Unvarnished diary of a lill Japanese mouse

Les notes du laptop, par NEKO

JOURNAL 5 décembre 2025

Je retourne dans ma tête mes entretiens de hier avec les psys. C’est vrai que je n’ai pas envie d'aller trouver l'explication. C’est vrai que je la connais, mais pour le moment je ne veux pas savoir. Je ne veux pas me dire ok c'est ça, parce que automatiquement je serais amenée à poser la question genre « est ce que je suis ce que je crois que je suis » et je ne veux pas poser cette question précisément, j'ai peur que la réponse soit négative. A me regarde et je crois qu’elle aussi est un peu inquiète de la réponse. Parce que si c’est négatif, alors je devrai remettre toute ma vie en question. ET ÇA ME FERAIT BIEN CHIER Je ne veux pas me poser de questions sur ma vie, c’est pour ça que j'ai peur de sauter. J’ai peut être tort, mais c’est existentiel, alors c’est un risque quand même.

Je sais bien que je le ferai et bientôt mais en attendant je vais me blottir dans les bras de A comme une petite fille un peu malade fermer mes yeux noirs de mer et plus penser à rien à rien du tout

JOURNAL 7 décembre 2025 Exister

J'ai mal dormi. Une hallucination. Je me suis réveillée seule, j'avais 6 ans et maman n'était pas là. Seule dans le noir et l'effrayant silence de l'absence. Je suis revenue à la réalité quand j'ai perçu enfin la tranquille respiration de A à côté de moi. C'était affreux. J'ai sans doute passé plusieurs heures avant de me rendormir. Plus j'approche de ma petite enfance, plus c’est dur.

Cette hallucination cette nuit m'a ouvert les yeux, la lumière violente comme ça c’est bon mais ça blesse, pas toujours facile à supporter, on préférerait peut-être garder les yeux fermés.

Jusqu’à cet été de mes six ans, j'avais une existence et une famille : ma maman ma mamy

Je savais l'existence d'un monsieur papa qui ordonnait et interdisait, mais je ne le voyais jamais. J’avais aussi 3 frères qui me faisaient peur, alors je les évitais. Puis il y avait le personnel qui m'appelait mademoiselle ( je traduis les suffixes honorifiques du japonais). Puis ce matin-là, ma maman m'a dit que elle prenait sa voiture pour aller chercher mamy. Elle reviendrait en fin de matinée. Puis le soir est arrivé et elle n’était pas là. Personne ne s'était occupé de moi, je n’avais même pas mangé, et le lendemain matin je me réveille toute seule, maman n'était pas là à mon côté.

Ça a duré trois jours. J'étais nourrie à la cuisine où j'allais en quelque sorte mendier. Je traînais dans mon uniforme mais personne pour m'emmener à l'école. Le quatrième jour c’est une des femmes de service qui est venue s'occuper de moi, elle faisait ça en plus de son travail, gentiment mais sans affection particulière pour la petite mademoiselle. Ça a duré une ou deux semaines comme ça. J'avais le sentiment de ne plus exister, d’être devenue un fantôme dans la maison. À l'école les professeurs étaient devenus très gentils mais je ne savais pas pourquoi.

En fait j'ai appris la mort de maman et mamy quand ma nanny est arrivée des usa. Je n'étais même pas à la cérémonie. On m'avait oubliée. J'ai déjà raconté mon enfance avec ma nanny, de 6 à 12 ans, et nos débuts difficiles. Elle m'a réellement aimée mais ça n'a jamais réparé ce sentiment de ne plus exister.

Puis un jour — était-ce encore l'été ? —mon frère est venu me chercher et m'a donné ma première leçon de kenjutsu à sa manière. Le premier coup m'a sidérée. Mais je viens de comprendre cette chose qui change tout : j'ai aimé ça, moi qui me croyais inexistante au point de ne plus être perçue par les adultes. Soudain mon frère, c'était pour moi un homme, il avait 18 ans, soudain il s'intéressait à moi. Je suis née en heisei 6, année du chien dans l'ancien calendrier, eh bien comme un petit chien j'ai aimé la main qui me frappait parce qu’elle me donnait une existence.

Et ça a duré 6 années pendant lesquelles je me suis efforcée de lui plaire, exister à ses yeux justifiait que je supporte tout, c’était mon frère… J’ ai été élevée dans le culte traditionnel de la famille, je voulais avoir une place en son sein. J'espérais que mon père même un jour pose un regard sur moi, ça aurait été la récompense suprême, j’aurais été comme mes frères, j'aurais été un garçon peut-être. Vous voyez un peu ?

Je tombe du quatrième étage. Je croyais l'avoir haï, au contraire je me serais jetée dans le feu s’il me l'avait ordonné. Et ensuite les attouchements, les tripotage sexuels de mon oncle, des preuves que j'existais.

Ah dites donc, ça secoue. Je me suis révoltée à cause du viol par les yakuzas. Exister à leurs yeux je m'en tapais bien, ils n’étaient pas de mon putain de sang ! Ils étaient vulgaires, violents et étrangers ! Cette agression-là c'était pas une reconnaissance, c’était insupportable, ensuite j'ai fait cette dépression et tout est parti en sucette.

J’ai commencé à bâtir un autre récit, d'héroïsme et de résistance dans le hokkaidô. La perception de mon corps, de mon genre, de ma personnalité, tout était flou. Je ne savais plus qui ni ce que j'étais. J'ai atterri à Nara quand j’ai eu mon premier orgasme avec mon amie. C’est à partir de ça que je me suis rebâtie.

Alors la question inévitable : est ce que je suis lesbienne alors, ou bien c’est un quiproquo ça aussi ?

Ben oui je le suis, j’ai toujours été, je n’ai jamais été émue par un garçon, mais c’est le corps des filles qui me fait frémir. Au fait je n’ai jamais pu jouir par introduction dans le vagin, au contraire ça me réfrigère. Et l'idée dune bitte, désolée les gars, mais ça me lève le cœur. Au collège c’est une fille déjà qui me faisait bander. Et puis au fond de moi, je sais bien et ça suffit, de ce côté je suis enfin rassurée.

Je vais balancer tout ça à mon psy. Je me sens soulagée au-delà de tout ce que j'aurai pu imaginer. C’est un peu comme assister à un lever de soleil du haut de fuji san. Mon cœur est plein de lumière ce soir. J'aime ma princesse comme jamais sa patience sa gentillesse son amour qu'elle m'a encore donné tout au long de cette longue journée. — oh elle éclipse le soleil !

JOURNAL 8 décembre 2025 Être ou ne pas être un garçon

Les choses s'éclairent maintenant nettement. Pendant 6 ans Je me suis efforcée de ressembler à ce que Je croyais que mon frère attendait de moi, et chaque progrès me renforçait dans le sentiment d'exister. Je rêvais de devenir un garçon. Un garçon ne pleure pas. Oubli des larmes, plus aucune plainte. Je ne sentais plus la douleur, les courbatures, les coups reçus parfois très durs. C’est dur le boken. Je mes suis musclée, je suis devenue hardie, décidée, bagarreuse. J’ai appris à manier la naginata, trop grande trop lourde pour moi. J'ai appris les positions les meilleures, les gestes les plus adéquats pour limiter les efforts. J'y suis arrivée. Mon caractère actuel est né dans ces années : ne jamais renoncer, ne jamais reculer, toujours faire face, trouver la faille qui permet de passer. Vers 10 ans j'étais devenue capable de tenir tête à un adulte avec n'importe quelle arme, même un simple tanto. MON FRÈRE ÉTAIT FIER DE MOI. Il m’exhibait comme preuve de son talent d'instructeur. J'étais heureuse à ma façon, comme un petit coq de combat, pas loin de me prendre pour de bon pour un garçon. J'existais pour de bon. À l'école j’avais plein de copines. J'étais épanouie et meneuse. Rien ne m'arrêtait. J'avais de très bonnes notes.

Mais jamais jamais mon père n'a donné le moindre signe d'intérêt

Puis j'ai été confiée à mon oncle pédophile, et ça a commencé à dérailler. L'intérêt que lui et sa femme me portaient était certes la preuve de mon existence, mais mon esprit était troublé, j'existais comme une fille. J'appliquais à ce nouveau mode ce que javais acquis : pas de plainte, pas de protestation. Je me conformais à ce qu'on attendait de moi mais dans un trouble qui allait grandissant. Le viol filmé a été un choc terrible. J'ai fait une sévère dépression. J’en suis sortie au bout d'un an et là j'ai éclaté : toute ces pressions, tous ces efforts pour ça ? La digue s’est rompue. Je me suis révoltée avec toute la puissance de mes seize ans, 10 ans de silence. 10 ans d'efforts énormes pour forger une image de conformité, pour être exactement le personnage désiré. Scandale public. Internement au hokkaidô dans cette secte, ce que j'ai déjà assez raconté.

Ce soir Je me sens libre et éclairée. En face de moi au kotatsu mon amour me sourit, ses yeux bleus plongent dans les miens et y lisent la paix qui m'habite enfin. Jeudi j'irai à l'hôpital. Je dirai à mes médecins merci vous m'avez aidée au moment où j'avais besoin d’un coup de pouce extérieur pour me lancer sur la piste, et voilà j'ai trouvé la porte de sortie. Je ne reviendrai pas. Merci encore infiniment (profonds saluts). Au revoir.

JOURNAL 16 décembre 2025 Introspection

C’est revenu le temps du kotatsu : ma princesse et son laptop, moi les coudes autour d’un bouquin (je tiens ma tête les coudes sur la table). On a baissé la lampe pour être bien éclairées, A porte des lunettes pour travailler, elle ne veut pas que je me fatigue les yeux. On a mis les hanten doublés Ça c’est le décor.

Dans ma tête c’est moins clair J'ai plus eu de cauchemar depuis je sais pas et plus d’hallucinations non plus. Je me sens beaucoup plus stable, plus tranquille. Je m'endors sans crainte.

Mes psys me disent que je n'ai pas fini. Je veux bien le croire, puisque je n’arrive pas à en parler avec mon frère, pourtant je crois que mon interprétation est juste, alors qu'est-ce qui ne va encore pas? C'est vrai j’ai reçu ces coups et ces brimades comme une preuve d'intérêt alors que je me croyais inexistante. J'en ai même été fière. C’est dingue hein ? C’est vrai. J’ai fait plus que supporter, j'ai aimé ça. Je trimbalais mes marques comme des médailles, j'étais fière de savoir endurer.

Dans le hokkaido ils ne m’ont jamais sorti un cri, peut-être des gémissements que j'arrivais à étouffer. C'était comme un défi. Quand on m'a violée je n’ai pas pu retenir des larmes, mais pas un son, je le sais, on m'a forcée à voir les vidéos ignobles, ils me traitaient de petite salope, petite arrogante, petite aristo de merde. Ils me tiraient les cheveux. Ça les mettait en rage, et moi pas un son et je baissais pas les yeux. Ils devenaient fous, je recevais des gifles, des raclées, ils me jetaient par terre… Bref Alors quoi maintenant, qu'est-ce qui manque ? Qu'est-ce qui est enfoui si profondément que je ne vois rien ressortir, pas un indice. Mes psys semblent avoir une idée mais peut-être bien qu'ils bluffent, je suis seule en face de cette question. Pourquoi je n’ose pas en parler à mon frère ? Pourquoi je n’ose pas de lui dire que j'ai aimé sa tyrannie violente ? Pour pas perdre mon statut de victime héroïque ? — Tu parles comme je m'en fous Je ne comprends pas Je ne vois pas où est le point. Ma chérie ne peut plus rien pour m'aider, bien qu'elle voudrait tellement. Personne ne peut plus rien. C'est entre moi et moi, merde alors.

JOURNAL 18 décembre 2025

En direct de notre envoyée spéciale au kotatsu et malgré qu'elle se gèle le culte de sa personnalité. Donc entrevues avec mes deux psys. Pour le check-up je suis un modèle standard, la japonaise type, moyenne partout, faut pas se croire unique c’est pas un film de Spielberg, ma petite je suis d'une banalité standard. 😞 Pour le côté psy, les deux sont ravis que je fasse une pause dans mon introspection, ils m’ont toujours dit que j'allais trop vite. Je vais beaucoup mieux, il y a beaucoup moins de croix à gauche dans les questionnaires, beaucoup moins de rouge dans la marge. Ils sont contents de ça aussi. Je suis maintenant classée dans les dinguottes légères, limite ça passerait inaperçu mais maintenant qu’ils me tiennent ils ne veulent pas me lâcher. J'ai un clair syndrome d'abandon. C’est très courant au Japon. Je le conjure très bien paraît-il en étant très amoureuse et fidèle 😎 Il me faudra compléter mon travail pour me libérer de je sais pas quoi, mais je crois deviner que c’est en rapport avec ma famille et en particulier mon frère aîné et je commence à me faire une idée du problème et ça m'embête.

tatataaam

Je les reverrai après les vacances, ils m'ont conseillé de me bien vider la tête. Samedi soir vacances Le ministère n'a toujours pas répondu pour l'autorisation de s'éloigner de tôkyô de A. 😓

JOURNAL 19 décembre

En direct du kotatsu : Ma princesse termine un rapport. Théoriquement elle est déjà en vacances, mais c’est pas comme ça que ça se passe au Japon. 😓 On a acheté nos billets, normalement on part dimanche tôt mais toujours pas d'autorisation. Ils la feront chier jusque au dernier jour décidément. Elle est de plus en plus belle ma chérie je me fatigue pas de la regarder elle a mis ses lunettes elle a l'air sérieux belle et sérieuse oh je l'aime Je peux pas imaginer ma vie sans elle I prefer not to On se fait des bisous de loin ( on est face à face) c'est mimi. J'ai hâte d'aller me coucher. On dort pas assez puis j'ai froid.

JOURNAL 21 décembre 2025

#auberge

Ça y est, on va monter dans la camionnette du konbini ! Elle est prête avec les chaînes. Il y a beaucoup de neige, peut-être qu’on devra finir à pied en raquettes. Ha ha c’est l'aventure ! On va essayer d'arriver avant la nuit, il y a pas de lune, de toute façon trop de nuages, peut-être pas de réseau partout à cause de la neige. On est super heureuses, ici on respire pureté et liberté. On y va ! . . .

Il neige. On s'arrête là, le chauffeur craint de pas pouvoir redescendre. Il va faire nuit. On connaît le chemin. On a une heure de marche environ. On est bien équipées, on arrivera pour dîner. Tadaaaa c’est l'aventure… . . .

On est dans notre chambre on a déballé nos sacs avant le bain, je vous raconte un peu. On s'est levées à 6 h ce matin on avait mis le réveil, une bonne douche et petit dèj plus préparer les bento et en route. métro train changement train jouet On roule dans la neige, c'est tellement beau. On monte au milieu des forêts blanches. On arrive finalement au village vers 15 h. La camionnette ne pouvait pas partir tout de suite, il fallait mettre les chaînes pour monter. Finalement la neige s'est mise à tomber à peu près au milieu du trajet, on a fini à pied en raquettes sous la neige et la nuit est arrivée. C’est pas vraiment la nuit tout de suite dans la neige, il y a comme une clarté au sol. On connaît le chemin même si la route est couverte de neige, on suit bien le tracé. On a des lampes frontales de toutes façons, mais on les a à peine allumées. La lumière des voyageurs était visible de loin ça nous a guidées. On est arrivées pour la soupe !

Olala les effusions ! Mamie et papi ne nous attendaient plus, ils pensaient que vu le temps on resterait dormir en bas. Il y a trois clients venus pour le ski de fond. Alors c'était la fête trop d'affection ici On a offert les petits cadeaux. On était couvertes de neige, comme des ours ! On s’est fait gentiment gronder, forcément, puis honshu¹ bien chaud avant de passer à table.

¹ honshu ou nihon shu : le nom du sake… quand on le boit

On est super heureuses, ici c’est la vraie vie. On a dormi dans le premier train alors pas trop fatiguées. On va maintenant se faire ce dont on rêvait depuis des mois : onsen privé sous la neige comme les singes du hokkaidô !

J'ai pas pu me revoir cette nuit du hokkaidô où je voulais me coucher pour toujours dans la neige. Cette fois j’ai pas eu les pieds gelés mais c’est redoutable ces souvenirs. J’ai failli y croire puis j'ai senti la main de A dans la mienne et je suis revenue. Faut que je fasse gaffe. La marche comme ça dans la neige, la nuit, c’est hypnotique vous savez ?

On a passé les yukata et les haori doublés on va au bain…

. . .

On a regardé la neige tomber dans la vapeur du onsen en rêvant d’une autre vie ici, c'est génial. Juste la lumière de la petite lampe au pétrole pour percer la nuit, on s'est presque endormies. On n’a même pas froid quand on sort de l'eau, c’est dingue. On s'est frottées de neige pour faire une jolie peau. On riait comme des enfants, heureusement le bain est un peu à l'écart, pas la peine de réveiller tout le monde.

On est les dernières couchées, maintenant dodo. Demain on déneige les toits.

JOURNAL 22 décembre 2025

Après le service on est venues discuter avec les clients. Ils étaient curieux de savoir nos liens de parenté, ce qu’on faisait en dehors etc. On a parlé de la France forcément, de mon travail, de l'activité de A au ministère? Ils sont intéressés par ce qui se passe en Ukraine, tout ça, bref trois heures ! On sort du onsen la nuit est magnifique, plus un nuage ici, on voit toutes les étoiles de l'univers c’est fantastique, ça m´hypnotise. Notre chambre est à l'écart mais elle est belle, les tatami sentent bon et c’est bien chauffé par le sol.

#auberge

JOURNAL 23 décembre 2025 #auberge

Le tracteur de déneigement est monté jusqu'à l'auberge ce midi, il était suivi par une auto avec des clients qui devaient arriver hier, ils n’ont pas pu monter, ils ont passé la nuit au village. Évidemment ils sont habitués, ils viennent depuis des années, un couple environ 60 ans. Ils sont charmants. Ravis de trouver des jeunes ici pour le service. Ils viennent tous les ans pour les vacances en fin d'année. Nous on ne les avait jamais vus.

On a fini les toits. Toujours le même ciel fumeux mais pas de neige. Il fait froid mais l'hôtel est bien chauffé par l'eau chaude naturelle. Le système de chauffage a plus de cent ans. On va préparer le thé. Les skieurs ne sont pas encore rentrés mais ils devraient arriver vers 16 heures, il faut que tout soit prêt…

… C'est drôle comme tout le monde est content qu'on soit venues aider à l'auberge. Les clients sont tous des fidèles, ils viennent ici depuis des années, ils ont toujours vu mamie et papi seuls, et ils s’inquiètent parce qu’ils sont vieux. Quand on leur dit qu’on aimerait pouvoir reprendre l'auberge et finir nos vies ici ils sont enthousiastes. Ça nous renforce dans notre idée. Resterait à légaliser tout ça et c'est pas si simple. On a un peu la trouille d'acheter même si le prix serait très raisonnable, on n’est pas du métier et c'est pas si simple que ça en a l'air.

Demain si le temps le permet on part tôt dans la forêt voir les grands sapins fatigués. Leurs branches pendent jusqu'au sol au dirait qu'ils ont vêtu des robes vertes et blanches.

On se couche tôt ici. Nous sommes les dernières au lit. Le temps de ranger de nettoyer la grande salle. On va au onsen maintenant, le bain dans la nuit avec la petite lampe comme seule lumière, c’est comme un rêve

JOURNAL 25 décembre 2025 #auberge

La neige a repris. Elle est généreuse. Pas question de traîner dehors, même les skieurs ont renoncé. On ne voit rien à dix mètres, c'est des trucs on se perd facilement et après salut... par ce froid tu ne tiens pas longtemps. Alors c'est papotage général dans la grande salle, une super ambiance. Papi raconte des histoires du pays. Je vais servir le thé.


C’est l'heure ou tout est calme ici, chacun s'est retiré dans le confort des chambres. La nuit impose le silence. Nous serons encore les dernières couchées. Oh nous aimons ce rôle. Nous veillons sur le repos de tous.

L'obscurité est troublée seulement par la petite lampe du onsen privé que nous apercevons de notre petite fenêtre. Nous nous dévêtons dans la chambre pour passer un yukata. Il faudra vite courir, nos serviettes dans les bras, avant de pouvoir nous plonger avec délice dans l'eau chaude, qui nous paraîtra presque brûlante par contraste.