un qui s'est trompé de porte et elle repart aussi silencieusement la voix était comme étouffée, mais je crois c'était une femme. J’ai pas bien dormi tu parles. En partant ce matin j'ai à nouveau bloqué l'écran du téléphone, enlevé la carte sim et collé un cheveu au dos. Ce soir plus de cheveu.

Donc l'après déjeuner arrive je suis appelée par haut-parleur (il y a des haut- parleurs partout, ce matin réveil par haut-parleur, hymne national tralala tout le tintamarre militaire, moi je me suis pas sentie concernée, je suis allée tranquille au petit déjeuner). On m'attend à la salle de sport. Je me suis dit voilà le clou du spectacle. Gagné On m'a prêté une tenue, il y avait un jury, démonstration de katas j’ai fait à ma façon d'abord à l’ancienne, au ralenti en décomposant puis à vitesse réelle là j’ai vu je les ai scotchés un peu. Après arrive un grand balaise en tenue qui prétend me tester au boken. Tu parles j’ai vu tout de suite c’est le genre moniteur pour débutants du repos. Pour moi j’ai vu qu’il commençait à s'énerver, j’avais pris exprès le genre qui s'ennuie justement pour le pousser un peu. Évidemment c’est toujours pareil : les mecs qui ont pas le niveau ils forcent… Ok mon pote je vais te montrer maintenant j'ai pas que ça à faire leçon 1 leçon 2 leçon 3 Il abandonne faut pas pousser trop loin le ridicule. Salut. Le jury prend des notes frénétiquement. Tout ça a duré une heure. J’ai demandé s’ils veulent un test à la naginata (je maîtrise depuis l'âge de 10 ans) ils me disent non pas la peine. Douche. Je me rhabille. Une fille m'attendait au vestiaire elle me conduit au bureau du fameux capitaine de l'accueil. .... Il me reçoit, me tend la main, c’est rare ici. Me remercie pour ma participation. — Vous ne nous avez pas déçus madame (mon nom français) on peut dire que vous avez passé nos tests avec succès, vous êtes quelqu’un d'intéressant vous savez ? Intelligence supérieure, esprit d’initiative, beaucoup de qualités… on vous classe ici dans l'élite, je m’y attendais mais n'est-ce pas l'armée a besoin de certitudes (vas-y cause, tu m'intéresses). Je dois vous dire que le pays saura utiliser vos talents si la nécessité l'exige. — Je vous préviens il n’est pas question... — Nous nous passerons de votre accord si la sécurité nationale le demande madame, personne ne peut échapper à son devoir envers la nation mais je vous assure qu'il faudra une nécessité grave pour en arriver là. — c’est-à-dire ? — un conflit, la guerre si vous préférez… nous n’en sommes pas là rassurez-vous mais nous savons très bien que vous ne vous déroberez pas, vous êtes loyale, courageuse, et vous aimez le danger, vous ne pouvez pas le cacher.

Je n'étais pas fière, en fait pas à l’aise du tout, car je savais bien qu’il avait raison. Suivent des détails pratiques sans intérêt il me dit qu'on va me reconduire à la gare et me salue. Puis au moment où je quitte le bureau il ajoute : — vous avez des habitudes de prudence je ne peux que vous encourager en ce sens c’est très sage.

Je suis là dans le train et à mesure que j'écris je suis de plus en plus songeuse j'ai hâte de me jeter dans les bras de mon amour, mon soleil, et c’est vrai pour elle je me battrai encore et encore s’il le faut. oh ma princesse comme je t'aime. 😞

Plus je pense moins j’aime ce coup-là. Le détective de mon père, il m'avait suivi jusqu’à Paris chez ma princesse mais c'était de la bricole à côté de ceux-là. Je ressors de là presque comme après un viol. — merde alors

Journal 5 février 2026

On a beaucoup parlé toutes les deux bien sûr. A n'est pas du tout surprise. Comme elle travaille sur des sujets sensibles, elle se doutait depuis longtemps qu’on avait fait des enquêtes sur nous. Elle est certaine qu'on a nos dossiers dans les bureaux avec nos noms ou nos noms de code même pourquoi pas la tzarine et la souricette ? J'espère pas neko quand même. Nos téléphones tu parles pas besoin d'ouvrir le mien, il est sous surveillance depuis longtemps. Elle a un téléphone et un laptop fournis directement par eux. Ils voulaient juste me signaler qu'ils me surveillaient, et si je m'en apercevais c'est tout. On m'a joué une comédie bien mise en scène pour voir ce que je pigeais et grossir mon dossier, voilà ce qu'elle pense. Et là-dessus on s'aime ils ne peuvent rien y changer. La seule chose qui l'inquiète c'est que s’ils me le demandent je ne pourrai pas refuser d'y aller et ça ne lui plaît pas, mais l'une comme l'autre on est prises dans l'histoire comme des mouches dans une toile d'araignée.