selmakovich

je ne travaille plus et écris le reste du temps

dormir, 8/100 jours d'écriture

It was just too much, I had to shut down

Plus tard on rendra compte de ces semaines, ces mois, disparus, entre le rêve et le sommeil. En face de nous les calendriers refusent toute tentative d'éluder. Il y a un mois et puis il y a un autre, une saison pousse la suivante avec obstination. Il n'y a de place ni pour le rêve ni pour l'absence. il n'y a jamais de place pour l'absence.

Les plus pragmatiques mentent : un voyage à l'étranger, un souci familial (rien n'est faux après tout.) Les plus lointains partent sans revenir (on parlera longuement d'eux un temps et puis plus du tout). Leur dernier geste d’au revoir pour toujours fixés dans leurs yeux.

Les autres vont à l'entretien les mains vides. Ni feuille ni stylo pour se donner une contenance. Que dire de cet espace inaccessible ? Que confier de ces moments qui ont filé entre les doigts ? Rien pour décrire la peine. Alors, ils regarderont la chargée de gestion RH dans les yeux pour déclarer :

Dormir, mourir, et par ce silence dire nous refusons toutes les peines du cœur.

Deux pièces sur les paupières closes, ils sautent sur le bureau et pour mieux crier :

Mourir dormir et par cette tirade dire : la mort n'est qu'une vague en creux entre deux paumes la courbe devient plane, elle devient flaque. Un peu salée.

Leur poste a, de toutes façons, déjà été pourvu.

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les démons - écrit à la main 1/100 jours d'écriture

Je fais le geste, une fois, deux fois, trois fois. Mes doigts tourbillonnent dans une ronde discrète. Je marmonne au creux de mon épaule. Ma marche se fait plus lente. C'est que j'ai cette impression, là, dans le coin de mon cœur — côté droit là où il n'est pas. Cette impression d'un surgissement à venir, d'un engloutissement tout entier.

On ne combat pas une impression. Quand elle m'emplit tout entier, je peux, au mieux la pousser du pied gentiment. Je lui dis : repasse demain ce n'est pas le moment. Tu étais déjà là hier, ce n'est pas le bon moment.

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collages 6/100 jours d'écriture, écrit à la main

Souvent, je regarde mon visage et ne vois que des bouts, fragments adossés les uns aux autres dans un château de cartes fragiles. Il m'est impossible de dire : ce bout-là c'est mon père tout craché, celui-là ma mère tout entier. Ce sont des brisures qu'on aurait pu récupérer n'importe où vraiment, chez le fleuriste comme chez le poissonnier. Ce visage n'a rien de cubiste, il n'y a qu'une seule perspective, plane et direct. Ce n'est pas une histoire Rashōmon racontée par une multitude de voix. Il n'y a que la mienne, qui s'étonne, de ne jamais reconnaître ni son nom, ni son visage.

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décider - 100 jours d'ecriture, écrit à la main

C'est l'âge où l'on n'est plus trimballé par la vie. Trop lourd. Prise au vent incertaine, brise trop légère. Pour avancer, il faut créer une force venue du fond. S'extraire seul de la terre.

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texte quadrillé

Les murs ne sont pas hauts, rien qu'un petit enclos. A l'intérieur, un champ, au dehors, un champ, et moi, au milieu, ne bouge pas. Rien qu'un petit enclos, des piquets de bois, des planches qui les relient. Pas de ces barrières dont on entend le courant fouetter les fils électriques. Des planches de bois toutes bêtes à hauteur des genoux. Une enjambée mène à l'autre champ. Je reste là. Chacune des planches est connue. Je me souviens les avoir clouées. Chacun des piquets est connu. Je me souviens les avoir plantés.

L'herbe n'est pas plus verte dans le champ autour. Alors je reste là.

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ecriture sur fond quadrille la reunion syndicale

C'est une de ces réunions où l'on essaie de résoudre tous les problèmes du monde en une mâtinée.

La salle est trop chaude alors qu'il n'est que 9h du matin. Les tables positionnées en rectangle se font face. Des piles de tracts dans un coin. Une affiche sur le mur, trop petite par rapport à la surface. C'est une rencontre. Les mains, pas encore moites se serrent, les bises claquent oh le covid. Les prénoms sont dits en même temps dans une cacophonie joyeuse, et vite reconnus ah oui c'est toi qui ....

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j'ai mis ma carte bleue à la poubelle ce n'était pas l'un de ces gestes précis découpage des numéros, fraudes au Nigéria, où l'on se déleste avec précaution d'une bout de sa peau.

la carte a glissé au fond du sac comme glisse tous les objets entre mes doigts leur texture trop lisse ma main ne peut les tenir comme si eux et moi ne faisions pas partie de la même famille comme des lointains cousins d'une dimension proche mais ne se touchant pas tout à fait.

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Un fil se tend, loin de ma mémoire ici j'oublie tout j'oublie le thé dans la tasse j'oublie l'or de tes yeux j'oublie puis m'endors dans le creux de ma main.

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logo provisoire

Depuis quelques mois, je fais des recherches sur un thème qui me tient très à cœur : la santé mentale et en particulier la dépression. L'objectif est de réaliser un podcast à ce sujet.

Depuis octobre, je m'entretiens avec des personnes ayant traversé une dépression et qui souhaite en parler. Je vais chez elles, un micro à la main, et on discute. Cela dure longtemps, parfois des heures. Parfois on s'arrête, on coupe le micro et on parle du temps qui fait ou du temps qui passe, de tout sauf de la dépression. C'est souvent émouvant, quelquefois difficile.

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fan art de dolly parton et de buffy

Une de mes amies est une fan inconditionnelle de Céline Dion. De ces fans qui prennent des billets des mois en avance, paient une fortune pour un show à l'autre bout de la France et ont des étoiles dans les yeux en se remémorant ce moment. Ces fans qu'on moque ou qu'on traite avec ironie – et qui s'en tapent royalement. C'est toujours quelque chose que j'ai admiré chez elle, et maintenant, je comprends pourquoi.

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