selmakovich

je travaille de 9 à 7 dans un bureau et j'écris dans le bus.

Je regrette tous les débuts. Ils défilent dans mon esprit, des mois après la fin. Je me dis : j'ai dérivé à partir de ce moment. J'ai encore pris un détour, ma destination s'est éloignée. Je n'ai pas de destination, pourtant je suis persuadée de perdre mon temps.

Ces débuts sont si douloureux en ce qu'ils révèlent des rêves naïfs et volontaires, dont ni le but ni la réalisation ne me satisfont.

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Demain, j'irai acheter un nouveau carnet. Simple, sans ligne, pages blanches. Elles ne m'ont jamais effrayé, pas de symptômes, pas de paralysie. Les lignes m'irritent, j'écris mal, n'arrive pas à les suivre dans une calligraphie régulière et élégante. Les lettres sortent un peu différentes à chaque fois et dans des formats irréguliers.

J'admire les bullet journals, les journaux intimes bien tenus et les calendriers faits mains. Mes carnets sont sobres, par manque de talent principalement. Bien incapable d'avoir une organisation quelconque, de tracer joliment les limites des jours, on trouve dans les carnets quelques dessins, quelques photos et puis des ébauches de récits.

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Remplir le vide de plein de petites lumières

Je pense à ma sœur et à tous ses projets. Elle fabrique, coud, remue la terre, achète trop de pommes, en fait des compotes. Loin d'une fermeture autour du monde parfait d'une maison catalogue, c'est une suite de petites réalisations qui forment un ensemble chaleureux.

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J'ai pris un bus dans une ville inconnue. Je déchiffre mal les noms qui s'affichent sur les arrêts.

Comme souvent, cela commence par une fuite. “Je viendrai” et je ne viens pas. “Je resterai” et je pars. Cette fois-ci, j'ai quitté une énième soirée étudiante, un apéro, ou peut-être une colocation vide. J'ai sur moi un paquet de cigarettes, des pièces étranges et Radiohead qui me chante comment disparaître. Je suis sorti⋅e de la résidence et j'ai pris le premier bus.

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photo d'une vieille machine à écrire

J'aime bien gagner. Je ne fais pas partie de celles et ceux, modestes, qui doutent inlassablement, tentent de choses sans y croire et disent “je ne fais ça que pour essayer”. Je crois à ma chance à chaque fois.

Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s’habitueront.

Sauf que je perds.

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Quitte ton travail Impose toi une routine stricte Fais de la course à pieds Le gluten tu sais Est-ce que tu fais du yoga Tu as lu le dernier d'Emmanuel Carrère, il a comme toi La ville aussi, c'est pas un bon environnement

Tous ces conseils deviennent des échecs à l'instant même où ils sont formulés.

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La ville morte - épisode 13 / la fin du monde

La ville morte a connu la frénésie du grand départ pré-confinement une nouvelle fois. Des kilomètres de bouchon le long des deux rives ont créé une panique de klaxons et de cris. Deux personnes, casques sur la tête ont couru sur un boulevard entier après un potentiel voleur. Les intersections étaient bouchées par des voitures optimistes qui pensaient “c'est vert je traverse je m'en fous”.

On a acheté des chips et on s'est doucement demandé à quoi allait ressembler cette deuxième fin du monde.

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Les figuiers envahissent le village une racine à la fois bouffent le béton, s'installent dans les interstices raclent les fonds et avancent dans les profondeurs.

Le figuier du jardin est arrosé une fois par semaine a plus de lumière que de raison et pourtant crève un peu plus tous les mois

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titre en image - La ville morte / épisode 12 - la police

Elle fume une cigarette devant le poste de police. Ses cheveux blonds cendrés tombent sur des yeux gris. Cernes qui ferment le regard dans un nuage de fumée. Elle parle dans le vide du kit main libre. Ses yeux se perdent dans le vague du gris matinal. Elle fume et ça découpe ses mots d'une manière peu naturelle. Un mot, une bouffée, un deuxième mot une expiration. On se demande s'il y a quelqu'un de l'autre côté des ondes.

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la ville morte / épisode 11 - gare multimodale

“Ici c'est une gare multimodale” dit une petite à sa mère. Les élastiques multicolores de ses cheveux illuminent son visage qui arbore un air docte. Elle saute de son siège et sort du bus avant sa mère. Elle la tire par la main et lui montre qu'elle connaît le chemin vers ce nouveau mot : “gare multimodale”.

En marchant, elle continue : “c'est une gare multimodale car il y a des bus, le métro, des voitures, des vélos, cela permet de connecter les gens qui peuvent aller au travail facilement.” Elle se retourne vers sa mère, ses tresses dansent sur le sommet de sa tête et elle s'exclame “on a vraiment de la chance, maman, d'avoir une gare multimodale vers chez nous !”.

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