selmakovich

je travaille de 9 à 7 dans un bureau et j'écris dans le bus.

femme avec un masque devant des voitures, issue du film holy motors

Je voudrais courir plus vite et tout enchaîner sans jamais toucher terre ou alors délicatement du bout du pied comme dans un jeu vidéo, qui ne serait rien d'autre qu'un pingpong avec moi-même, plus minimaliste encore que deux traits et une balle quelque chose comme une vidéo youtube en accéléré pour aller plus vite alors qu'à la base on ne pensait même pas la regarder, cette vidéo, la vitesse c'est relatif quand tout est en mouvement, à l'intérieur à l'extérieur dans un grand brouhaha ;

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image d'un faisan peint

Je cherche désespérément le poème de Sylvia Plath où elle parle d'un faisan. Je vois une nature morte fumante. La mort qui glisse entre les plumes colorées de l'animal. L'odeur de chair appétissante, autour un décor bourgeois et apaisant. Une nappe brodée. Des détails faits mains un peu partout.

Je cherche cette scène. Le poème n'est ni dans Ariel, ni dans le recueil acheté au hasard, quand le nom de Sylvia Plath sonnait à mon oreille comme celui de Virginia Woolf. Un prénom d'eau avec un nom de feu.

J'ai longtemps rêvé Sylvia Plath avant de la lire. Maintenant que je l'ai lu, je la cherche.

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Il est 20h20 quand mon cerveau décide de me quitter, c'est la seule chose pour laquelle il est doué : reconnaître les jolies dates, aligner les heures et décider d'un moment précis pour partir dans le décor, ou plutôt juste au dessus du décor dans les coulisses immobiles, les décors changent tout le temps les coulisses restent, on ne change pas on met juste des litres de peinture sur notre face qui s'écaille un peu, mais moi j'apprende à être mes écailles, rien de plus qu'une coquille vide qui dérive dans l'espace, je prends ma main elle est pleine de vide,

j'adore prendre les gens par la main me dit un ami, sa main est douce et sa douceur me gêne, car moi je suis comme C. et je tombe amoureux des gens quand je prends leur main, c'est un automatisme, comme un levier qui s'actionne en coulisse, mais il est tard et mon cerveau ne sait pas l'heure qu'il est alors pour cette fois j'abandonne mon ambition de n'être qu'un décor.

lit-bateau dessine

Le chat s'est installé dans la tente formé par les genoux et la couette. Il s'est glissé dans bruit puis a enfoncé ses griffes dans le matelas épais. Ses mouvements sont lents et me bercent. Le lit prend une allure d'arche flottante dans un océan, d'où il ne faudrait jamais partir.

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Je peux te dire où tu vas quand tu ères j'ai suivi les lignes de ta main je connais ton destin je lis les lettres de craie sur ton front qui s'effacent au rythme de tes larmes et brouillent ta vision

et tu penses que la plaque de marbre avec ton nom est un accomplissement une mort sans mort

et moi je ris parce qu'on est les mêmes personnes et que je te parle dans ma tête et que j'ere mais que je n'ai pas de mains et pas de lignes rien qu'une tête et un cœur, je tire la corde du pendu et je me dis : c'est peut-être un bon signe au tarot.

Les petits font des roues arrière et touchent le néant du bout des doigts, ça leur apprendra me dit une collègue, comme si on pouvait apprendre quoi que ce soit du néant,

il faut ne jamais avoir contemplé l'abîme pour penser que la mort fait grandir, la mort rapetisse, regarde tes fantômes, ils tiennent dans le creux de ta main, minuscules formes évanescentes qui te racontent qu'un jour peut être il y a longtemps, tu as été aimé,

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Ce n'est pas vraiment que je tombe plus qu'avant. C'est que je documente mes chutes, sur des tickets de caisse, sur des certificats administratifs, sur la semelle de ma chaussure, sur toutes les surfaces suffisamment lisses pour que j'écrive : ici j'ai tombé. Ici, le sang de mes genoux et la tête en fragmentation. Ici, les tornades dans le cœur et les pensées galopantes.

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La ville morte / épisode 17 - Michelle Gurevich et la station essence

Le karcher glisse sur les vitres de la voiture, je reste dans l'habitacle. Michelle Gurevich chante en filigrane. Sa silhouette en noir et blanc danse dans les coulées de savon. Son visage se découvre d'une fenêtre à l'autre. Elle a les yeux fermés, elle me chante un secret, entre deux mouvements, à la fois lents et violents.

Sa voix me berce et me dit : c'est ok de ne pas aller bien.

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Un bouquet d'épines s'accroche à ma veste, effleure puis déchire le cuir fin. Mes mains faibles ne retiennent pas les chutes de tissus. La lune reflète ma peau, faible comme le reste.

On ne parle de la sécheresse du lac qu'une fois par an. Le reste de l'année ses eaux boueuses suffisent.

Ma chair tombe en lambeau et découvre mes os, blanc comme la chaux. La lune même se voile, il ne reste qu'une oraison, en murmure.

Dans la vallée, la rumeur des Montages ne tarit pas. On aurait vu se déposer un chapeau de nuages. Le berger prend son manteau et déploie ses bottes. Les squelettes ne l'effraient pas, il sait que la terre en est faite.

C'est un drôle de jour pour me soustraire à vos regards encore, un beau jour pour le départ.

#poesie

La ville morte / épisode 16 - la balance

L'homme pose sa balance sur le banc. “Je pèse le banc” il dit. Ses gestes vont vite, trop vite pour que j'en comprenne le sens. Des chiffres s'affichent sur la balance grise. C'est étrange, je pense. Pourquoi des chiffres sur cette balance. Je crois que c'est cette question qui l'agite lui-aussi. Il pose la balance, se lève, part, revient précipitamment, caresse l'acier de la balance, s'assied, part de nouveau.

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