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    <title>santementale &amp;mdash; selmakovich</title>
    <link>https://write.as/selmakovich/tag:santementale</link>
    <description>je ne travaille plus et écris le reste du temps</description>
    <pubDate>Sun, 16 Aug 2026 18:49:05 +0000</pubDate>
    <item>
      <title>L&#39;accélération</title>
      <link>https://write.as/selmakovich/lacceleration?pk_campaign=rss-feed</link>
      <description>&lt;![CDATA[Frances, du film Frances Ha traverse en courant un passage piéton à New York. Elle a un sac à dos en cuir, une robe à fleurs, un leggings et des converses&#xA;&#xA;Par moment, vous allez lentement, si lentement. Vos phrases sont interminables, vous répétez les mêmes choses, en boucle. Vous prenez un soin incroyable dans vos gestes, votre diction. Chaque étape du raisonnement est détaillée, comme si vous aviez peur qu&#39;on glisse et qu&#39;on loupe la marche. &#xA;&#xA;Dans la fable du lièvre et la tortue, je sais de quel bord je suis. Je pars vite et fort, je m’essouffle, reviens en arrière, m&#39;arrête, m&#39;effondre. Je vous regarde, vous êtes si loin. Vous êtes arrivé‧e‧s. &#xA;!--more--&#xA;Vous n&#39;êtes pas arrivé‧e‧s bien sûr. C&#39;est une illusion d&#39;optique. Comme celle d&#39;une forêt compacte quand on la regarde de loin. En se rapprochant, on réalise la distance du paysage. Ce n&#39;est pas l&#39;herbe plus verte. Je vous écoute, je sais qu&#39;on est dans le même gazon cramé. Vous dîtes vos doutes, vos errances, vos attentes. Mais jamais la lenteur du temps. &#xA;&#xA;Je voudrais que tout s&#39;accélère. Les heures sont courtes, il y a tant à faire. Je suis comme un enfant, insatisfait du temps des adultes. J&#39;ai toujours voulu arriver à l&#39;étape d&#39;après. Je veux courir. Plus vite. Avant le temps. Je cours. Je trébuche. Plus je pense aller loin, plus je tombe fort. &#xA;&#xA;J&#39;ai vu Frances Ha de Noah Baumbach il y a quelques mois, sept ans après sa sortie. On suit Frances Ha, une danseuse rêvant de devenir professionnelle, qui glisse à travers les événements : une meilleure amie qui s&#39;éloigne, un boulot de danseuse qui s&#39;éloigne. Frances, jouée par Greta Gerwig, avance en circonvolution là où les autres semblent avancer en ligne droite. Elle s&#39;impatiente. Alors elle court, se prend des portes, en claque d&#39;autres, loupe toutes les occasions, part à Paris, revient, ne lit pas Proust. &#xA;&#xA;Il paraît que c&#39;est l&#39;allégorie parfaite de la sortie de l&#39;adolescence. La fin de la tornade, de l&#39;agitation qui tourne à vide et des brassages d&#39;air. J&#39;en doute. Mais, j&#39;y pense quand je vois vos gestes mesurés et méthodiques. Je me dis : vous non plus n&#39;êtes pas arrivé‧e‧s, vous avez simplement appris, doucement, à vous épargner. Vous avancez à tâtons, sans la fureur des rêves adolescents, mais avec la douceur du quotidien. &#xA;&#xA;Frances tombe, tombe, puis s&#39;accroche à des petits bouts de réalité et remonte. Elle apprend, lentement. &#xA;&#xA;#santementale #cinema]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://i.snap.as/k4J081eS.jpeg" alt="Frances, du film Frances Ha traverse en courant un passage piéton à New York. Elle a un sac à dos en cuir, une robe à fleurs, un leggings et des converses"/></p>

<p>Par moment, vous allez lentement, si lentement. Vos phrases sont interminables, vous répétez les mêmes choses, en boucle. Vous prenez un soin incroyable dans vos gestes, votre diction. Chaque étape du raisonnement est détaillée, comme si vous aviez peur qu&#39;on glisse et qu&#39;on loupe la marche.</p>

<p>Dans la fable du lièvre et la tortue, je sais de quel bord je suis. Je pars vite et fort, je m’essouffle, reviens en arrière, m&#39;arrête, m&#39;effondre. Je vous regarde, vous êtes si loin. Vous êtes arrivé‧e‧s.

Vous n&#39;êtes pas arrivé‧e‧s bien sûr. C&#39;est une illusion d&#39;optique. Comme celle d&#39;une forêt compacte quand on la regarde de loin. En se rapprochant, on réalise la distance du paysage. Ce n&#39;est pas l&#39;herbe plus verte. Je vous écoute, je sais qu&#39;on est dans le même gazon cramé. Vous dîtes vos doutes, vos errances, vos attentes. Mais jamais la lenteur du temps.</p>

<p>Je voudrais que tout s&#39;accélère. Les heures sont courtes, il y a tant à faire. Je suis comme un enfant, insatisfait du temps des adultes. J&#39;ai toujours voulu arriver à l&#39;étape d&#39;après. Je veux courir. Plus vite. Avant le temps. Je cours. Je trébuche. Plus je pense aller loin, plus je tombe fort.</p>

<p>J&#39;ai vu <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Frances_Ha" rel="nofollow">Frances Ha</a> de Noah Baumbach il y a quelques mois, sept ans après sa sortie. On suit Frances Ha, une danseuse rêvant de devenir professionnelle, qui glisse à travers les événements : une meilleure amie qui s&#39;éloigne, un boulot de danseuse qui s&#39;éloigne. Frances, jouée par Greta Gerwig, avance en circonvolution là où les autres semblent avancer en ligne droite. Elle s&#39;impatiente. Alors elle court, se prend des portes, en claque d&#39;autres, loupe toutes les occasions, part à Paris, revient, ne lit pas Proust.</p>

<p>Il paraît que c&#39;est l&#39;allégorie parfaite de la sortie de l&#39;adolescence. La fin de la tornade, de l&#39;agitation qui tourne à vide et des brassages d&#39;air. J&#39;en doute. Mais, j&#39;y pense quand je vois vos gestes mesurés et méthodiques. Je me dis : vous non plus n&#39;êtes pas arrivé‧e‧s, vous avez simplement appris, doucement, à vous épargner. Vous avancez à tâtons, sans la fureur des rêves adolescents, mais avec la douceur du quotidien.</p>

<p>Frances tombe, tombe, puis s&#39;accroche à des petits bouts de réalité et remonte. Elle apprend, lentement.</p>

<p><a href="https://write.as/selmakovich/tag:santementale" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">santementale</span></a> <a href="https://write.as/selmakovich/tag:cinema" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">cinema</span></a></p>
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      <guid>https://write.as/selmakovich/lacceleration</guid>
      <pubDate>Sat, 06 Mar 2021 18:39:52 +0000</pubDate>
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    <item>
      <title>Les débuts</title>
      <link>https://write.as/selmakovich/les-debuts?pk_campaign=rss-feed</link>
      <description>&lt;![CDATA[Je regrette tous les débuts. Ils défilent dans mon esprit, des mois après la fin. Je me dis : j&#39;ai dérivé à partir de ce moment. J&#39;ai encore pris un détour, ma destination s&#39;est éloignée. Je n&#39;ai pas de destination, pourtant je suis persuadée de perdre mon temps. &#xA;&#xA;Ces débuts sont si douloureux en ce qu&#39;ils révèlent des rêves naïfs et volontaires, dont ni le but ni la réalisation ne me satisfont.&#xA;!--more--&#xA;Dans la Conférence des oiseaux, un groupe d&#39;oiseaux cherchent son roi, nommé Simorgh. Leur but est précis : trouver le roi qui le gouvernera. Après de nombreuses épreuves, et pensant terminer leur quête, les oiseaux découvrent la véritable signification du nom qui désigne leur roi : Simorgh veut dire en perse 30 oiseaux. Ce nom désigne donc le groupe de trente oiseaux qui ont parcouru les épreuves de ce récit. &#xA;&#xA;  &#34;Vous avez cherché l’Autre en cheminant longtemps/ Vous ne voyez pourtant que vous, rien que vous !&#34; (distique 4277).&#xA;&#xA;Les milliers de noms dont nous désignons nos buts ne nous désignent sans doute que nous-mêmes.&#xA;&#xA;Quand je regrette mes débuts, je regrette tous ces brouillons de moi-même que je refuse d&#39;appeler moi. Leur décalage par rapport à ma nouvelle quête provoque une nostalgie proche du dégoût. Les détails sépia de ces souvenirs ne rendent pas moins regrettables ces errements.&#xA;&#xA;En me lançant violemment dans de nouveaux débuts, j&#39;espère, comme les oiseaux dans leur quête, trouver ce qui me gouverne.&#xA;&#xA;ecriture&#xA;santementale&#xA;&#xA;]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>Je regrette tous les débuts. Ils défilent dans mon esprit, des mois après la fin. Je me dis : j&#39;ai dérivé à partir de <em>ce moment</em>. J&#39;ai encore pris un détour, ma destination s&#39;est éloignée. Je n&#39;ai pas de destination, pourtant je suis persuadée de perdre mon temps.</p>

<p>Ces débuts sont si douloureux en ce qu&#39;ils révèlent des rêves naïfs et volontaires, dont ni le but ni la réalisation ne me satisfont.

Dans la <em>Conférence des oiseaux</em>, un groupe d&#39;oiseaux cherchent son roi, nommé <em>Simorgh</em>. Leur but est précis : trouver le roi qui le gouvernera. Après de nombreuses épreuves, et pensant terminer leur quête, les oiseaux découvrent la véritable signification du nom qui désigne leur roi : <em>Simorgh</em> veut dire en perse <em>30 oiseaux</em>. Ce nom désigne donc le groupe de trente oiseaux qui ont parcouru les épreuves de ce récit.</p>

<blockquote><p><em>“Vous avez cherché l’Autre en cheminant longtemps/ Vous ne voyez pourtant que vous, rien que vous !” (distique 4277).</em></p></blockquote>

<p>Les milliers de noms dont nous désignons nos buts ne nous désignent sans doute que nous-mêmes.</p>

<p>Quand je regrette mes débuts, je regrette tous ces brouillons de moi-même que je refuse d&#39;appeler moi. Leur décalage par rapport à ma nouvelle quête provoque une nostalgie proche du dégoût. Les détails sépia de ces souvenirs ne rendent pas moins regrettables ces errements.</p>

<p>En me lançant violemment dans de nouveaux débuts, j&#39;espère, comme les oiseaux dans leur quête, trouver ce qui me gouverne.</p>

<p><a href="https://write.as/selmakovich/tag:ecriture" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">ecriture</span></a>
<a href="https://write.as/selmakovich/tag:santementale" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">santementale</span></a></p>
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      <guid>https://write.as/selmakovich/les-debuts</guid>
      <pubDate>Thu, 31 Dec 2020 07:11:30 +0000</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Décorations </title>
      <link>https://write.as/selmakovich/decorations?pk_campaign=rss-feed</link>
      <description>&lt;![CDATA[Remplir le vide de plein de petites lumières &#xA;&#xA;Je pense à ma sœur et à tous ses projets. Elle fabrique, coud, remue la terre, achète trop de pommes, en fait des compotes. Loin d&#39;une fermeture autour du monde parfait d&#39;une maison catalogue, c&#39;est une suite de petites réalisations qui forment un ensemble chaleureux. &#xA;!--more--&#xA;Je la regarde de loin. Je l&#39;appelle et lui demande : tu as fait quoi aujourd&#39;hui et je me laisse porter par tous les projets. Hier c&#39;était un tablier, une couronne de buis, à manger pour quinze personnes. Demain ce sera les fêtes chez elle, des trajets à travers la France pour prendre soin des gens autour d&#39;elle et les accrocher à son sillage de mouvement. Souvent, je fais partie du sillage, parfois je résiste, car chez moi le refuge reste la fuite ou l&#39;immobilisme. Ou plutôt : parfois je n&#39;avance plus.&#xA;&#xA;Je ne fabrique pas de décorations de Noël, je les achète toutes faites au magasin de déstockage à côté de chez moi. Quand je le dis à ma sœur, elle est enthousiaste. Je me demande si elle a l&#39;impression d&#39;encourager un enfant, que ça doit lui sembler un peu ridicule que cela soit ça mon projet. Mais elle ne le dit pas. Elle me dit : c&#39;est une très bonne idée&#xA;&#xA;Remplir le vide de petites lumières. &#xA;&#xA;Je me dis : je ne connais pas de poètes qui célèbrent ce mouvement là. Ces actions qui humanisent le monde, un petit bout à la fois. J&#39;aimerais trouver les mots pour lui montrer sa beauté. &#xA;&#xA;santementale]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><em>Remplir le vide de plein de petites lumières</em></p>

<p>Je pense à ma sœur et à tous ses projets. Elle fabrique, coud, remue la terre, achète trop de pommes, en fait des compotes. Loin d&#39;une fermeture autour du monde parfait d&#39;une maison catalogue, c&#39;est une suite de petites réalisations qui forment un ensemble chaleureux.

Je la regarde de loin. Je l&#39;appelle et lui demande : tu as fait quoi aujourd&#39;hui et je me laisse porter par tous les projets. Hier c&#39;était un tablier, une couronne de buis, à manger pour quinze personnes. Demain ce sera les fêtes chez elle, des trajets à travers la France pour prendre soin des gens autour d&#39;elle et les accrocher à son sillage de mouvement. Souvent, je fais partie du sillage, parfois je résiste, car chez moi le refuge reste la fuite ou l&#39;immobilisme. Ou plutôt : parfois je n&#39;avance plus.</p>

<p>Je ne fabrique pas de décorations de Noël, je les achète toutes faites au magasin de déstockage à côté de chez moi. Quand je le dis à ma sœur, elle est enthousiaste. Je me demande si elle a l&#39;impression d&#39;encourager un enfant, que ça doit lui sembler un peu ridicule que cela soit ça mon projet. Mais elle ne le dit pas. Elle me dit : c&#39;est une très bonne idée</p>

<p><em>Remplir le vide de petites lumières.</em></p>

<p>Je me dis : je ne connais pas de poètes qui célèbrent ce mouvement là. Ces actions qui humanisent le monde, un petit bout à la fois. J&#39;aimerais trouver les mots pour lui montrer sa beauté.</p>

<p><a href="https://write.as/selmakovich/tag:santementale" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">santementale</span></a></p>
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      <guid>https://write.as/selmakovich/decorations</guid>
      <pubDate>Thu, 17 Dec 2020 07:44:22 +0000</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Je ne sais pas pourquoi je m&#39;attends à aller mieux</title>
      <link>https://write.as/selmakovich/je-ne-sais-pas-pourquoi-je-mattends-a-aller-mieux?pk_campaign=rss-feed</link>
      <description>&lt;![CDATA[  Quitte ton travail&#xA;Impose toi une routine stricte&#xA;Fais de la course à pieds&#xA;Le gluten tu sais &#xA;Est-ce que tu fais du yoga &#xA;Tu as lu le dernier d&#39;Emmanuel Carrère, il a comme toi&#xA;La ville aussi, c&#39;est pas un bon environnement&#xA;&#xA;Tous ces conseils deviennent des échecs à l&#39;instant même où ils sont formulés. &#xA;!--more--&#xA;&#xA;Parce que tu as quitté ton travail&#xA;et que tu ne vas pas mieux&#xA;Parce que tu cours deux fois par semaine&#xA;et que tu ne vais pas mieux&#xA;Parce que tu manges des conneries de lentilles au riz et n&#39;achète plus de sucre raffiné&#xA;et que tu ne vas pas mieux.&#xA;&#xA;Tous ces conseils deviennent des promesses non tenues. Des petites déchirures parce qu&#39;on a cru à ce serment de la volonté  prévaut et  l&#39;intendance suivra. Mais notre volonté est en carton et l&#39;intendance suit un tout autre chemin. &#xA;&#xA;Alors on se plante. De plein de façons. Dans un virage un peu serré,  on n&#39;a pas vu l&#39;arbre, et on se le prend.  Dans les marais de la mélancolie de l&#39;Histoire sans fin, on regarde une partie de nous s&#39;enfoncer dans la boue sans rien faire. Ça dure un temps. &#xA;&#xA;Puis, nouvelle tentative, pleine de cette bonne volonté insensée. On s&#39;attache le temps qu&#39;il faudra à cette nouvelle promesse. On se dit qu&#39;on ira mieux, cette fois, on ira mieux. Le pacte est absurde, on le sait. &#xA;&#xA;C&#39;est peut-être avec des promesses non tenues qu&#39;on avance. &#xA;&#xA;santementale]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Quitte ton travail
Impose toi une routine stricte
Fais de la course à pieds
Le gluten tu sais
Est-ce que tu fais du yoga
Tu as lu le dernier d&#39;Emmanuel Carrère, il a comme toi
La ville aussi, c&#39;est pas un bon environnement</p></blockquote>

<p>Tous ces conseils deviennent des échecs à l&#39;instant même où ils sont formulés.
</p>

<p>Parce que tu as quitté ton travail
et que tu ne vas pas mieux
Parce que tu cours deux fois par semaine
et que tu ne vais pas mieux
Parce que tu manges des conneries de lentilles au riz et n&#39;achète plus de sucre raffiné
et que tu ne vas pas mieux.</p>

<p>Tous ces conseils deviennent des promesses non tenues. Des petites déchirures parce qu&#39;on a cru à ce serment de <em>la volonté  prévaut et  l&#39;intendance suivra</em>. Mais notre volonté est en carton et l&#39;intendance suit un tout autre chemin.</p>

<p>Alors on se plante. De plein de façons. Dans un virage un peu serré,  on n&#39;a pas vu l&#39;arbre, et on se le prend.  Dans les marais de la mélancolie de l&#39;<em>Histoire sans fin</em>, on regarde une partie de nous s&#39;enfoncer dans la boue sans rien faire. Ça dure un temps.</p>

<p>Puis, nouvelle tentative, pleine de cette bonne volonté insensée. On s&#39;attache le temps qu&#39;il faudra à cette nouvelle promesse. On se dit qu&#39;on ira mieux, cette fois, on ira mieux. Le pacte est absurde, on le sait.</p>

<p>C&#39;est peut-être avec des promesses non tenues qu&#39;on avance.</p>

<p><a href="https://write.as/selmakovich/tag:santementale" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">santementale</span></a></p>
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      <guid>https://write.as/selmakovich/je-ne-sais-pas-pourquoi-je-mattends-a-aller-mieux</guid>
      <pubDate>Mon, 30 Nov 2020 17:05:57 +0000</pubDate>
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      <title>catégories</title>
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      <description>&lt;![CDATA[Ce blog aborde principalement les thèmes de la santé mentale, la ville et des identités. Un peu de poésie aussi.&#xA;&#xA;Pour lire la série ville morte, suivez le # : #villemorte&#xA;les articles en lien avec la santé mentale : #santementale&#xA;les identités / races : #identité&#xA;les poèmes : #poesie&#xA;le cinéma : #cinema&#xA;l&#39;écriture : #ecriture]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>Ce blog aborde principalement les thèmes de la santé mentale, la ville et des identités. Un peu de poésie aussi.</p>

<p>Pour lire la série ville morte, suivez le # : <a href="https://write.as/selmakovich/tag:villemorte" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">villemorte</span></a>
– les articles en lien avec la santé mentale : <a href="https://write.as/selmakovich/tag:santementale" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">santementale</span></a>
– les identités / races : <a href="https://write.as/selmakovich/tag:identit%C3%A9" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">identité</span></a>
– les poèmes : <a href="https://write.as/selmakovich/tag:poesie" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">poesie</span></a>
– le cinéma : <a href="https://write.as/selmakovich/tag:cinema" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">cinema</span></a>
– l&#39;écriture : <a href="https://write.as/selmakovich/tag:ecriture" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">ecriture</span></a></p>
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      <guid>https://write.as/selmakovich/categories</guid>
      <pubDate>Sat, 07 Nov 2020 11:58:14 +0000</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Je sais faire des tonnes de choses en pleurant.</title>
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      <description>&lt;![CDATA[image titre&#xA;&#xA;Je pleure comme un sourire et ponctue mes phrases avec du sel et de la morve. Les choses s’arrêtent si rapidement : je ris je pleure je vous ai perdu.&#xA;&#xA;Le bon côté, c’est que j’ai appris à faire des tonnes de choses en pleurant.&#xA;&#xA;!--more--&#xA;&#xA;Je sais faire la vaisselle, mes larmes dégoulinent et se mêlent aux eaux troubles de l’évier. Des flots inconsistants se marient sous mes yeux embrumés.&#xA;&#xA;Je sais me rouler en boule sur le canapé, la bouche ouverte. La respiration se coince dans mon nez, rebondit dans ma gorge. Le bruit d’une chaudière bouchée résonne dans l’appartement. &#xA;&#xA;Je sais compter les objets rouges dans la pièce (1 : le canapé), appuyer sur mes tempes pour faire sortir le bruit et serrer ma capuche autour de mon visage pour disparaitre.&#xA;&#xA;Je sais ignorer les appels et me promettre que je vous rappelerai bientôt.&#xA;&#xA;Je sais éviter les douches et attendre que le sommeil vienne.&#xA;&#xA;Je sais laisser refroidir le thé&#xA;et reconnaître&#xA;sa main sur mon front.&#xA;&#xA;santementale&#xA;&#xA;]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://i.snap.as/gl01zj3.png" alt="image titre"/></p>

<p>Je pleure comme un sourire et ponctue mes phrases avec du sel et de la morve. Les choses s’arrêtent si rapidement : je ris je pleure je vous ai perdu.</p>

<p><em>Le bon côté, c’est que j’ai appris à faire des tonnes de choses en pleurant.</em></p>



<p>Je sais faire la vaisselle, mes larmes dégoulinent et se mêlent aux eaux troubles de l’évier. Des flots inconsistants se marient sous mes yeux embrumés.</p>

<p>Je sais me rouler en boule sur le canapé, la bouche ouverte. La respiration se coince dans mon nez, rebondit dans ma gorge. Le bruit d’une chaudière bouchée résonne dans l’appartement.</p>

<p>Je sais compter les objets rouges dans la pièce (1 : le canapé), appuyer sur mes tempes pour faire sortir le bruit et serrer ma capuche autour de mon visage pour disparaitre.</p>

<p>Je sais ignorer les appels et me promettre que je vous rappelerai bientôt.</p>

<p>Je sais éviter les douches et attendre que le sommeil vienne.</p>

<p>Je sais laisser refroidir le thé
et reconnaître
sa main sur mon front.</p>

<p><a href="https://write.as/selmakovich/tag:santementale" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">santementale</span></a></p>
]]></content:encoded>
      <guid>https://write.as/selmakovich/je-sais-faire-des-tonnes-de-choses-en-pleurant</guid>
      <pubDate>Thu, 14 May 2020 20:36:06 +0000</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Le 31, j’ai noyé le chat de ma sœur.</title>
      <link>https://write.as/selmakovich/le-31-jai-noye-le-chat-de-ma-soeur?pk_campaign=rss-feed</link>
      <description>&lt;![CDATA[TW : santé mentale&#xA;&#xA;Nous sommes la nuit du 31 décembre et je n’ai rien prévu pour cette soirée. A la place j&#39;ai noyé le chat de ma sœur.&#xA;&#xA;!--more--&#xA;&#xA;Je prétends que je suis suffisamment élégante pour n’avoir rien programmé par choix. Je voudrais dire avec un sourire subtilement dédaigneux : “je ne fête pas le nouvel an, c’est si commun”.&#xA;&#xA;En réalité je ne prévois rien au nouvel an, comme je ne prévois aucune soirée  à l’avance. Je mens en disant que je suis incorrigiblement improviste. Je déblatère sur mon signe MBTI, ça fait rire, on m’en veut,  et finalement on dit que c’est comme ça : “elle est comme ça tu sais.” Ça me va bien et je fais comme si cela vous allait aussi.&#xA;&#xA;Je ne prévois rien au nouvel an car j’ai peur. C’est une peur-panique, une de ces peurs paralysantes. &#xA;&#xA;Je mens quand je dis que je suis incapable de prévoir : je suis la reine des agendas et des plans de carrière sur 10 ans (des plans qui changent tous les trois mois). &#xA;&#xA;L&#39;affolement se crée dans mon cerveau car je dois vous promettre. Je devrais vous dire : &#34;bien sûr je viendrai&#34;.  L&#39;énonciation de ces mots crée le mouvement de panique. Parce que je n’en sais rien.&#xA;&#xA;Le 31 décembre je n’ai rien prévu car j’avais peur de ne pas me pointer. Pour moi et pour vous. Je suis restée dans la maison de mes parents à regarder une comédie française sur Arte. Je ne me suis pointée pour personne car je n’arrive pas à me pointer pour moi-même. Et ma conclusion du 1er janvier c’est que j’avais bien fait.&#xA;&#xA;Le 31 au soir, je me suis vue noyer le chat de ma sœur. &#xA;&#xA;Il était dans la maison de mes parents, eux-mêmes partis faire la fête avec leurs amis. C’était, à vrai dire, la seule mission de la soirée : s’occuper du chat de ma sœur, un gros chat gris et adorable. C’est d’ailleurs une chatte et elle s’appelle Zézette - ça fait toujours beaucoup marrer ma sœur quand elle le dit. Zézette est affectueuse et nous suit dans toutes les pièces où l’on va, lieux d’aisance compris.&#xA;&#xA;Je n’ai pas bu le 31 car je ne bois que pour vous parler et sortir de ma tête. C’est la fin de l’année et ma tête est, pour quelques heures encore, un endroit plutôt accueillant. Alors je ne bois pas et je vais tranquillement aux toilettes, mettant en pause mon film (décidément pas fameux). Zézette se frotte à mes jambes, je la gratouille. Je me relève, tire la chasse d’eau et je vois une forme grise dans la cuvette.&#xA;&#xA;La spirale commence alors. Je panique, j’appelle le chat à travers la maison. A ce moment, une chose est sûre : j’ai noyé le chat de ma sœur dans les toilettes. Ma poitrine est oppressée, mes mains tremblent. Ma respiration s’accélère en quelques secondes. Le chat a disparu. Il a disparu car je l’ai tué. Je ne cherche pas une preuve de sa mort, je cherche désespérément une preuve de sa vie. Je suis en négation d’une mort donc je suis convaincue qu’elle est arrivée. Tout est son contraire.&#xA;&#xA;Je vis alors deux vies en même temps : une où le chat est mort, une où je suis folle. Les deux réalités coexistent et se superposent. Je vois les toilettes, je hurle, je vois les escaliers, je respire. C’est un kaléidoscope cauchemardesque. Les images s’enchaînent et tout existe en même temps. &#xA;&#xA;Des heures vont passer et le chat réapparaîtra. Je l’ai tué et il vit. Je pleure et je suis présente. Le sel de mes larmes et la chaleur de son poil. &#xA;&#xA;Il faudra des heures pour que je revienne à moi-même, que je me chuchote doucement : rien ne va, tout va bien. Je voudrais bercer mon cerveau.&#xA;&#xA;Je n’ai rien prévu pour le nouvel an et je n’ai rien prévu pour les mois qui suivront. &#xA;Je me demande simplement si j’arriverai un jour à me pointer pour moi-même.&#xA;&#xA;santementale&#xA;]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>TW : santé mentale</p>

<p>Nous sommes la nuit du 31 décembre et je n’ai rien prévu pour cette soirée. A la place j&#39;ai noyé le chat de ma sœur.</p>



<p>Je prétends que je suis suffisamment élégante pour n’avoir rien programmé par choix. Je voudrais dire avec un sourire subtilement dédaigneux : “je ne fête pas le nouvel an, c’est si commun”.</p>

<p>En réalité je ne prévois rien au nouvel an, comme je ne prévois aucune soirée  à l’avance. Je mens en disant que je suis incorrigiblement improviste. Je déblatère sur mon signe MBTI, ça fait rire, on m’en veut,  et finalement on dit que c’est comme ça : “elle est comme ça tu sais.” Ça me va bien et je fais comme si cela vous allait aussi.</p>

<p>Je ne prévois rien au nouvel an car j’ai peur. C’est une peur-panique, une de ces peurs paralysantes.</p>

<p>Je mens quand je dis que je suis incapable de prévoir : je suis la reine des agendas et des plans de carrière sur 10 ans (des plans qui changent tous les trois mois).</p>

<p>L&#39;affolement se crée dans mon cerveau car je dois vous promettre. Je devrais vous dire : “bien sûr je viendrai”.  L&#39;énonciation de ces mots crée le mouvement de panique. Parce que je n’en sais rien.</p>

<p>Le 31 décembre je n’ai rien prévu car j’avais peur de ne pas me pointer. Pour moi et pour vous. Je suis restée dans la maison de mes parents à regarder une comédie française sur Arte. Je ne me suis pointée pour personne car je n’arrive pas à me pointer pour moi-même. Et ma conclusion du 1er janvier c’est que j’avais bien fait.</p>

<p><em>Le 31 au soir, je me suis vue noyer le chat de ma sœur.</em></p>

<p>Il était dans la maison de mes parents, eux-mêmes partis faire la fête avec leurs amis. C’était, à vrai dire, la seule mission de la soirée : s’occuper du chat de ma sœur, un gros chat gris et adorable. C’est d’ailleurs une chatte et elle s’appelle Zézette – ça fait toujours beaucoup marrer ma sœur quand elle le dit. Zézette est affectueuse et nous suit dans toutes les pièces où l’on va, lieux d’aisance compris.</p>

<p>Je n’ai pas bu le 31 car je ne bois que pour vous parler et sortir de ma tête. C’est la fin de l’année et ma tête est, pour quelques heures encore, un endroit plutôt accueillant. Alors je ne bois pas et je vais tranquillement aux toilettes, mettant en pause mon film (décidément pas fameux). Zézette se frotte à mes jambes, je la gratouille. Je me relève, tire la chasse d’eau et je vois une forme grise dans la cuvette.</p>

<p>La spirale commence alors. Je panique, j’appelle le chat à travers la maison. A ce moment, une chose est sûre : j’ai noyé le chat de ma sœur dans les toilettes. Ma poitrine est oppressée, mes mains tremblent. Ma respiration s’accélère en quelques secondes. Le chat a disparu. Il a disparu car je l’ai tué. Je ne cherche pas une preuve de sa mort, je cherche désespérément une preuve de sa vie. Je suis en négation d’une mort donc je suis convaincue qu’elle est arrivée. Tout est son contraire.</p>

<p>Je vis alors deux vies en même temps : une où le chat est mort, une où je suis folle. Les deux réalités coexistent et se superposent. Je vois les toilettes, je hurle, je vois les escaliers, je respire. C’est un kaléidoscope cauchemardesque. Les images s’enchaînent et tout existe en même temps.</p>

<p>Des heures vont passer et le chat réapparaîtra. Je l’ai tué et il vit. Je pleure et je suis présente. Le sel de mes larmes et la chaleur de son poil.</p>

<p>Il faudra des heures pour que je revienne à moi-même, que je me chuchote doucement : <em>rien ne va, tout va bien</em>. Je voudrais bercer mon cerveau.</p>

<p>Je n’ai rien prévu pour le nouvel an et je n’ai rien prévu pour les mois qui suivront.
Je me demande simplement si j’arriverai un jour à me pointer pour moi-même.</p>

<p><a href="https://write.as/selmakovich/tag:santementale" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">santementale</span></a></p>
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      <pubDate>Thu, 09 Jan 2020 18:49:44 +0000</pubDate>
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